mercredi 16 octobre 2019

La guerre des clans, cycle 3, tome 3 : Exil - Erin Hunter


La Guerre des clans, Erin Hunter
Cycle 3, tome 3 : Exil

Editeur : Pocket Jeunesse (PKJ)
Nombre de pages : 358

Résumé : Autour du lac, la paix semble revenue. Mais l’arrivée de deux chats des montagnes bouleverse le Clan du Tonnerre. Ils supplient Étoile de Feu de les aider à vaincre une horde de félins sans foi ni loi. En quête d’aventure, les trois apprentis, Nuage de Lion, Nuage de Houx et Nuage de Geai, veulent faire partie de l’expédition. Ils en apprendront bien plus sur eux-mêmes qu’ils ne l’espéraient…





- Un petit extrait -

« Les difficultés du Grand Périple n’étaient plus que de mauvais souvenirs, qui commençaient à s’effacer. Pourtant, le passé restait vivant dans la combe, telle une brume éternelle. »

- Mon avis sur le livre -

Il m’a fallu un an pour pouvoir reprendre mon marathon La guerre des clans interrompu par la ribambelle de services de presse et par les consignes des divers challenges auxquels je participe. Un an que je me languis de mes chers guerriers félins, un an que j’attends le moment opportun pour me replonger dans cette saga si chère à mon cœur. Et comme souvent, c’est au début de l’automne que cette envie a atteint son paroxysme : le moral sombre dans les abysses, alors je me tourne vers mes fidèles chats des Clans ! J’ai donc décidé de lire l’intégralité du cycle 3 – y compris les deux premiers tomes déjà lus l’an dernier – durant le mois d’octobre, et vu le bien que cela me fait, il y a de grandes chances que le cycle 4 suive le même chemin ! Vous vous en doutez donc, je ne suis pas très objective avec cette série : quand bien même je descelle quelques défauts, quelques longueurs, rien n’y fait, c’est toujours un vrai coup de cœur !

La paix semble être revenue autour du lac : le gibier est de retour en abondance et la pouponnière du Clan du Tonnerre n’a jamais été aussi encombrée. Nuage de Lion, Nuage de Houx et Nuage de Geai poursuivent leur apprentissage, dans un quotidien aussi chargé que monotone. Jusqu’au jour où deux étrangers arrivent des montagnes lointaines pour demander l’aide aux Clans : des envahisseurs menacent la Tribu de l’Eau Vive, qui n’a jamais eu à défendre son territoire jusqu’à présent et se fait décimer jour après jour. Pour les trois apprentis, le doute n’est pas permis : ils doivent accompagner les guerriers jusqu’aux montagnes, même s’ils ne comprennent pas d’où leur vient cette attirance pour ce territoire inconnu. Bien plus qu’un simple voyage « qui forme la jeunesse », cette expédition pourrait bien sonner le début de l’accomplissement de la prophétie des Trois …

 On ne va pas se mentir : ce tome-ci est finalement assez « transitionnel ». Pour la première fois depuis le début du cycle, il n’est plus question de lutte entre les Clans : on se concentre à nouveau exclusivement sur le Clan du Tonnerre, et surtout sur nos trois jeunes héros, qui grandissent et murissent à vue d’œil. Nuage de Houx se questionne sur son avenir, tiraillée entre son ambition impérieuse de devenir Chef de Clan – bien qu’on la sache animée de bons sentiments, on ne peut s’empêcher de frémir quand on se remémore les agissements de son aïeul Etoile du Tigre, lui aussi persuadé d’agir pour le bien de tous – et sa crainte de décevoir les attentes de son Clan à son égard – elle ne parvient pas à s’imaginer reine, alors qu’elle sait que les chatons sont une bénédiction pour l’avenir du Clan. Nuage de Lion, quant à lui, compte bien devenir le meilleur guerrier que son Clan n’ait jamais connu, et il se réjouit de recevoir l’aide d’Etoile du Tigre et Plume de Faucon dans ses rêves : l’entrainement que lui donne son mentor ne suffit pas à combler ses attentes démesurées. Nuage de Geai, lui, n’a qu’une seule idée en tête : se pourrait-il que d’autres chats aient vécus autour du lac, avant eux ? Que sont-ils devenus ? Cela a-t-il un rapport avec la prophétie qui pèse sur l’existence de sa fratrie ?

