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jeudi 9 avril 2026

Vellum Express - Guy-Roger Duvert

Vellum Express, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition

Nombre de pages : 309

Résumé : Au crépuscule d’une Europe de type début XXᵉ siècle, le monde agonise sous une jungle tentaculaire qui avale villes, royaumes et pays. Armand, cambrioleur au charme insolent, est arraché à sa liberté. Assommé, enlevé, il se réveille à bord d’un train luxueux blindé en partance de Moscou vers Paris — un joyau d’ingénierie filant au milieu d’un monde dévasté. Qui l’a déposé là ? Pourquoi lui ? Et quel secret le lie au destin du monde ? Au bout de la ligne, peut-être, une vérité capable de tout changer. Ou de tout détruire.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Au premier abord, Armand a tout d’un gentleman, pour ne pas dire d’un gentilhomme : il présente bien, porte la redingote avec un aplomb princier et a des manières tout à fait honorables. Mais ne vous laissez pas abuser par les apparences : Armand est un cambrioleur, ni plus, ni moins. Aux côtés de ses coéquipiers – et amis, même s’ils sont tous trop pudiques pour le reconnaitre ouvertement –, le trentenaire a à son actif un certain nombre de cambriolages brillamment menés. Mais cette fois-ci, c’est promis : c’est bel et bien fini. Avec l’argent de sa dernière « mission », il espère bien avoir suffisamment d’argent pour mettre sa femme et sa fille à l’abri, loin de Moscou. Car il en est convaincu : la ville ne tiendra plus bien longtemps face aux assauts acharnés de la Jungle. Cette Jungle mystérieuse qui envahit progressivement l’Europe depuis le passage de la comète Donati en 1858, cette jungle peuplée de bestioles monstrueuses et terriblement dangereuses … Mais son retour à la maison ne se passe bien du tout comme prévu, et le voici embarqué à bord du Vellum Express, luxueux train en partance pour Paris, sans savoir comment il s’est retrouvé là … et surtout pourquoi.

Si je devais résumer très succinctement mon avis sur ce livre, je dirais que c’est du Guy-Roger Duvert tout craché … et du très bon Guy-Roger Duvert ! Du « Guy-Roger Duvert tout craché », pour la simple et bonne raison qu’au bout de vingt romans (déjà !), je commence à bien connaitre les petits « tics d’écriture » de l’auteur : je ne suis clairement pas surprise de retrouver, ici encore, un protagoniste débrouillard mais pas forcément fréquentable, une jungle remplie de bêtes avec plus de tentacules qu’elles ne devraient, des hommes visiblement immortels qui se promènent avec de mystérieuses reliques convoitées par tous ... j’en passe et des meilleures ! Il est évident que les mauvaises langues diraient que « on prend les mêmes et on recommence », tant certains éléments sont récurrents dans les différents ouvrages de Guy-Roger Duvert. Il a indiscutablement des « ingrédients » fétiches qu’il utilise quasiment systématiquement quand il « concocte » un nouveau roman … mais, et c’est cela qui est fabuleux, c’est qu’il les « cuisine » toujours d’une nouvelle manière !

Et c’est pour cela que je dis que c’est « du très bon Guy-Roger Duvert » ! Car j’ai beau avoir repéré ces ressemblances avec ses autres romans ou univers, pas une seule fois je me suis ennuyée, pas une seule fois j’ai eu le sentiment de lire une « redite » : l’univers qu’il nous offre est totalement nouveau, totalement différent de ce qu’il nous a proposé jusqu’à présent. Et il est, indubitablement, d’une richesse et d’une complexité jubilatoire : plus on progresse, et plus nos certitudes sont ébranlées. Au départ, on se dit qu’on est dans une sorte d’uchronie fantastique, puis plus le temps passe, plus on flirte avec la science-fiction, et vous savez à quel point j’apprécie quand les auteurs s’amusent avec les frontières des genres pour mieux les transcender ! J’ai été servie, ici … même si je reconnais que certains passages « explicatifs » m’ont semblé un peu longs et trop fournis, presque indigestes : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, il y a tant d’informations à assimiler ! Mais ce qui est bien, c’est que cela n’empêche nullement de profiter de l’histoire : même si on ne comprend pas bien toutes les subtilités de l’univers, on arrive toujours à raccrocher les wagons pour comprendre quels sont les enjeux du roman.

