jeudi 22 janvier 2026

Gold & Bones - Guy-Roger Duvert

Gold & Bones, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 300

Résumé : Le Vicomte Eugène Théodore de L’Auroi, noble français au port impeccable et aux manières affûtées, traque les flibustiers avec l'élégance d’un duel au petit matin. Le capitaine Shiny Bones, pirate anglais sans panache, sans gloire et sans hygiène, préfère zigzaguer entre les ennuis, avec plus ou moins de réussite. Rien ne destinait ces deux hommes à se supporter plus d’une heure. Et pourtant, piégés chacun de leur côté, ils se retrouvent contraints de faire équipe pour suivre la trace d’une cité aztèque mythique, dont le nom hante les tavernes des Caraïbes. Commence alors une aventure où les coups bas seront aussi fréquents que ceux de canon.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Quelle meilleure façon de commencer l’année que de découvrir le petit dernier de Guy-Roger Duvert ? Petit dernier qui s’avère également être son petit premier : bien que retravaillé depuis, ce roman est le tout premier que Guy-Roger Duvert ait écrit … et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on y (re)trouve déjà les thèmes si chers à l’auteur ! C’est vraiment quelque chose que je trouve assez rigolo et fascinant, la récurrence des thématiques chez lui : d’une façon ou d’une autre, y compris et surtout quand vous ne vous y attendez pas le moins du monde, il y a toujours un drôle de tentacule ou d’entité mystérieuse qui fait son apparition à un moment ou à un autre … Pour la plus grande terreur des personnages, mais le plus grand plaisir des lecteurs qui n’ont plus qu’à se délecter du spectacle !

Et nos deux héros sont un spectacle à eux tous seuls, surtout quand vous les mettez côte à côte. D’un côté, vous avez le Capitaine Shiny Bones, archétype du pirate de pacotille qui semble avoir plus de rhum que de sang dans les veines … du moins, c’est ce qu’il était avant d’être jeté dans une prison française en attente de son exécution. Et de l’autre, vous avez le Vicomte de l’Auroi, nobliau français qui commence à se faire sa petite réputation de Chasseur de pirates auprès de la Couronne … du moins, c’est ce qu’il était avant de voir sa fillette enlevée par un fanatique de rituels obscurs et d’être déclaré comme un traitre. Tout oppose nos deux hommes … mais les aléas de l’existence vont les obliger à œuvrer main dans la main, l’un pour venger son honneur, l’autre pour récupérer la chair de sa chair. Nul ne peut savoir ce qui sera le plus difficile : affronter les embûches et leurs ennemis … ou réussir à travailler ensemble sans s’écharper !

Je pense que ce roman est le plus trivial que l’auteur nous ait proposé jusqu’ici … et c’est un compliment ! J’ai vraiment apprécié ce petit côté un peu « burlesque », et la petite pointe d’humour savamment disséminé dans la narration : on est certes dans un récit moins sérieux qu’Outsphere et moins épique que Les Rôdeurs de l’Empire, mais il n’en est finalement que plus attrayant encore ! Nos deux protagonistes n’ont rien de héros : le premier est une petite crapule pas très brillante, le second un aristocrate un tantinet imbus de sa personne. Deux têtes à claque, en somme, chacun à leur façon. Alors certes, on se dit que Bones est tellement insignifiant que c’est un peu dommage que ça soit tombé sur lui : il y avait sans doute des pirates plus sanguinaires à arrêter avant lui. Et certes, on a forcément de la peine pour ce pauvre Vicomte, dont la gamine a été enlevée sous ses yeux par un homme qui compte visiblement se servir d’elle pour un étrange rituel. Mais ils n’ont rien de particulièrement sympathique … et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de se laisser happer par leurs aventures, ou plutôt leurs mésaventures.

Car nos deux compères, qui se sont découvert une sorte de but commun – se venger d’une très ancienne trahison pour le pirate, et sauver sa fillette pour l’aristocrate – ne sont pas au bout de leurs surprises. Du début à la fin, ils enchainent les coups durs : non seulement ils semblent avoir la poisse, mais leurs adversaires respectifs sont également particulièrement coriaces. Chapitre après chapitre, on se demande comment ils vont réussir à se sortir de ce guêpier … mais surtout, on se demande dans quel nouveau bourbier ils vont se retrouver par la suite ! Car Guy-Roger Duvert ne ménage jamais ses personnages : s’il faut que quelque chose tourne mal, ça tournera forcément mal pour eux … et c’est réjouissant à lire, c’est indéniable ! Surtout avec deux anti-héros de cet acabit : on ne sait jamais s’ils s’en tirent parce qu’ils sont quand même un peu brillants sur les bords, ou parce qu’ils ont parfait une chance incroyable pour contrebalancer leur malchance ! C’est rocambolesque à souhait, page-turner au possible : certes, certains retournements de situation sont prévisibles et finalement très clichés, mais l’essentiel, c’est que cela marche à tous les coups !

En bref, nul besoin d’en dire beaucoup plus : comme toujours, l’auteur a réussi à m’entrainer à la suite de ses protagonistes dans une aventure captivante et haletante. C’est un roman particulièrement divertissant, souvent drôle et toujours palpitant : on pourrait le dévorer en une seule après-midi tant les pages se tournent bien ! Ce n’est pas le style le plus littéraire du monde, j’en conviens … mais c’est un style efficace, qui raconte l’histoire avec brio sans en faire trop, et c’est parfois tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment. Je ne sais pas si l’auteur a prévu une suite à ce roman, mais je crois que j’aimerai bien revoguer encore un peu avec ce duo mal assorti : j’aime déjà beaucoup les histoires de pirates, surtout quand c’est un peu comique (oui, j’aime Pirates des Caraïbes), mais alors une histoire comique de pirates écrit par Guy-Roger Duvert, c’est encore mieux !

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