jeudi 9 avril 2026

Vellum Express - Guy-Roger Duvert

Vellum Express, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition

Nombre de pages : 309

Résumé : Au crépuscule d’une Europe de type début XXᵉ siècle, le monde agonise sous une jungle tentaculaire qui avale villes, royaumes et pays. Armand, cambrioleur au charme insolent, est arraché à sa liberté. Assommé, enlevé, il se réveille à bord d’un train luxueux blindé en partance de Moscou vers Paris — un joyau d’ingénierie filant au milieu d’un monde dévasté. Qui l’a déposé là ? Pourquoi lui ? Et quel secret le lie au destin du monde ? Au bout de la ligne, peut-être, une vérité capable de tout changer. Ou de tout détruire.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Au premier abord, Armand a tout d’un gentleman, pour ne pas dire d’un gentilhomme : il présente bien, porte la redingote avec un aplomb princier et a des manières tout à fait honorables. Mais ne vous laissez pas abuser par les apparences : Armand est un cambrioleur, ni plus, ni moins. Aux côtés de ses coéquipiers – et amis, même s’ils sont tous trop pudiques pour le reconnaitre ouvertement –, le trentenaire a à son actif un certain nombre de cambriolages brillamment menés. Mais cette fois-ci, c’est promis : c’est bel et bien fini. Avec l’argent de sa dernière « mission », il espère bien avoir suffisamment d’argent pour mettre sa femme et sa fille à l’abri, loin de Moscou. Car il en est convaincu : la ville ne tiendra plus bien longtemps face aux assauts acharnés de la Jungle. Cette Jungle mystérieuse qui envahit progressivement l’Europe depuis le passage de la comète Donati en 1858, cette jungle peuplée de bestioles monstrueuses et terriblement dangereuses … Mais son retour à la maison ne se passe bien du tout comme prévu, et le voici embarqué à bord du Vellum Express, luxueux train en partance pour Paris, sans savoir comment il s’est retrouvé là … et surtout pourquoi.

Si je devais résumer très succinctement mon avis sur ce livre, je dirais que c’est du Guy-Roger Duvert tout craché … et du très bon Guy-Roger Duvert ! Du « Guy-Roger Duvert tout craché », pour la simple et bonne raison qu’au bout de vingt romans (déjà !), je commence à bien connaitre les petits « tics d’écriture » de l’auteur : je ne suis clairement pas surprise de retrouver, ici encore, un protagoniste débrouillard mais pas forcément fréquentable, une jungle remplie de bêtes avec plus de tentacules qu’elles ne devraient, des hommes visiblement immortels qui se promènent avec de mystérieuses reliques convoitées par tous ... j’en passe et des meilleures ! Il est évident que les mauvaises langues diraient que « on prend les mêmes et on recommence », tant certains éléments sont récurrents dans les différents ouvrages de Guy-Roger Duvert. Il a indiscutablement des « ingrédients » fétiches qu’il utilise quasiment systématiquement quand il « concocte » un nouveau roman … mais, et c’est cela qui est fabuleux, c’est qu’il les « cuisine » toujours d’une nouvelle manière !

Et c’est pour cela que je dis que c’est « du très bon Guy-Roger Duvert » ! Car j’ai beau avoir repéré ces ressemblances avec ses autres romans ou univers, pas une seule fois je me suis ennuyée, pas une seule fois j’ai eu le sentiment de lire une « redite » : l’univers qu’il nous offre est totalement nouveau, totalement différent de ce qu’il nous a proposé jusqu’à présent. Et il est, indubitablement, d’une richesse et d’une complexité jubilatoire : plus on progresse, et plus nos certitudes sont ébranlées. Au départ, on se dit qu’on est dans une sorte d’uchronie fantastique, puis plus le temps passe, plus on flirte avec la science-fiction, et vous savez à quel point j’apprécie quand les auteurs s’amusent avec les frontières des genres pour mieux les transcender ! J’ai été servie, ici … même si je reconnais que certains passages « explicatifs » m’ont semblé un peu longs et trop fournis, presque indigestes : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, il y a tant d’informations à assimiler ! Mais ce qui est bien, c’est que cela n’empêche nullement de profiter de l’histoire : même si on ne comprend pas bien toutes les subtilités de l’univers, on arrive toujours à raccrocher les wagons pour comprendre quels sont les enjeux du roman.