En parlant de wagon … J’ai beaucoup aimé que l’intrigue ait lieu dans un train lancé à toute allure à travers l’Europe. Il y a vraiment ce petit côté « huis clos » qui rajoute toujours du piment à tout récit. Et cela d’autant plus que notre héros (ou plutôt anti-héros, vu son métier …) n’a absolument aucune idée de comment il a atterri là, et donc de ce que l’on peut attendre de lui. Et ce qui est toujours « rigolo », dans les romans de Guy-Roger Duvert, c’est que je me sens toujours tiraillée entre deux émotions contraires face au protagoniste : d’un côté, j’ai un peu de peine pour lui, car il traversait déjà une période difficile et voilà qu’il se retrouve bien malgré lui plongé dans une sorte de « fourmilière dégoupillée » … et de l’autre, j’ai juste envie de sortir le pop-corn en le regardant s’embourber un peu plus dans les ennuis à chaque nouveau chapitre. Je sais qu’il va lui arriver une quantité astronomique de galères, qu’il va aller de problèmes en problèmes, d’embûches en embûches, et je me régale d’avance … Les livres de Guy-Roger Duvert, ce sont toujours des récits d’aventure incroyablement palpitants, extrêmement riches en rebondissements et en tension narrative : c’est vraiment l’idéal quand vous avez besoin de vous divertir, de vous détendre, comme si vous regardiez un bon film d’action.

En bref, je pense que vous l’aurez bien compris : avec ce premier opus, l’auteur nous ouvre les portes d’un nouvel univers captivant, et pose les premiers jalons d’une histoire qui promet d’être palpitante au possible. Comme souvent avec Guy-Roger Duvert, ce premier tome reste tout de même très introductif : l’idée est vraiment de nous familiariser avec l’univers, le contexte, les problématiques et les enjeux, ainsi qu’avec le personnage principal. On sent vraiment que tout ne commencera vraiment que dans le prochain volume, que tout ceci n’était qu’une sorte de mise en bouche … Et même si cela met l’eau à la bouche, il faut bien reconnaitre que l’on reste quelque peu sur notre faim ! J’espère que le deuxième opus ne sortira pas dans trop longtemps, car je suis vraiment curieuse et impatiente d’en savoir plus : je sens que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, qu’Armand n’est pas au bout de ses galères, et j’ai vraiment hâte de voir cela !

jeudi 22 janvier 2026

Gold & Bones - Guy-Roger Duvert

Gold & Bones, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 300

Résumé : Le Vicomte Eugène Théodore de L’Auroi, noble français au port impeccable et aux manières affûtées, traque les flibustiers avec l'élégance d’un duel au petit matin. Le capitaine Shiny Bones, pirate anglais sans panache, sans gloire et sans hygiène, préfère zigzaguer entre les ennuis, avec plus ou moins de réussite. Rien ne destinait ces deux hommes à se supporter plus d’une heure. Et pourtant, piégés chacun de leur côté, ils se retrouvent contraints de faire équipe pour suivre la trace d’une cité aztèque mythique, dont le nom hante les tavernes des Caraïbes. Commence alors une aventure où les coups bas seront aussi fréquents que ceux de canon.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Quelle meilleure façon de commencer l’année que de découvrir le petit dernier de Guy-Roger Duvert ? Petit dernier qui s’avère également être son petit premier : bien que retravaillé depuis, ce roman est le tout premier que Guy-Roger Duvert ait écrit … et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on y (re)trouve déjà les thèmes si chers à l’auteur ! C’est vraiment quelque chose que je trouve assez rigolo et fascinant, la récurrence des thématiques chez lui : d’une façon ou d’une autre, y compris et surtout quand vous ne vous y attendez pas le moins du monde, il y a toujours un drôle de tentacule ou d’entité mystérieuse qui fait son apparition à un moment ou à un autre … Pour la plus grande terreur des personnages, mais le plus grand plaisir des lecteurs qui n’ont plus qu’à se délecter du spectacle !

