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samedi 15 juin 2019

Myrihandes, tome 3 : Le Lac aux larmes d'or - Guilhem Meric


Myrihandes3, Guilhem Meric
Le lac aux larmes d’or

Editeur : Harmonia
Nombre de pages : 559
Résumé : Échoués dans le grand Désert du Nord, Sisam et Helya trouvent asile dans un étrange royaume. Minés par l'amertume et le doute, ils vont découvrir que ce peuple du bout du monde est frappé d'une ancienne et terrible malédiction. Recueilli par le peuple Anachrone et soucieux de retrouver ses amis, Maâlias part à la rencontre d'une redoutable créature, dont les obscures divinations vont l'entraîner sur un chemin qu'il n'attendait pas. Au terme de la reconquête des Trois Cités, Hemerod a pris la tête de ses armées pour affronter Kryom sur son propre sol. Un chemin semé de mille dangers qui le conduira vers un mystérieux lac, dont la légende prétend que les eaux seraient miraculeuses...

Un grand merci à Guilhem Meric pour l’envoi de ce volume (et la petite dédicace) et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -
« Laïmu, Oros, Farf, Thalis ... Leurs visages défilaient dans sa tête dans un tourbillon vertigineux de souvenirs, de peines et de joies mêlées. Tous ces proches, parents et amis, qui les avaient soutenus dans sa quête, qui le soutenaient encore, pour certains, envers et contre les doutes, les douleurs et les épreuves. Et leur affection, leur amour … Il les sentait battre au fond de lui, pulser comme un énorme cœur gorgé de sang. Il entendait leurs voix, leurs chants, leurs rires s’accordant à la manière d’une symphonie dont les notes, sans cesse, prenaient de la hauteur ; comme si elles s’éloignaient, s’évadaient peu à peu de ce monde et de sa lumière. Non. C’était lui qui s’éloignait. Lui qui partait. »
- Mon avis sur le livre -

Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent : lorsqu’un nouveau tome d’une de mes sagas préférées sort après des mois et des mois d’attente, c’est l’occasion rêvée pour moi de relire l’intégralité de la série ! Bien évidemment, Myrihandes n’a pas fait exception à la règle : hors de question de découvrir ce troisième tome sans avoir relu les deux premiers … Imaginez le bonheur que cela représente que de se retrouver face à cette pile d’environ 1600 pages qui n’attend qu’une seule chose : vous embarquer pour le plus beau et le plus émouvant des voyages ! Imaginez le plaisir qui m’étreignait à la simple idée de retrouver Helya, Sisam et leurs compagnons de route, imaginez la joie qui était la mienne lorsque j’ai ressorti le premier opus de son étagère pour me replonger dans ce fabuleux univers créé par le non moins fabuleux Guilhem Meric – que je ne remercierai jamais assez pour cette trilogie qui fait vibrer mon cœur comme aucun autre livre ne l’a fait … Ces deux semaines passées en compagnie de ces trois gros pavés, que j’ai pris le temps de savourer au lieu de les dévorer avidement comme je le fais parfois, ont été tout simplement merveilleuses.

Après leur lutte acharnée contre Kryom, Sisam et Helya se sont échoués dans l’infernal Désert du Nord. Recueillies par Sioul, jeune prince d’un surprenant royaume aux prises avec une atroce malédiction, les deux Flammes Jumelles s’éloignent progressivement l’une de l’autre, hantées par le doute, le découragement, la peur … La belle harmonie qui faisait vibrer leurs cœurs et leurs âmes à l’unisson lorsqu’ils étaient Myrihandes semble belle et bien terminée. Pendant ce temps, Maâlias, Oros et Farf refusent de croire en la mort de leurs amis et se jettent à cœurs perdus dans une dangereuse entreprise pour les retrouver … Et ce malgré la mort de leur ultime compagnon de route, Ecleïs, un des trois Gardiens de la Porte des Ames, sans lequel tout semble perdu. Enfin, après avoir aidé les habitants des Trois Cités à renverser l’ambitieux et tyrannique Gouverneur Hacton, le Capitaine Hemerod décide de couper le mal à la racine : accompagné de toute une armée de soldats et des nombreuses Ames Sœurs désormais libres de s’aimer, il s’apprête à affronter Kryom dans sa propre citadelle … 

