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mercredi 8 septembre 2021

Les âmes silencieuses - Mélanie Guyard

Les âmes silencieuses, Mélanie Guyard

 Editeur : Seuil

Nombre de pages : 319

Résumé : 1942. Héloïse Portevin a tout juste vingt ans lorsqu’un détachement allemand s’installe dans son village. Avides d’exploits, son frère et ses amis déclenchent un terrible conflit. Pour aider ceux qu’elle aime, Héloïse prend alors une décision aux lourdes conséquences...

2012. Loïc Portevin est envoyé par sa mère au fin fond du Berry pour y vider la maison familiale après le décès de sa grand-mère. Loïc tombe sur une importante correspondance entre cette dernière et un dénommé J. Commence pour lui une minutieuse enquête visant à retrouver l’auteur des lettres.

 

- Un petit extrait -

« – C’est une responsabilité qu’on a forcément. Tous les gens qu’on blesse et qu’on aime sont forcément les gosses de quelqu’un.

Bim. Une façon différente de considérer l’humanité me tombe dessus. C’est vrai. Ma mamie tondue a été le bébé de quelqu’un. Ma femme infidèle a été bercée par des bras aimants, sans doute, quand elle était petite. Mortel aussi, même si ça me débecte. Je suppose que quand on fait un môme, on compte sur le reste du monde pour ne pas nous l’abimer. On oublie que le reste du monde, il ne sait faire que ça. Je suis content de ne pas avoir d’enfants à lui sacrifier.  »

- Mon avis sur le livre -

 J’ai parfois le sentiment que de plus en plus d’auteurs décident d’écrire sous différents pseudonymes, selon les genres … D’un côté, je comprends la démarche, de l’autre, je ne peux m’empêcher de la trouver dommage : c’est comme s’ils n’assumaient pas d’être à la fois auteur de fantasy et auteur de contemporain, par exemple, comme si l’un excluait l’autre, comme si on n’avait pas le droit d’être auteur éclectique. Alors que personnellement, en tant que lectrice, j’aime les auteurs qui explorent allégrement plusieurs genres, j’aime voir comment ils adaptent leur plume à chaque type de récit. Ces auteurs sont les plus inspirants, car ils mettent en évidence la magie de l’écriture, qui fait qu’une seule et même personne arrive à écrire des romans tous aussi différents et uniques les uns que les autres ! Et puis, c’est tellement moins embrouillant de ne pas avoir à se creuser la tête pour se souvenir qui est le pseudonyme de qui, qui écrit aussi sous tel nom … Pour tout dire, heureusement que c’est noté sur la quatrième de couverture, sinon je ne me serai jamais souvenue que Mélanie Guyard était aussi Mel Andoryss, qui a écrit l’excellent Passageur qui m’avait tant captivée !

1942. Déjouant tous les pronostics des anciens du village qui affirmaient que la guerre n’atteindrait pas leur petit coin perdu, les allemands arrivent par la grande route et s’installent à la Meunière sans sembler vouloir partir rapidement. Les jeunes hommes du hameau, avides d’action et de vengeance, de gloire et de reconnaissance, mettent littéralement le feu aux poudres … Pour protéger Jean, son petit frère, Héloïse est prête à tout. Mieux vaut elle que lui. Tant pis si les regards haineux et les commérages les poursuivent toute sa vie … 2012. Tandis qu’il se débat avec un divorce compliqué – il se pourrait qu’il ait cogné l’amant de sa femme, réaction viscéralement masculine qui a conduit le tribunal à l’obliger de voir un psychiatre chaque semaine –, Loïc est envoyé par sa mère à la campagne pour vider la maison de feu sa grand-mère, afin de mettre enfin la vieille ferme en vente. Mais en nettoyant le grenier, Loïc tombe sur un coffre rempli de lettres d’un certain J. … Serait-ce son grand-père inconnu ? Bien décidé à élucider ce mystère, le jeune homme se jette à corps perdu dans la lecture de cette correspondance.