Et nos deux héros sont un spectacle à eux tous seuls, surtout quand vous les mettez côte à côte. D’un côté, vous avez le Capitaine Shiny Bones, archétype du pirate de pacotille qui semble avoir plus de rhum que de sang dans les veines … du moins, c’est ce qu’il était avant d’être jeté dans une prison française en attente de son exécution. Et de l’autre, vous avez le Vicomte de l’Auroi, nobliau français qui commence à se faire sa petite réputation de Chasseur de pirates auprès de la Couronne … du moins, c’est ce qu’il était avant de voir sa fillette enlevée par un fanatique de rituels obscurs et d’être déclaré comme un traitre. Tout oppose nos deux hommes … mais les aléas de l’existence vont les obliger à œuvrer main dans la main, l’un pour venger son honneur, l’autre pour récupérer la chair de sa chair. Nul ne peut savoir ce qui sera le plus difficile : affronter les embûches et leurs ennemis … ou réussir à travailler ensemble sans s’écharper !

Je pense que ce roman est le plus trivial que l’auteur nous ait proposé jusqu’ici … et c’est un compliment ! J’ai vraiment apprécié ce petit côté un peu « burlesque », et la petite pointe d’humour savamment disséminé dans la narration : on est certes dans un récit moins sérieux qu’Outsphere et moins épique que Les Rôdeurs de l’Empire, mais il n’en est finalement que plus attrayant encore ! Nos deux protagonistes n’ont rien de héros : le premier est une petite crapule pas très brillante, le second un aristocrate un tantinet imbus de sa personne. Deux têtes à claque, en somme, chacun à leur façon. Alors certes, on se dit que Bones est tellement insignifiant que c’est un peu dommage que ça soit tombé sur lui : il y avait sans doute des pirates plus sanguinaires à arrêter avant lui. Et certes, on a forcément de la peine pour ce pauvre Vicomte, dont la gamine a été enlevée sous ses yeux par un homme qui compte visiblement se servir d’elle pour un étrange rituel. Mais ils n’ont rien de particulièrement sympathique … et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de se laisser happer par leurs aventures, ou plutôt leurs mésaventures.

Car nos deux compères, qui se sont découvert une sorte de but commun – se venger d’une très ancienne trahison pour le pirate, et sauver sa fillette pour l’aristocrate – ne sont pas au bout de leurs surprises. Du début à la fin, ils enchainent les coups durs : non seulement ils semblent avoir la poisse, mais leurs adversaires respectifs sont également particulièrement coriaces. Chapitre après chapitre, on se demande comment ils vont réussir à se sortir de ce guêpier … mais surtout, on se demande dans quel nouveau bourbier ils vont se retrouver par la suite ! Car Guy-Roger Duvert ne ménage jamais ses personnages : s’il faut que quelque chose tourne mal, ça tournera forcément mal pour eux … et c’est réjouissant à lire, c’est indéniable ! Surtout avec deux anti-héros de cet acabit : on ne sait jamais s’ils s’en tirent parce qu’ils sont quand même un peu brillants sur les bords, ou parce qu’ils ont parfait une chance incroyable pour contrebalancer leur malchance ! C’est rocambolesque à souhait, page-turner au possible : certes, certains retournements de situation sont prévisibles et finalement très clichés, mais l’essentiel, c’est que cela marche à tous les coups !