 Ce tome est donc celui des doutes et des questionnements, celui où le passé et l’avenir semblent converger pour façonner le présent. Nuage de Houx pense sans cesse au Grand Périple, où tous les Clans étaient unis, soudés par un objectif commun : comment se fait-il que cette paix n’ait pas duré ? Les Clans sont-ils fait pour s’entre-déchirer générations après générations, fatalité bénie par leurs ancêtres ? Nuage de Geai aussi s’interroge sur la toute-puissance du Clan des Etoiles : pourquoi ont-ils peur de lui ? ne sont-ce pas eux qui lui ont donné ses pouvoirs ? se pourrait-il qu’il y ait d’autres guerriers célestes plus puissants ? De manière déguisée, les Erin évoquent donc ici à demi-mot la question qui se pose souvent quand on aborde la question de la religion : si Dieu existe, comment se fait-il qu’il autorise les hommes à s’entretuer ? Aucune réponse n’est donnée ici, et c’est très bien comme cela. Le lecteur, à l’instar des trois jeunes chats, est totalement libre de se forger sa propre opinion, de se faire sa propre idée sur cette question, ainsi que sur celle qui occupe finalement le cœur de cette intrigue : faut-il transformer la Tribu en Clan pour assurer sa survie ? En adoptant les us et coutumes claniques, basés sur la protection agressive d’un territoire bien défini, la Tribu – jusqu’alors profondément pacifique – ne risque-t-elle pas de perdre son identité propre ? 

Nuage de Houx, pourtant grande défenseuse du code du guerrier, est la première à douter du bien-fondé de cette approche, quand bien même elle ne voit pas comment faire autrement pour préserver la Tribu de l’anéantissement. J’ai beaucoup aimé l’évolution de cette petite apprentie, dont le cœur est empli par un idéal de justice et de paix vraiment touchant. Elle se rend compte que les choses ne sont jamais réellement parfaitement noires ou parfaitement blanches, qu’il n’y a que des nuances de gris, et que les décisions ne sont pas aussi faciles à prendre quand on a des responsabilités. Elle grandit, et elle n’en devient que plus attachante encore. Nuage de Geai, également, attire de plus en plus ma sympathie, malgré – et voire même grâce – à son sale caractère : ce n’est finalement qu’une carapace, pour se protéger, lui qui est si démuni du fait de sa cécité, lui qu’on traite encore comme un chaton alors qu’il détient le pouvoir des étoiles dans ses pattes. Il devient certes un peu arrogant depuis qu’il a pris connaissance de cette prophétie, mais il voit ça comme un juste retour des choses, lui qu’on traite comme une petite chose fragile. Je suis plus mitigée vis-à-vis de Nuage de Lion : il est intelligent, mais n’utilise pas sa cervelle à bon escient, ou du moins, il la met volontairement en sourdine quand il est question d’Etoile du Tigre, trop obnubilé par sa volonté de devenir le meilleur guerrier du monde pour se questionner sur les motivations de son cruel ancêtre …