Certains diront peut-être que le va-et-vient entre le passé et le présent est désormais un schéma narratif vu et revu, et rejetteront donc ce roman au fin fond de leur pile à lire en décrétant qu’ils veulent de la nouveauté … Qu’ils pensent ce qu’ils veulent : pour ma part, c’est une construction que j’aime tout particulièrement ! C’est toujours un vrai plaisir que de suivre deux histoires parallèles, pour mieux voir comment elles s’entremêlent, comment le passé construit le présent. De voir aussi comment le présent a interprété le passé … ou comment il l’a oublié. De voir enfin comment la découverte de ce passé change le présent, alors même que rien n’a réellement changé. Il y a tout un côté initiatique dans le cheminement de Loïc, ce parisien expatrié dans une campagne où on l’accueille d’un tonitruant « c’est le petit-fils de la tondue, le fils de la bâtarde » … Lui qui venait seulement acheter quelques coquillettes pour lui et quelques croquettes pour le chien errant qui s’est entiché de lui, se retrouve affublé d’une identité pour le moins inattendue, héritage d’un passé dont il ignorait totalement l’existence ! Et voici que dans cette maison qu’il est venu vider, des lettres par dizaines s’offrent à lui, apportant autant de réponses que de questions …

Pour être parfaitement honnête, les chapitres consacrés à Loïc ont tout de même eu tendance à m’ennuyer quelque peu. Sans doute parce que j’ai beaucoup de mal avec la personnalité de ce jeune trentenaire, sarcastique et désinvolte, toujours prompt à sortir une réplique bien acerbe et à se considérer quelque peu comme le centre du monde. Pas méchant, mais pas forcément sympathique à mes yeux pour autant. Je ne me suis pas attachée à lui plus que cela … Par contre, je me suis tout de suite attachée à la jeune Héloïse, sa grand-mère donc. Une jeune femme discrète, tout comme sa mère, et la mère de sa mère avant elle, mais aux épaules autrement plus solides que celles de son frère cadet ou celles de son père : bien sûr, ils sont forts, mais ce ne sont pas eux qui mènent « les combats ordinaires, de ceux qu’on mène pour vivre, et pas pour crever ». Héloïse fait ce qu’elle a à faire pour protéger sa famille, protéger son petit frère avant tout, sans se préoccuper des conséquences, sans s’inquiéter de sa réputation. J’ai été touchée et impressionnée par ce dévouement sans limite, sans fêlure : même dans les moments les plus difficiles, les plus douloureux, Héloïse ne lâche rien, elle ne dit rien, elle encaisse les coups et les injures en se raccrochant à son objectif : protéger Jean.

Le protéger comment ? C’est bien là toute la question, tout le nœud de cette intrigue à double temporalité. Car les apparences, et les évidences d’ailleurs, sont souvent bien trompeuses : on est tous si prompts à sauter aux conclusions hâtives, à céder à la facilité, sans jamais envisager que les choses puissent être plus compliquées. Les « on dit » prennent alors le dessus sur les « non-dits », et s’imposent comme la seule et unique vérité, car la foule a besoin d’une vérité, quand bien même ce n’est pas la bonne, quand bien même une petite poignée de personnes sait pertinemment bien que ce n’est pas la réalité. « Ces âmes silencieuses ont pourtant beaucoup à raconter », m’a mis l’autrice en dédicace … Et nous, pauvre lecteur, nous tentons de percer le silence qui entoure ces âmes, ces cœurs, nous tentons de comprendre comment on a pu en arriver à la terrible scène décrite dans le prologue, nous tentons de saisir ce qui s’est réellement passé dans ce petit village occupé par les allemands. Et une chose est sûre et certaine : je ne m’attendais clairement pas à cela. Les révélations finales sont surprenantes, mais finalement parfaitement cohérentes : nous avons juste vu ce que nous voulions voir, nous aussi, sans chercher à voir plus loin que le bout de notre nez. C’est bien trouvé, et c’est parfaitement bien amené aussi !

En bref, vous l’aurez bien compris, ce fut vraiment une très belle lecture. J’ai certes eu un peu de mal avec la personnalité de Loïc, mais la force de caractère d’Héloïse a amplement compensé le côté un peu agaçant de son petit-fils. C’est un roman vraiment puissant et émouvant, admirablement bien écrit, remarquablement bien construit, qui happe le lecteur pour mieux le surprendre. La thématique des secrets familiaux est loin d’être innovante, mais Mélanie Guyard a vraiment su l’exploiter avec beaucoup de justesse et de délicatesse pour nous offrir un récit vraiment saisissant, à la fois très dur et très doux. Il y a des passages vraiment terribles, qui font monter les larmes aux yeux et qui nouent la gorge, des passages qui font mal au cœur car on sait au plus profond de nous qu’Héloïse est loin d’être la seule à avoir enduré ses souffrances, et encore moins à les avoir tues. Et il y a des passages vraiment émouvants, qui font aussi monter les larmes aux yeux et qui nouent aussi la gorge, mais parce qu’ils sont beaux, parce qu’ils expriment tout l’amour d’une sœur pour son frère, d’une mère pour sa fille. Vraiment, c’est un très beau roman que l’autrice nous offre ici, un roman puissant et poignant à lire et relire …

samedi 30 septembre 2017

Par le vent pleuré - Ron Rash



Par le vent pleuré, Ron Rash

Editeur : Seuil
Nombre de pages : 200
Résumé : Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements, ayant appartenu à une jeune femme dont personne n'avait plus entendu parler depuis un demi-siècle. 1969 : le Summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l'insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène. Le temps d'une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu'elle était apparue.