Le moment est enfin venu de découvrir le dénouement de cette incroyable épopée, qui nous invite à suivre toujours plus de personnages : cette fois-ci, ce ne sont pas deux, ni trois, mais bien quatre points de vue qui nous sont proposés. Nous suivons tout d’abord Helya et Sisam, chez qui la joie insouciante des retrouvailles a laissé place à l’amertume et au doute. Les propos de Kryom ont semé le trouble dans l’âme de Sisam, qui n’aspire désormais qu’à la sécurité tandis qu’Helya vibre de l’envie de mettre fin au règne du terrible Seigneur de Doldometh. J’ai eu tellement de peine pour eux deux, pour Sisam qui a perdu toute volonté de se battre, pour Helya qui souffre de cette distance qui s’installe entre eux, pour leur Amour si pur et puissant qui semble s’être éteint … Leur quête a changé de visage : il ne s’agit plus d’empêcher Kryom d’ouvrir la Porte des Ames, mais bien de retrouver le chemin entre leurs deux cœurs, leurs deux âmes, pour redonner vie à leur Myrihande. Et pour cela, il va leur falloir dépasser la culpabilité qui les assaille depuis qu’ils connaissent la vérité concernant leur passé commun … De même, le Capitaine Hemerod, que nous retrouvons en pleine compagne militaire, cherche à expier ses fautes passées en donnant vie au rêve de sa sœur défunte : un monde de paix, de sérénité, de justice et d’amour. 

Vous l’aurez bien compris : bien que l’affrontement final se fasse de plus en plus imminent, il n’est clairement pas question que de batailles dans cet ultime opus ! La quête de nos héros, qu’il s’agisse de Sisam et d’Helya, d’Oros, Farf et Maâlias, d’Hemerod, Santories et Chrysalie, ou encore de Phonkerf et Harfan, est plus initiatique que guerrière. Dans cette trilogie, ce ne sont pas les exploits martiaux qui font les héros. On le sent, nos protagonistes ne pourront vaincre la terrible Ame Noire Alrazel qu’en surmontant leurs propres doutes, leurs propres peurs, leurs propres démons intérieurs. Qu’en faisant la paix avec eux-mêmes. C’est, je pense, la raison pour laquelle j’aime tant cette trilogie : elle ose mettre à la première place les combats intérieurs, plutôt que de s’arrêter aux grandes batailles sanguinolentes dont est généralement si friande la fantasy épique. Alors on ne va pas se mentir, il y a pas mal de morts, pas mal de violence, pas mal de noirceur. Mais l’ultime affrontement, celui que l’on attend depuis le tout premier tome, n’est ni un duel d’épéiste, ni même une bataille magique. C’est avant tout la confrontation entre l’avidité, la noirceur, et la bonté, la lumière. Entre un être pétri de Haine et de cruauté, et deux âmes que l’Amour réunit en un seul être. Certains y verront peut-être trop de manichéisme … moi j’y vois plutôt un véritable appel à la bienveillance, à l’altruisme, à l’amour sous toutes ses formes. On peut tous être des petits héros du quotidien, en portant nos rêves à bout de bras pour lutter contre le découragement ambiant, en brandissant la bonté et la justice autour de nous.