En parlant de wagon … J’ai beaucoup aimé que l’intrigue ait lieu dans un train lancé à toute allure à travers l’Europe. Il y a vraiment ce petit côté « huis clos » qui rajoute toujours du piment à tout récit. Et cela d’autant plus que notre héros (ou plutôt anti-héros, vu son métier …) n’a absolument aucune idée de comment il a atterri là, et donc de ce que l’on peut attendre de lui. Et ce qui est toujours « rigolo », dans les romans de Guy-Roger Duvert, c’est que je me sens toujours tiraillée entre deux émotions contraires face au protagoniste : d’un côté, j’ai un peu de peine pour lui, car il traversait déjà une période difficile et voilà qu’il se retrouve bien malgré lui plongé dans une sorte de « fourmilière dégoupillée » … et de l’autre, j’ai juste envie de sortir le pop-corn en le regardant s’embourber un peu plus dans les ennuis à chaque nouveau chapitre. Je sais qu’il va lui arriver une quantité astronomique de galères, qu’il va aller de problèmes en problèmes, d’embûches en embûches, et je me régale d’avance … Les livres de Guy-Roger Duvert, ce sont toujours des récits d’aventure incroyablement palpitants, extrêmement riches en rebondissements et en tension narrative : c’est vraiment l’idéal quand vous avez besoin de vous divertir, de vous détendre, comme si vous regardiez un bon film d’action.

En bref, je pense que vous l’aurez bien compris : avec ce premier opus, l’auteur nous ouvre les portes d’un nouvel univers captivant, et pose les premiers jalons d’une histoire qui promet d’être palpitante au possible. Comme souvent avec Guy-Roger Duvert, ce premier tome reste tout de même très introductif : l’idée est vraiment de nous familiariser avec l’univers, le contexte, les problématiques et les enjeux, ainsi qu’avec le personnage principal. On sent vraiment que tout ne commencera vraiment que dans le prochain volume, que tout ceci n’était qu’une sorte de mise en bouche … Et même si cela met l’eau à la bouche, il faut bien reconnaitre que l’on reste quelque peu sur notre faim ! J’espère que le deuxième opus ne sortira pas dans trop longtemps, car je suis vraiment curieuse et impatiente d’en savoir plus : je sens que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, qu’Armand n’est pas au bout de ses galères, et j’ai vraiment hâte de voir cela !

jeudi 22 janvier 2026

Gold & Bones - Guy-Roger Duvert

Gold & Bones, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 300

Résumé : Le Vicomte Eugène Théodore de L’Auroi, noble français au port impeccable et aux manières affûtées, traque les flibustiers avec l'élégance d’un duel au petit matin. Le capitaine Shiny Bones, pirate anglais sans panache, sans gloire et sans hygiène, préfère zigzaguer entre les ennuis, avec plus ou moins de réussite. Rien ne destinait ces deux hommes à se supporter plus d’une heure. Et pourtant, piégés chacun de leur côté, ils se retrouvent contraints de faire équipe pour suivre la trace d’une cité aztèque mythique, dont le nom hante les tavernes des Caraïbes. Commence alors une aventure où les coups bas seront aussi fréquents que ceux de canon.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Quelle meilleure façon de commencer l’année que de découvrir le petit dernier de Guy-Roger Duvert ? Petit dernier qui s’avère également être son petit premier : bien que retravaillé depuis, ce roman est le tout premier que Guy-Roger Duvert ait écrit … et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on y (re)trouve déjà les thèmes si chers à l’auteur ! C’est vraiment quelque chose que je trouve assez rigolo et fascinant, la récurrence des thématiques chez lui : d’une façon ou d’une autre, y compris et surtout quand vous ne vous y attendez pas le moins du monde, il y a toujours un drôle de tentacule ou d’entité mystérieuse qui fait son apparition à un moment ou à un autre … Pour la plus grande terreur des personnages, mais le plus grand plaisir des lecteurs qui n’ont plus qu’à se délecter du spectacle !