Ce roman a été lu dans le cadre de l’opération « Exploration de la rentrée littéraire 2017 » organisée par lecteurs.com.

- Un petit extrait -

« Dans la vie on fait des choix, et il faut accepter les conséquences de ces choix. Dans notre enfance, Bill et moi avons souvent entendu cette maxime de Grand-père, à propos de tout. »

- Mon avis sur le livre -

Bill et Eugène n’étaient encore que des adolescents le jour où leur chemin croisa pour la première fois celui de Ligeia. L’insaisissable jeune fille apporta avec elle le monde dont ils étaient coupés, autant du fait de la position géographique de leur petite ville des Appalaches que de celui de leur tyrannique et omniscient grand-père. Le temps d’un été, Eugène va progressivement se détacher de l’ombre de son frère ainé, va s’affirmer, émoustillé par le vent de liberté et d’inconnu qui souffle autour de la belle Ligeia. Lorsque sa sirène disparait, brusquement, soudainement, sans crier gare, le mal est fait : la vie d’Eugène est bouleversée à jamais par ces quelques mois passés en sa compagnie. Aussi, lorsque quarante ans plus tard, il apprend que les ossements de la jeune fille ont été trouvés près de la rivière où ils se baignaient cet été, il cherchera à comprendre ce qu’il s’est réellement passé …

Des quatre livres que j’ai reçu cet été dans le cadre de cette opération, c’est indéniablement celui qui me donnait le plus envie. J’ai directement eu un véritable coup de cœur pour ce titre et cette magnifique couverture, et j’étais particulièrement curieuse de découvrir enfin cet auteur dont j’entendais énormément parler. Et le résumé a fini de me convaincre : les Appalaches, l’été 1969, une histoire familiale et amoureuse mêlée à une enquête policière, du rêve en pages !

Et ce roman ne m’a pas déçue ! J’ai été époustouflée par la profondeur des personnages : ici, il n’est pas uniquement question de caractère et de personnalité, mais bel et bien d’une véritable présence. Lorsqu’il était question du grand-père de Bill et Eugène, j’avais le sentiment que cet homme, austère et autoritaire, se trouvait devant moi avec sa prestance et sa fermeté. Lorsqu’au contraire, Eugène nous parle de Ligeia, c’est sa sensualité et son indiscipline qui s’imposait à mon esprit. Il y a quelque chose dans la narration qui donne véritablement vie à ces personnages : ici, Ligeia, Bill et Eugène (pour ne citer qu’eux) ne sont pas uniquement trois personnalités fabriquées sur mesure pour coller au rôle qui est le leur dans l’intrigue, mais j’ai au contraire le sentiment que l’intrigue s’est formée pour coller avec la personnalité et le passé de chaque personnage. Epoustouflant !

Quant à l’intrigue en elle-même, elle est tout simplement stupéfiante. Habile mélange entre le récit d’initiation, le récit familial et le récit policier, ce roman est riche en rebondissements, en révélations et en émotions. Ce roman met en évidence à quel point chaque événement de notre vie, chaque rencontre, chaque décision, peut impacter durablement notre vie toute entière. Mais cela, on ne s’en rend compte que très progressivement, au fur et à mesure que les pièces du puzzle se mettent en place, au fur et à mesure que la vérité fait surface. En effet, puisque c’est Eugène qui nous raconte l’histoire, nous ne savons que ce qu’il sait … et on se rend finalement compte qu’il ne sait pas grand-chose. Pas une seule fois je n’ai réussi à devancer les révélations, pas une seule fois cette hypothèse ne m’avait effleuré l’esprit. Je me suis laissée avoir du début à la fin !