Comme ses deux prédécesseurs, Le lac aux larmes d’or est magnifiquement bien écrit. Il y a de la magie dans ces mots qui, tissés les uns avec les autres, nous offrent bien plus qu’une simple histoire. Au fil des pages, le récit prend vie, et le lecteur est comme transporté dans ce monde en proie à la tyrannie d’un cœur tant meurtri par la douleur qu’il estime que toutes les âmes doivent souffrir autant de la sienne. Un être qui est bourreau autant que victime, et qu’on ne peut ni apprécier ni détester purement et simplement. Le lecteur ne lit pas : il marche aux côtés de tous ces personnages, « qui vont tout donner d’eux-mêmes » pour reprendre les mots de l’auteur, il tremble avec et pour eux, il souffre avec et pour eux, il se réjouit avec et pour eux. C’est un livre qui m’a fait passer par des myriades d’émotions. Un livre qui a su me surprendre. Je ne m’attendais pas à une telle issue, si déchirante. A la fois cruelle et belle. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, car je n’étais pas prête pour cela. On a jamais envie de quitter des personnages avec lesquels on s’est presque lié d’amitié … mais on a encore moins envie de les quitter dans de telles conditions. Heureusement que l’épilogue est là pour nous faire rêver d’une autre histoire, une histoire où nos racines seront définitivement nouées autour du même arbre …

En bref, vous l’aurez bien compris, avec Myrihandes, c’est jamais deux sans trois : c’est encore un coup de cœur ! Une fois encore, Guilhem Meric nous offre plus de cinq cent pages de pur bonheur, augmenté d’une bonne cinquantaine de pages d’annexe pour assouvir notre curiosité. Ca a beau être terrible de ce dire que tout est bel et bien terminé, que les aventures de Sisam, d’Helya et de tous leurs compagnons sont achevées, c’est une fin de toute beauté que nous offre l’auteur. C’est la cœur à la fois triste et apaisé que j’ai tourné la dernière page, en soufflant la promesse de relire la saga une nouvelle fois, un jour ou l’autre, quand l’envie de retrouver les terres d’Oesion se fera sentir. En attendant, il ne me reste plus qu’à vous inviter à découvrir, à votre tour, cette fantastique trilogie et les magnifiques musiques qui l’accompagnent !



Ce livre a été lu dans le cadre du Tournoi des 3 Sorciers
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mercredi 30 mai 2018

Myrihandes, tome 2 : Le gardien de l'Âpre-Monde - Guilhem Méric


Myrihandes2, Guilhem Meric
Le gardien de l’Apre-Monde

Editeur : Harmonia
Nombre de pages : 517
Résumé : Sisam et Helya ont fait la fabuleuse expérience de leur pouvoir de Myrihandes. Mais s’ils ont remporté une bataille, la guerre n’en est pas finie pour autant. Kryom, qui a juré leur perte et celle de tous leurs alliés, connaît désormais le refuge secret d’un des anciens Gardiens et va tout mettre en œuvre pour s’emparer de sa Clef. Guidés par Ecleïes, Sisam, Helya et leurs compagnons prennent le chemin des terres sauvages de l’Âpre-Monde dans l’espoir de retrouver le vieux Gardien avant lui. Profondément marqué par le drame qui a touché sa famille, Hemerod a pris la relève d’Ecleïes au sein de la Guilde du Second Souffle. 


Un grand merci à Guilhem Meric pour l’envoi de ce volume (et la petite dédicace) et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Non, tu n’as plus à le faire seule. Je connais ton cœur, Helya. Je le sais. Il bat au diapason du mien. Souviens-toi de ce que nous avons ressenti lorsque nous étions Myrihande, de ce que nos âmes se sont confié. Il a suffi de nous faire confiance, de croire en cet Amour qui nous a gardés vivants en dépit du temps et de la distance. Non, crois-moi, tu n’es plus seule. »

- Mon avis sur le livre -

Si je fais une petite rétrospective « lecture de sagas » depuis le début de l’année 2018, le bilan n’est guère glorieux : treize premiers tomes et uniquement deux suites au compteur … L’explication de ce déséquilibre est toutefois assez simple : en général, quand un auteur ou un éditeur propose un tome 1 en service de presse … le tome suivant n’est pas encore sorti, voire pas encore écrit ! Et c’est ainsi que je me retrouve avec une liste de « sagas en attente de publication de la suite » longue comme le bras et que je me languis d’impatience pendant de très longs mois … Vous imaginez donc bien que lorsque j’ai vu que Guilhem Meric proposait les deux premiers tomes de Myrihandes sur Simplement.pro, j’étais absolument extatique : j’allais pouvoir les enchainer sans connaitre cette terrible attente ! Bon, j’admets que maintenant, c’est du tome 3 dont je me languis, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie … 