En bref, nul besoin d’en dire beaucoup plus : comme toujours, l’auteur a réussi à m’entrainer à la suite de ses protagonistes dans une aventure captivante et haletante. C’est un roman particulièrement divertissant, souvent drôle et toujours palpitant : on pourrait le dévorer en une seule après-midi tant les pages se tournent bien ! Ce n’est pas le style le plus littéraire du monde, j’en conviens … mais c’est un style efficace, qui raconte l’histoire avec brio sans en faire trop, et c’est parfois tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment. Je ne sais pas si l’auteur a prévu une suite à ce roman, mais je crois que j’aimerai bien revoguer encore un peu avec ce duo mal assorti : j’aime déjà beaucoup les histoires de pirates, surtout quand c’est un peu comique (oui, j’aime Pirates des Caraïbes), mais alors une histoire comique de pirates écrit par Guy-Roger Duvert, c’est encore mieux !

dimanche 26 octobre 2025

Les rôdeurs de l'Empire, tome 4 - Guy-Roger Duvert

Les rôdeurs de l’empire4, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition

Nombre de pages : 307

Résumé : Ballottés par les flots, Ethan, Cassandra, Astrid et Tobias s’échouent sur une île oubliée, prisonnière des tempêtes de l’Abîme. Là, une colonie de naufragés s’est développée selon des codes de flibuste, où l’ordre ne tient qu’à un fil. Au cœur de cette confusion, un Sorcier s’est imposé, sondant les ruines mystérieuses laissées par Ceux d’Avant. Ses recherches font écho à celles de l’Empereur lui-même … Pour la première fois, les Rôdeurs entrevoient le cœur des machinations impériales.

Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Cela fait déjà quatre tomes que nous suivons nos infortunés Rôdeurs dans leurs mésaventures … et il faut bien reconnaitre qu’il devient de plus en plus compliqué de vous donner envie de lire leurs péripéties sans risquer de vous divulgâcher toute l’histoire ! La difficulté est d’autant plus grande que notre bande de crapouilles collectionne les galères de toutes sortes : aucun de leur plan ne se passe jamais comme prévu, ils tombent toujours au mauvais endroit au mauvais moment ... Ce qui rend leurs aventures particulièrement complexes à résumer ! Tout ce qu’il faut retenir, c’est que notre petit groupe de malfrats aventuriers s’est retrouvé scindé en deux à la suite d’un naufrage : nous avions suivi Logan et Trevor dans le tome précédent, il est donc grand temps de découvrir ce qui est arrivé aux autres Rôdeurs … Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas vraiment mieux lotis que leurs camarades.

Les voici échoués sur une île entourée d’une perpétuelle tempête rendant tout retour vers le continent impossible, à en croire ceux qui sont carrément nés ici, descendants des premiers naufragés. Mais vous les connaissez comme moi, les Rôdeurs : ils ne vont pas se laisser abattre par « si peu » ! L’impossible, ils en ont fait en quelque sorte leur spécialité : là où tout le monde baisse les bras et se résigne, eux refusent de se laisser abattre. Ils ont une mission à accomplir, un mystère à percer : ils doivent quitter cette île, et ils la quitteront. Ils ne savent pas encore quand, ni comment, mais ils la quitteront. Quitte à s’allier avec l’énigmatique Sorcier qui cause tant de tracas à l’administrateur de la communauté de rescapés : visiblement, ce lanceur de sort partage la curiosité des Rôdeurs pour les vestiges des civilisations passées …