Ce qui est assez merveilleux, également, c’est qu’en l’espace de deux cents pages, l’auteur arrive à nous plonger dans deux ambiances complètement différentes. Il y a tout d’abord l’atmosphère insouciante de cet été 1969, cet été durant lequel Eugène va vivre son premier amour, va découvrir à travers les récits de sa sirène le monde qui l’entoure mais qu’il ignore. L’euphorie envahit le cœur de cet adolescent qui vit sous la coupe d’un grand père autoritaire et conservateur : Ligeia s’intéresse à lui, et non pas à son frère brillant et sportif que tout le monde admire, et pour attiser cet intérêt, cette attention qu’il imagine être de l’amour, il est prêt à tout, sans penser aux conséquences. Et puis, il y a l’atmosphère lourde, pesante, douloureuse de ce présent dominé par l’alcool et le souvenir de cet accident de voiture qui l’a définitivement séparé de sa femme et de sa fille, ce présent durant lequel ressurgit le passé par l’intermédiaire de cette macabre découverte : les ossements de Ligeia, sur les rives de la rivière où ils avaient l’habitude de se retrouver. Eugène sent que son frère lui a caché quelque chose, lui a menti, il veut absolument savoir la vérité, la terrible vérité à laquelle il s’attend. Il est bien loin de se douter que les apparences sont trompeuses … et que la vérité peut remettre en question toutes ses certitudes !

Ce constant va-et-vient entre ces deux époques, ces deux ambiances, est au départ assez déstabilisant : rien n’annonce ces changements de temporalité, et au début, je dois admettre avoir eu parfois du mal à m’y retrouver, à reconstituer une chronologie compréhensible, à saisir ce qui s’était passé entre ces deux périodes. Mais au final, je pense que c’est l’une des choses qui m’a le plus plu dans ce récit : comment un événement du présent peut faire ressurgir des souvenirs du passé, et comment le passé peut influer sur le présent, c’est vraiment cela que ce roman met en évidence à travers ces nombreux allers et retours. Plus d’une fois, je me suis demandé comment aurait évoluée la vie d’Eugène sans cette rencontre avec Ligeia, où comment aurait été le présent si la vérité n’avait pas été si longtemps cachée. On pourrait imaginer des dizaines d’histoires parallèles !

En bref, un véritable coup de cœur dont j’ai particulièrement du mal à parler : ce livre, il se vit, mais ne se décrit pas, ne se raconte pas. Ce roman, il m’a captivée, il m’a envoûtée, et je pense vraiment que je le relirais dans quelques temps, lorsque je l’aurai un petit peu oublié, juste pour avoir le plaisir de le redécouvrir une seconde fois, de revivre une nouvelle fois cet émerveillement qu’il a fait naitre en moi …

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2017
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lundi 31 octobre 2016

Tara Duncan, tome 2 : Le livre interdit - Sophie Audouin-Mamikonian



Tara Duncan2, Sophie Audouin-Mamikonian
Le livre interdit

Editeur : Seuil
Nombre de pages : 480
Résumé : Après avoir échappé à Magister, le terrible maître des Sangraves, Tara, la jeune sortcelière, revient sur Terre. Mais son répit est de courte durée : son ami Cal, le jeune Voleur, est jugé pour le meurtre d'un sortcelier, disparu accidentellement dans l'épisode précédent. Tara repart donc pour AutreMonde, où de terribles dangers la menacent. Avec l'aide de ses fidèles amis, elle devra déjouer de sombres complots, combattre le Ravageur d'âmes, une féroce limace géante et un Vampyr assoiffé de sang ... Mais les minutes sont comptées ! Arrivera-t-elle à temps pour sauver Cal ?

- Un petit extrait -

« - Au fait Cal, à propos de héros ..., susurra Moineau en joignant les mains d'un air éperdu d'admiration.
- Oui ? répondit Cal en bombant le torse.
- Tes sous-vêtements couleur camouflage, c'est pour quand tu attaques ton nounours dans ta chambre ? »

- Mon avis sur le livre -

Tous les ans, c’est la même histoire : quand les feuilles commencent à jaunir et à joncher le sol, quand le ciel commence à s’obscurcir et à se charger de pluie, bref, quand l’automne fait son grand retour, je n’ai qu’une envie … relire l’intégralité de la saga Tara Duncan. Cela fait huit ans que ça dure, et je crains que cette habitude ne me poursuive bien des années encore. Au départ, ce n’était que pour me remettre à jour avant la sortie du nouveau tome, mais maintenant, c’est devenu mon petit rituel d’entrée dans cette merveilleuse saison. Après avoir dévoré le premier tome et redécouvert avec une joie toujours plus grande l’univers fantasque d’AutreMonde, je n’ai pas attendu bien longtemps avant de me plonger dans le second volume. Humour, magie, suspense et action rythment ce roman riche en rebondissements et en émotions !