Sisam, Helya et leurs compagnons ont tourné le dos à leurs Cités natales pour s’enfoncer au cœur de l’Apre-Monde, ce continent que les légendes affirment être hostile et mortel … Ils le savent, le temps leur est compté : il leur faut trouver Philodendre, l’un des trois Gardiens, avant le terrible Kryom qui entend bien s’emparer de sa Clef afin d’ouvrir entièrement la Porte des Ames. Mais cette quête sera  parsemée d’embuches, et le plus grand danger se cache peut-être au cœur-même de l’âme de nos deux Flammes jumelles, qui découvrent que même le plus grand Amour du monde n’empêche pas le doute et la colère de s’immiscer entre eux … Du côté des Trois Cités, l’heure est aux bouleversements : un ambitieux Gouverneur est élu Gouverneur Général afin de « rétablir l’ordre » … Mais Hemerod, fraichement destitué de son rang de Capitaine, ne compte pas le laisser faire : la mort brutale de sa sœur lui a ouvert les yeux et il entend bien désormais soutenir la cause des Ch’Ken au lieu de suivre aveuglément les ordres de sa mère. 

Si le premier tome était finalement assez léger, tournant autour des retrouvailles d’Helya et Sisam après quinze années de séparation, l’auteur nous offre ici un opus « plus sombre, plus adulte, plus épique », comme il me le promettait d’ailleurs dans la petite dédicace … Dès le prologue, le ton est donné : l’ambiance de ce second volume sera bien plus pesante que celle qui régnait dans le premier. Machinations politiques, rencontres avec des peuples hostiles, mémorables batailles et esprits tourmentés, voici ce que nous propose Guilhem Meric dans ce récit à double-intrigue ! Tandis qu’Hemerod et ses nouveaux alliés tentent de libérer les Trois Cités du joug ancestral de Kryom, Helya, Sisam et leurs amis traversent les dangers de l’Apre-Monde pour convaincre un Gardien aigri et solitaire de quitter son refuge … Dans un cas comme dans l’autre, les embûches seront nombreuses, et les remises en question douloureuses. Quelques petites pointes d’humour percent toutefois à travers les personnages d’Oros et Farf, dont les interventions sont bienvenues dans ce climat à la limite de l’oppressant ...

L’auteur nous offre une fois encore un gros pavé de plus de 500 pages, et pourtant, on ne voit pas les chapitres défiler. Aucune longueur, aucune lourdeur à déplorer dans ce second tome : du début à la fin, on est happé par cette très belle plume, vraiment polyvalente, qui excelle aussi bien en description qu’en dialogue, en introspection qu’en narration. Cette plume, elle vous fait accepter n’importe quoi, même les retournements de situation les plus inattendus, même les coups de théâtre les plus incroyables … même les cliffhangers les plus frustrants. Sérieusement, c’est de la torture littéraire que de laisser le lecteur sur une fin pareille, dans une telle incertitude, sur une telle tension ! Il faut dire que, progressivement, au fil des pages, des chapitres, cette tension enfle, s’affermit, s’approfondit. Cela commence assez doucement, assez sobrement, assez calmement, et petit à petit, tout s’accélère et surtout, tout s’amplifie. Les combats se font plus sanglants - que de morts, diantre que de morts ! -, l’urgence se fait de plus en plus palpable … et on a sans cesse le sentiment que tout est perdu, que le pire est advenu, alors qu’il semblerait qu’en fait le pire reste encore à venir …