En bref, vous l’aurez bien compris, l’action est nettement moins présente dans ce tome, mais cela ne m’a clairement pas empêchée de le dévorer ! On se rend progressivement compte que l’intrigue devient un peu moins « martiale » pour devenir plus « mythique », mais aussi plus « psychologique » : nous suivons l’évolution de nos trois jeunes héros, élus d’une prophétie qui les dépasse encore. Ce voyage dans les montagnes va sans doute leur permettre de trouver des réponses aux questions qu’ils ignorent se poser … Et pour le lecteur, c’est une pause bienvenue. Moins de batailles, plus d’émotions. Moins de combats, plus de réflexions. Mais surtout, toujours plus de questionnements : quels sont les secrets qui entourent nos trois petits héros ? On le sent, les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles ne le paraissent au premier abord, et on n’a qu’une seule envie : se plonger dans la suite pour en découvrir toujours plus sur l’avenir de ces trois petits apprentis si attachants malgré leurs défauts ! Un seul tout petit bémol : je me demande tout de même ce qui se trame autour du lac pendant que nos héros vagabondent dans les montagnes  … Etoile de Feu me manque un peu !

dimanche 13 octobre 2019

Top 5 : Des livres à conseiller pour Halloween



- Top 5 : Des livres à conseiller pour Halloween -

C’est le retour des tops ! Et cela grâce à Mange-Nuages qui a mis en place un petit challenge/jeu que je vous invite à retrouver sur Livraddict ! Un thème par semaine, rien de plus simple, d’autant plus que j’ai décidé de faire ceci sous forme de mini-article pour ne pas me surcharger … C’est donc l’heure de répondre au second thème que voici :

Des livres à conseiller pour Halloween

La fête des morts approche à grands pas ! Que vous soyez fan ou non de l'ambiance d'Halloween, de ses costumes, décorations et muffins à la citrouille, cette semaine, parlez-nous de ces livres qui, selon vous, seraient parfaits pour accompagner cette période. Romans d'horreur, histoires fantastiques ou thrillers haletants, à vous de décider !


Et voici donc mon petit top 5 (avec un petit lien vers ma chronique si celle-ci existe) :


Lula et les monstres de Christelle Lebailly → chronique
Parce que le rêve, la réalité et les cauchemars s’y mélangent allégrement pour nous offrir une histoire fantastique, fantasque et fantasmagorique, où les apparences sont toujours trompeuses et où rien n’est ce qu’il semble être au premier abord.

Néachronical de Jean Vigne → chronique
Parce que c’est assurément le thriller-fantasy le plus incroyable qu’il m’ait été donné de découvrir, avec une ambiance incroyablement glauque, avec l’irruption d’une de mes légendes préférées et un mélange des genres aussi audacieux que captivant !

Ses griffes et ses crocs de Matthieu Robin → chronique
Parce qu’il est question de légendes anciennes, de spiritisme, de Bête assoiffée de vengeance, de disparitions inquiétantes, et parce que les apparences sont trompeuses et qu’on ne s’attend pas à ça …

Le roi des fauves de Aurélie Wellenstein → chronique
Parce qu’ouvrir ce livre, c’est plonger dans un univers sombre, voire malsain, c’est suivre l’équilibre précaire d’une âme entre humanité et bestialité, c’est accepter de se laisser embarquer dans une véritable descente aux enfers sans passer par le purgatoire.

Le secret des enfants d’Aumelys de Véronique Petit → chronique
Parce que c’est du fantastique dans toute sa splendeur, du fantastique à la Maupassant, où l’on ne sait plus trop bien où s’arrête la réalité et où commence la folie, où l’irruption du surnaturel est vraiment angoissante …

Le bonus : La danse des obèses de Sophie Audouin-Mamikonian → chronique
Parce qu’après avoir lu ce roman, vous ne pourrez plus avaler un seul bonbon pendant une année entière ! Je n’en dis pas plus, mais un conseil : surtout, ne lisez pas ce livre avant le repas …

samedi 12 octobre 2019

De l'autre côté du mur, intégrale - Agnès Marot


De l’autre côté du mur, intégrale - Agnès Marot

Editeur : Lynks
Collection : ReLynks
Nombre de pages : 426

Résumé : Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses soeurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu’elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde. Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?