Après avoir déjoué les plans du terrible Magister et avoir contrarié le Roi des Démons, Tara entendait bien retrouver une petite vie tranquille sur Terre en compagnie de sa mère, qu’elle vient de retrouver après plus de dix ans de séparation. Malheureusement pour elle, ses souhaits ne sont pas exaucés et la voici de retour sur AutreMonde, où elle devra faire innocenter Cal, libérer un peuple de la férule d’un sortcelier mégalomane, combattre le terrifiant Ravageur d’Ame avant qu’il ne possède la planète entière … Un programme bien chargé qui ne cessera ne s’étoffer au fur et à mesure que s’enchainent les événements. Tara va ainsi être amenée à rencontrer le fantôme de son père qui va lui faire une révélation aussi inattendue que bouleversante, va devoir se méfier d’un tueur mystère qui ne cesse d’enchainer les tentatives de meurtre à son égard, et va fêter l’anniversaire le plus extravagant de toute son existence !

Si je ne devais retenir qu’un mot pour caractériser ce tome, ce serait sans aucun doute le monde « action ». Vous avez dû le sentir en lisant mon humble résumé : le quotidien de notre jeune Tara et de ses joyeux compagnons est bien agité ! Cal finit en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Fabrice se voit choisir par un familier plutôt encombrant et terriblement maladroit, Robin se bat contre ses propres sentiments, Fafnir se fait possédée par un esprit bien décidé à dominer l’univers … et Tara, elle, tente de démêler tous les fils des différents complots et machinations qui se trament autour d’elle, tout en tachant de survivre aux différentes attaques dont elle semble être la cible. Il est tout simplement impossible de s’ennuyer avec cette lecture : il se passe toujours quelque chose, et les coups de théâtre sont tous suffisamment inattendus pour me faire sursauter à chaque fin de chapitre (alors que je connais presque l’histoire par cœur, oui, oui !). Dans cette intrigue, les apparences sont souvent trompeuses et l’auteur semble prendre un malin plaisir à orienter protagonistes et lecteurs sur de fausses pistes pour mieux les surprendre à chaque révélation ! J’adore les livres pleins de rebondissements, et je suis comblée !

Mais je ne peux raisonnablement pas me contenter d’un unique mot pour parler de ce livre. Le second pourrait donc être « humour ». Parce que sincèrement, en dépit des situations souvent dramatiques et des dangers qui planent sur leurs épaules et sur AutreMonde tout entier, on ne peut pas considérer ce livre comme sombre. Bien au contraire. Que ce soit dans la narration ou dans les dialogues, dans les situations ou dans les descriptions, Sophie nous offre ici un vrai trésor de bonne humeur ! Vous n’imaginez même pas le nombre de fous rires que ce simple livre a déclenché, et encore moins la ribambelle de gloussements et de sourires qu’il a entretenu. Si certains déplorent la présence de cet humour assez enfantin et omniprésent, je l’approuve à mille pour cent et j’en redemande ! Pourquoi ? Parce que ça fait du bien, tout simplement. En dépit de tous les complots, de toutes les machinations, ce livre – et cette saga – n’est absolument pas prise de tête, et il n’y a rien de mieux qu’une bonne dose d’humour sophiesque (ça n’existe pas, je sais) pour repêcher le moral perdu au fond des abysses de la déprime ! Alors franchement, si vous avez besoin de vous détendre un bon coup et de faire une cure de gaieté, vous avez trouvé LA saga parfaite !

Et pour conclure cette chronique, un ultime adjectif (parce que « jamais deux sans trois », parait-il) : « magique ». Ce livre est magique, cette série est magique. Il n’y a, au départ, que des lettres, que des mots, que des phrases. Et ces lettres, ces mots, ces phrases, construisent progressivement un univers d’une richesse incroyable, donnent petit à petit vie à des personnages inoubliables et attachants, composent ligne après ligne une intrigue captivante et terriblement addictive. Ce qui n’était qu’un départ qu’un simple aggloméra de lettres s’est finalement transformé en une véritable fabrique à rêves et à rire. Et pour cela, pour cette magie qui se cache dans ces pages, pour cette bonne humeur que tu arrives à nous transmettre à travers ces histoires, je ne peux que te remercier chaudement, Sophie (parce que j’ai l’intuition que tu finiras bien par lire ces humbles petits paragraphes pleins d’émerveillement et de conviction). Et à toi, cher lecteur qui est encore en train de tergiverser : arrête-donc de te poser des questions et file te procurer cette fantastique série, nom d’un petit bonhomme en mousse !

Ce livre a été lu dans le cadre de mon Tarathon
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Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
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