Plus le temps passe, plus on a peur pour nos héros, plus on a leur cœur serré pour eux. Pour Hemerod, déchu de son rang, rejeté des hautes sphères, haï du peuple, qui tente contre vents et marrées de se racheter. Et pour Helya et Sisam, chez qui la belle harmonie du premier tome est brisée, tandis que le doute, la rancœur, la douleur, s’immiscent entre eux. Ils comprennent qu’il va leur falloir apprendre à vivre avec cet Amour inconditionnel et surnaturel, et surtout qu’ils ne doivent pas le tenir pour acquis, qu’ils doivent le cultiver, l’entretenir … Ils doivent apprendre à s’Aimer, à ne former qu’une seul âme, qu’un seul être.  Et c’est bien plus compliqué qu’ils ne l’imaginaient, et ils en souffrent, chacun de leur côté, sans se résoudre à en parler à l’autre, et la situation s’envenime … Et le lecteur en est tout aussi chagriné qu’eux-mêmes … Il faut dire qu’ils sont attachants, ces deux-là, et cela d’autant plus qu’ils ne semblent pas être de taille à affronter ce qui les attend à et porter la charge qui est la leur sur leurs frêles épaules ! 

Bref, un deuxième tome encore plus palpitant que le premier, qui happe le lecteur du début à la fin, qui le fait passer par une myriade d’émotions et qui le laisse complétement abasourdi face à cette apothéose finale qui promet une suite incroyable ! Je me demande toutefois comment l’auteur va parvenir à dénouer l’intrigue en un seul tome … j’avoue avoir un peu peur : cet univers et cette histoire sont tellement riches, tellement complexes, qu’il me semble délicat de s’arrêter au format trilogie sans risquer la « fin trop facile » qui me fait horreur. Jusqu’à présent, l’auteur n’a pas hésité à taper fort, à sortir des chemins battus, à prendre des initiatives vraiment innovantes dans le domaine de la fantasy, et je crains qu’en cherchant à boucler cette intrigue en un seul tome, il ne soit obligé de tomber dans les schémas classiques de résolution … J’ai donc vraiment hâte que le troisième et dernier tome soit sorti afin de savoir si mes craintes sont justifiées ou non … et surtout pour retrouver ces personnages qui me manquent déjà.

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
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samedi 26 mai 2018

Myrihandes, tome 1 : Le secret des Ames-soeurs - Guilhem Méric


Myrihandes1, Guilhem Meric
Le secret des Ames-Soeurs

Editeur : Harmonia
Nombre de pages : 582
Résumé : Sur Pan-Kaïa, siège des Trois Cités, Sisam et Helya partagent une extraordinaire amitié. Arrachés l’un à l’autre, ils se retrouvent quinze ans plus tard pour apprendre qu’ils sont des Âmes-Sœurs, capables de faire revivre les Myrihandes : des êtres aux pouvoirs de légende, aux âmes unies en un seul et même corps. Leur existence, hélas, est hors-la-loi. Œuvrant sous l’autorité d’un mystérieux seigneur, les Gouverneurs des Trois Cités exercent depuis toujours une terrible oppression sur les Âmes-Sœurs, afin que nul Myrihande ne renaisse en ce monde. Pour sauver leur amour, Sisam et Helya vont devoir tout apprendre du lien secret qui les unit …

Un grand merci à Guilhem Meric pour l’envoi de ce volume (et la petite dédicace) et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Soufflant comme une tornade dévorante dans leurs Cœurs, l’Amour les absorba à bras le corps, faisant exploser en une gerbe de feu leur conscience. Pour la première fois de leur vie, Sisam et Helya éprouvèrent l’ultime conviction de ne plus être seuls. Ils étaient un. Une entité harmonieuse et unique, dont la force de vie les transcendait et les rendait et les rendait à la fois plus humains et plus accomplis. »

- Mon avis sur le livre -

Lorsque j’étais en terminale, ma professeur de philosophie - qui avait un don pour rendre ses cours captivants alors qu’elle n’était pas particulièrement sympathique par ailleurs - nous avait raconté le mythe des androgynes selon Aristophane … Et je me souviens avoir trouvé cette histoire tellement belle (bien que terriblement cruelle et dramatique) que je me demandais pourquoi diable je ne trouvais aucun roman inspiré de cette légende fondatrice héritée de Platon. Et voilà que, quelques années plus tard, je tombe enfin sur un résumé qui me prouve que je ne suis pas la seule à trouver que ce mythe avait un potentiel romanesque incroyable ! Nul besoin de préciser, je pense, que je me suis jetée sur ce premier tome aussi rapidement que possible et que je l’ai littéralement dévoré !