Un grand merci aux éditions Lynks pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -
« Je me serre un peu plus contre le tronc, pose mes lèvres contre l'écorce, et son énergie se déverse en moi. L'espace d'un instant, j'oublie mes soucis dans l'euphorie de la liberté. Il ne m'a pas désertée ! J'éclate de rire, sensible à la vie qui fourmille tout autour de moi, aux insectes se frayant un chemin dans les rainures du bois, à la coccinelle posée sur une feuille verte. Le parfum âcre de la terre s'infiltre dans mes poumons, m'apporte le salut des moucherons qui volètent frénétiquement près de l'étang. »
- Mon avis sur le livre -

Cela fait maintenant une bonne quinzaine d’années que j’ai arrêté la danse, que mon petit justaucorps et mes chaussons de demi-pointes sont entreposés dans un carton « souvenirs » au côté de ma barbichette de Dormeur, vestige de mon premier spectacle de théâtre. Quinze ans que je rumine ma déception : je n’ai rien d’une bonne danseuse, je suis une sorte de pantin de bois sans aucune grâce qui s’efforce de ne pas confondre sa droite et sa gauche pour tenter de faire les bons mouvements au bon moment. Quinze ans que je rêve secrètement de reprendre la danse malgré cette douloureuse désillusion, malgré le divorce entre mon corps et mon esprit, malgré mon manque profond de coordination et de rythme … Autant vous dire que la première phrase du résumé m’a immédiatement donné envie de découvrir ce livre : j’avais envie, par l’intermédiaire de Sibel qui semble vivre pour et par la danse, de ressentir le temps d’un roman l’harmonie que je n’ai jamais réussi à atteindre et qui m’attire tant …

D’un côté les hommes, de l’autre les femmes. D’un côté la Science, de l’autre les Arts. Séparés depuis des générations, tant et si bien que chacun a oublié l’existence même de l’autre. Sibel est une Danseuse d’exception, amie du vent qui la soutient dans ses chorégraphies, amie de la nature qui lui offre son énergie et sa sérénité. Sibel est heureuse. Jusqu’au jour où la loi des Mères est bafouée : une de ses camarades la frôle, la touche, la souille et la brise. Isolée de ses Sœurs, Sibel tente désespérément de retrouver le lien qui l’unissait à son Art. Mais dans le jardin, c’est tout autre chose qu’elle trouve : une fille étrange et disgracieuse, inhabitée par l’Art, qui se définit comme un « homme » ... A cet instant précis, l’univers tout entier se disloque pour Sibel : se pourrait-il qu’il y ait quelque chose, de l’autre côté du mur ? se pourrait-il que les Mères ne connaissent pas tout, ou pire encore, qu’elles leur aient menti depuis toujours ? Gagnée par une inexplicable soif de liberté et de connaissance, Sibel se jette à corps perdu dans cette nouvelle danse vers l’inconnu et la révolte …

Des dystopies, j’en ai lu pas mal, ces dernières années …. Mais j’ai rarement été aussi conquise qu’avec De l’autre côté du mur. Agnès Marot nous offre un récit d’une beauté inouïe malgré la noirceur du futur qu’elle nous dépeint. Un futur qui s’appuie, malheureusement, sur la tendance actuelle à séparer les arts et les sciences : si un enfant à des prédispositions pour les mathématiques, on voudra en faire un champion d’échec (hors de question qu’un scientifique dans l’âme aille faire de la peinture sur soie !), et si au contraire il a des aptitudes pour le patinage artistique, on attendra de lui qu’il fasse un bac L (parce que c’est bien connu, les artistes sont nuls en science). Les stéréotypes ont la vie dure, et l’autrice a fait le pari de les exploiter à l’extrême pour créer ce monde dystopique, où hommes et femmes, science et art, sont séparés, chacun ignorant même l’existence de l’autre. Les Filles suivent aveuglément les lois des Mères, convaincues que celles-ci œuvrent pour leur bonheur – après tout, c’est ce qu’on leur apprend depuis le plus jeune âge – et les Fils font de même avec les lois des Pères de leur côté du bâtiment, de leur côté du monde.