Et nos deux héros sont un spectacle à eux tous seuls, surtout quand vous les mettez côte à côte. D’un côté, vous avez le Capitaine Shiny Bones, archétype du pirate de pacotille qui semble avoir plus de rhum que de sang dans les veines … du moins, c’est ce qu’il était avant d’être jeté dans une prison française en attente de son exécution. Et de l’autre, vous avez le Vicomte de l’Auroi, nobliau français qui commence à se faire sa petite réputation de Chasseur de pirates auprès de la Couronne … du moins, c’est ce qu’il était avant de voir sa fillette enlevée par un fanatique de rituels obscurs et d’être déclaré comme un traitre. Tout oppose nos deux hommes … mais les aléas de l’existence vont les obliger à œuvrer main dans la main, l’un pour venger son honneur, l’autre pour récupérer la chair de sa chair. Nul ne peut savoir ce qui sera le plus difficile : affronter les embûches et leurs ennemis … ou réussir à travailler ensemble sans s’écharper !

Je pense que ce roman est le plus trivial que l’auteur nous ait proposé jusqu’ici … et c’est un compliment ! J’ai vraiment apprécié ce petit côté un peu « burlesque », et la petite pointe d’humour savamment disséminé dans la narration : on est certes dans un récit moins sérieux qu’Outsphere et moins épique que Les Rôdeurs de l’Empire, mais il n’en est finalement que plus attrayant encore ! Nos deux protagonistes n’ont rien de héros : le premier est une petite crapule pas très brillante, le second un aristocrate un tantinet imbus de sa personne. Deux têtes à claque, en somme, chacun à leur façon. Alors certes, on se dit que Bones est tellement insignifiant que c’est un peu dommage que ça soit tombé sur lui : il y avait sans doute des pirates plus sanguinaires à arrêter avant lui. Et certes, on a forcément de la peine pour ce pauvre Vicomte, dont la gamine a été enlevée sous ses yeux par un homme qui compte visiblement se servir d’elle pour un étrange rituel. Mais ils n’ont rien de particulièrement sympathique … et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de se laisser happer par leurs aventures, ou plutôt leurs mésaventures.

Car nos deux compères, qui se sont découvert une sorte de but commun – se venger d’une très ancienne trahison pour le pirate, et sauver sa fillette pour l’aristocrate – ne sont pas au bout de leurs surprises. Du début à la fin, ils enchainent les coups durs : non seulement ils semblent avoir la poisse, mais leurs adversaires respectifs sont également particulièrement coriaces. Chapitre après chapitre, on se demande comment ils vont réussir à se sortir de ce guêpier … mais surtout, on se demande dans quel nouveau bourbier ils vont se retrouver par la suite ! Car Guy-Roger Duvert ne ménage jamais ses personnages : s’il faut que quelque chose tourne mal, ça tournera forcément mal pour eux … et c’est réjouissant à lire, c’est indéniable ! Surtout avec deux anti-héros de cet acabit : on ne sait jamais s’ils s’en tirent parce qu’ils sont quand même un peu brillants sur les bords, ou parce qu’ils ont parfait une chance incroyable pour contrebalancer leur malchance ! C’est rocambolesque à souhait, page-turner au possible : certes, certains retournements de situation sont prévisibles et finalement très clichés, mais l’essentiel, c’est que cela marche à tous les coups !

En bref, nul besoin d’en dire beaucoup plus : comme toujours, l’auteur a réussi à m’entrainer à la suite de ses protagonistes dans une aventure captivante et haletante. C’est un roman particulièrement divertissant, souvent drôle et toujours palpitant : on pourrait le dévorer en une seule après-midi tant les pages se tournent bien ! Ce n’est pas le style le plus littéraire du monde, j’en conviens … mais c’est un style efficace, qui raconte l’histoire avec brio sans en faire trop, et c’est parfois tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment. Je ne sais pas si l’auteur a prévu une suite à ce roman, mais je crois que j’aimerai bien revoguer encore un peu avec ce duo mal assorti : j’aime déjà beaucoup les histoires de pirates, surtout quand c’est un peu comique (oui, j’aime Pirates des Caraïbes), mais alors une histoire comique de pirates écrit par Guy-Roger Duvert, c’est encore mieux !