Sisam et Helya. Helya et Sisam. Lorsqu’ils étaient enfants, on ne les voyait jamais l’un sans l’autre. Ils étaient heureux et inséparables … et pourtant, un soir, des êtres masqués ont surgi de nulle part pour les séparer, pour les éloigner l’un de l’autre, pour faire entrer dans leur cœur une douleur insoutenable. Quinze ans plus tard, cette souffrance est toujours aussi forte. Sisam, devenu un talentueux ébéniste, ne parvient pas à se faire à l’idée qu’il ne reverra jamais son amie. Helya, adoptée par le Gouverneur de la Cité voisine suite à son enlèvement, se languit de sa ville natale et de son ami. Ni l’un ni l’autre ne pouvait se douter que le destin, ce même terrible destin qui les avait arrachés l’un à l’autre il y a des années de cela, allait brusquement les réunir … Malheureusement pour eux, leurs retrouvailles ne sont pas au gout du Seigneur qui domine les Trois Cités, et qui s’efforce de séparer toutes les Ames-Sœurs peuplant ce monde, afin d’éviter que ne renaisse grâce à leur union un Myrihande …

Contrairement à toutes ces romances un peu mièvres qui usent et abusent du concept d’âmes-sœurs pour légitimer les coups de foudre les plus improbables et les plus instantanés, ce roman fait de ce mythe un élément clé de l’intrigue sans pour autant s’en servir comme simple prétexte pour guider et justifier tous les rebondissements. L’auteur a su s’approprier le mythe afin de l’intégrer à son univers et à son histoire, le premier étant d’une richesse et d’une complexité incroyables, la seconde rivalisant avec les plus grands classiques de la fantasy. On sent que l’auteur maitrise son monde dans les moindres détails, en long, en large et en travers - et les annexes finales le prouvent bien - : l’intrigue de ce premier volume a beau se confiner aux Trois Cités, perchées aux cimes d’une montagne volcanique vertigineuses, reliées par des viaducs incroyables, surplombées par une Tour où veille un mystérieux Passeur, régies par un sombre Seigneur aux règles implacables … on sent qu’il y a encore tout une terre à explorer, et que cette terre existe déjà très clairement dans l’esprit de son créateur. Et croyez-moi, on tremble autant de peur que d’excitation à l’idée de découvrir ce qui se cache aux pieds de ce volcan endormi … car les croyances populaires se mélangent aux mythes fondateurs pour faire naitre superstitions et autres légendes urbaines, sans que l’on ne sache plus ce qui est vrai et ce qui est faux. Car le passé de ce monde, de ce peuple, est lui aussi bien maitrisé, cela se sent et on s’immerge d’autant plus dans cet univers !

De la même manière, les différents personnages dont nous faisons la connaissance sont incroyablement bien travaillés. Ils ont tous leurs forces mais aussi leur part de faiblesses, leurs qualités mais aussi bon nombre de défauts … Loin de les enfermer dans un schéma trop manichéen, l’auteur a eu la justesse de distiller suffisamment de nuances ici et là pour rendre leur personnalité aussi riche que complexe. Sisam n’a ainsi rien du héros traditionnel en fantasy, sans pour autant être un anti-héros : son courage n’est pas infaillible, mais il n’est pas non plus un froussard se laissant porter par les événements sans rien faire. Helya a beau avoir un caractère rebelle et bien affirmé, elle n’en reste pas moins une jeune fille finalement très insouciante qui fait facilement confiance … Quant aux personnages plus secondaires, qu’ils soient du côté des « gentils », des « méchants » ou même des « indécis » … et bien ils sont tout aussi intéressants. L’antagoniste principal s’avère bien moins diabolique que l’on ne peut l’imaginer à première vue, on en vient presque à le prendre en pitié, tant on sent que ce sont sa souffrance, sa douleur, qui l’ont conduit à se lancer dans cette voie de haine et de vengeance. Moi qui aime les personnages complexes et nuancés, je suis ravie, vraiment ! Petite mention spéciale tout de même à ce cher Farf, parce que tout bon roman a besoin d’un personnage aussi attachant que lui, saperfouille !