On s’en doute bien, les choses ne vont pas en rester là : il n’y aurait pas d’histoire sans élément perturbateur pour venir remettre en question et en cause l’ordre établi. Sibel subit cet élément perturbateur : elle est loin d’être aussi curieuse et rebelle que son amie Aylin, dont les extravagances et questionnements l’effrayent. Elle n’aspire qu’à s’unir toujours plus à son Art, à parfaire toujours plus ses pas de Danse, à avancer toujours plus vers la perfection. Elle est heureuse, ou du moins se croit heureuse. C’est la question sous-jacente de toute cette histoire : peut-on réellement être heureux quand on vit dans l’ignorance complète ? peut-on vraiment être heureux quand on vit sans liberté ? sans même savoir ce qu’est la liberté, ce qu’est la vérité ? Sibel va découvrir avec horreur et stupéfaction ce qui se cache dans les « coulisses » de son monde qui s’avère n’être qu’un gigantesque théâtre où tout est factice, où tout est mensonge. Cruelle désillusion pour cette adolescente bien formatée, qui n’était pas prête à affronter cette vérité. Mais est-on un jour prêt à découvrir qu’on nous a menti, manipulé, trahi ?

Le choc est rude pour notre jeune héroïne, et le lecteur partage sa peine. Et sa stupeur, au fur et à mesure des révélations. Comment a-t-on pu en arriver là ? La question semble sans réponse … jusqu’à ce qu’on se plonge dans la préquelle, intitulée Notes pour un monde meilleur. Le décalage entre le titre – reflétant la volonté d’Isaac, « héros » de cette préquelle – et la réalité racontée dans De l’autre côté du mur a de quoi faire rire ou pleurer. Comme beaucoup de scientifiques, Isaac a toujours été persuadé d’agir pour construire ce monde meilleur dont il rêvait. C’était devenu son obsession, l’attrait du progrès technologique, tant et si bien qu’il s’est laissé dépasser par la Science … et tout est parti en vrille. Car tout le monde n’est pas aussi altruiste qu’Isaac – que j’affectionne beaucoup malgré ses erreurs dramatiques – et il y a toujours quelqu’un pour transformer cet idéal fort honorable en quête de pouvoir et de gloire. Et il y a aussi la question de la paix, de la sécurité : pour atteindre ces deux objectifs, que peut-on et doit-on sacrifier ? Peut-on abolir les libertés et l’amour au nom de la prospérité ? Ce livre a l’avantage de nous présenter à la fois la genèse et l’écroulement de ce système, et c’est vraiment très intéressant, d’autant plus que le jeu de miroir est vraiment bien mené !

En bref, vous l’aurez bien compris, je suis à la fois sous le charme et sous le choc ! C’est un livre aussi doux que cruel, aussi beau qu’effrayant. Il y a la rudesse de ce monde, de ce futur, placé sous le signe du respect des règles et des interdits pour le bien de tous – c’est du moins ainsi qu’il est présenté, et aussi ce que pense Sibel et ses camarades –, et la tendresse de cette rencontre inattendue, de cet amour naissant, de l’éclosion du papillon de la liberté. Sibel et Aslan sont tellement attachants, on a envie de les soutenir dans leur quête de savoir et de bonheur réel, on a envie de les voir sortir de cette prison qui s’ignore. On rêve avec eux et pour eux, on tremble avec eux et pour eux, on rit avec eux et pour eux. En clair, on se laisse complétement embarquer par cette histoire, où les opposés s’attirent, où les paradoxes s’entremêlent. La plume d’Agnès Marot est juste magnifique, c’est un vrai régal, on se délecte ! Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir cette merveilleuse histoire, allez-y les yeux fermés. Qu’est-ce que j’ai aimé, mais qu’est-ce que j’ai aimé !