Quant à l’intrigue … Comme je l’ai déjà dit, les racines de cette histoire sont nouées autour du concept des âmes-sœurs, et plus particulièrement autour des retrouvailles d’Helya et Sisam après quinze longues années de séparation … Si le début traine un peu en longueur, prenant bien le temps de poser le décor et de présenter les personnages, tout s’accélère à partir de l’instant où leurs chemins se sont rejoints, à partir du moment où le vide de leur cœur a été comblé par la présence de l’autre : tout comme Helya et Sisam, on comprend que cet événement est loin d’être anodin. Petit à petit, on en apprend plus sur les Myrihandes, ces êtres mythiques qui peuvent renaitre lorsque deux Flammes jumelles, deux Moitiés, deux Ames-Sœurs se retrouvent et accomplissent un rituel aussi instinctif que puissant … Ce premier tome insiste bien sur l’amour qui unie Helya et Sisam, cet amour pur, inconditionnel, parfait. Et tellement fort. Très honnêtement, on en vient à les envier un peu, ces deux tourtereaux, malgré le danger qui pèse sur eux : l’auteur a su transmettre au travers des mots tout l’apaisement, tout le bonheur, que chacun ressent en étant en présence de l’autre, et on a envie, nous aussi, de rencontrer notre Flamme jumelle … 

Une histoire terriblement émouvante, donc, dont certains passages ont failli me faire pleurer. Mais aussi une histoire pleine d’action et de rebondissements, de surprises et de mystères. A qui faire confiance, de qui se méfier ? Ce livre nous fait vraiment passer par toutes les émotions, on tremble de peur, on sursaute de surprise, on éclate de rire puis en sanglots … Une histoire racontée par une plume vraiment magnifique qui fait littéralement naitre un véritable film dans notre imagination : des descriptions vraiment bien menées, des dialogues vraiment vivants … Chaque mot est vraiment à sa place pour transporter le lecteur dans cet autre monde et lui faire vivre par procuration les aventures parfois effrayantes, parfois émouvantes, mais toujours palpitantes de nos héros. Une histoire enfin sublimée par la bande-originale que l’auteur a eu la gentillesse de m’envoyer avec le livre : Christophe Houssin a fait un excellent travail, c’est un régal que d’écouter cet album en parallèle de la lecture ! C’est vraiment une merveilleuse idée que de proposer au lecteur des musiques crées spécifiquement pour accompagner l’histoire. Mention spéciale à la dernière chanson, les voix des deux chanteuses sont vraiment sublimes et s’accordent à merveille, je pourrais l’écouter en boucle !

En bref, vous l’aurez compris, c’est un véritable coup de cœur pour ce premier tome innovant et très soigné. Un gros pavé que j’ai dévoré sans m’en rendre compte, tant ma lecture était fluide et addictive ! Il m’est assez difficile de vous exprimer à quel point ce livre m’a transportée, m’a chamboulée, à quel point c’était un déchirement que de devoir faire une pause dans ma lecture et un soulagement de pouvoir la reprendre. Ce livre, il a tout pour plaire à la passionnée de fantasy que je suis : un monde original et visiblement riche, des personnages complexes qui vont assurément évoluer encore au fil des tomes, une narration magnifique qui raconte avec fluidité cette histoire captivante … sans oublier de bonnes idées qui font toute la différence ! Je suis vraiment heureuse d’avoir le tome deux sous la main, d’autant plus que l’auteur me promet qu’il est « plus sombre, plus adulte, plus épique » encore que ce premier volume … Cela promet !

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
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