Je dois vous faire une confidence : j’adore les histoires où les héros s’échouent sur une île déserte. D’ailleurs, j’écris une histoire où les héros s’échouent sur une île déserte. Autant vous dire que j’étais folle de joie quand nos pauvres héros se sont réveillés sur une île déserte … enfin, plus si déserte que cela puisque des dizaines et des dizaines de naufrages y ont eu lieu ces dernières semaines, mais vous comprenez l’idée. Les voici coupés du reste du monde, sans aucun moyen de contacter d’éventuels secours, sans aucun moyen de reprendre la mer, bref, sans aucun moyen de rentrer chez eux et d’achever leur quête : pouvez-vous imaginer pire galère pour des héros de fantasy ?! Et pouvez-vous imaginer plus grand suspense que celui-ci : nos héros vont-ils réussir là où des générations entières ont échoué ? Parviendront-ils à quitter cet archipel ? Et surtout … comment y parviendront-ils ? Car honnêtement, connaissant Guy-Roger Duvert, on se doute bien qu’il ne laissera pas ses personnages croupir sur une île, et encore moins ses lecteurs se languir d’un dénouement digne de ce nom à la saga : il y en aura forcément au moins un qui parviendra à rejoindre le continent pour terminer la quête collective, c’est obligatoire !

Mais … c’est pas gagné, franchement. Et cela d’autant plus qu’au fur et à mesure, nous prenons conscience qu’il se passe des trucs drôlement louches sur cette île déjà bien louche. On sent qu’il y a quelque chose qui cloche encore plus qu’avant : c’est comme s’il y avait une anomalie dans l’anomalie, et ça titille autant notre curiosité que l’inquiétude des protagonistes. Les pauvres, quand même, à chaque fois qu’ils pensent avoir compris quelque chose, un nouveau mystère vient s’ajouter à tous les précédents, les plongeant dans une perplexité toujours plus grande. Et je dois bien reconnaitre que, par moment, j’ai bien failli me noyer, moi aussi : sans doute parce que je suis exténuée et confuse ces derniers temps (bonjour la santé mentale qui défaille), mais j’ai eu plus de mal que d’habitude à comprendre ce qui se passait dans ce tome. J’ai été perdue pendant une bonne partie du récit … ce qui ne m’a pas empêché d’y prendre plaisir, car l’action est suffisamment prenante pour pallier au manque de compréhension des subtilités. C’est quelque chose que j’apprécie d’ailleurs énormément chez Guy-Roger Duvert : même quand on n’est pas en forme, on profite de notre lecture, car c’est particulièrement divertissant et palpitant. Un peu comme un bon film, en fait !

En bref, vous l’aurez bien compris : ce fut comme toujours une bonne lecture. Ce n’est clairement pas le meilleur roman de l’auteur, car il y a une déferlante d’informations légèrement indigeste, mais j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à le lire. Je pense que le fait de deviner/savoir que cette saga allait converger avec Outsphere m’a quelque peu « gâché » la lecture : sachant qu’il y avait avoir un point de rencontre, je ne faisais que l’anticiper et l’attendre, et j’ai donc eu un peu de mal à profiter pleinement de cet opus « pour lui-même ». Je suis donc à la fois conquise par ce regroupement de sagas et légèrement frustrée, car on a parfois le sentiment que ces quatre tomes n’ont été qu’une (longue) introduction dont le seul but était cette rencontre avec les héros de l’autre saga … Impression renforcée par le fait que la suite et fin de l’histoire se fera dans le cinquième tome d’Outsphere : la saga des Rôdeurs de l’Empire est donc théoriquement achevée, mais sans avoir de réelle fin, et c’est un petit peu perturbant … Mais j’ai quand même hâte de découvrir cette suite et fin, même si elle se trouve dans une autre saga, le plus important est vraiment de connaitre le fin mot de toute cette histoire ! Vivement !

vendredi 9 mai 2025

Les Chroniques occultes, tome 5 : Croisière Macabre - Guy-Roger Duvert

Les chroniques occultes5, Guy-Roger Duvert

Croisière macabre

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 295
Résumé : Printemps 1935. Le SS Haronga, élégant paquebot en partance de Hong Kong pour San Francisco, emporte avec lui nos quatre investigateurs, animés par une quête : suivre la trace d’un riche occultiste en possession d’un texte ancien qu’ils comptent récupérer. Mais à mesure que le navire fend les eaux du Pacifique, des phénomènes inexplicables commencent à se multiplier. Bienvenue à bord. Mais ne soyez pas trop pressés d’arriver à destination...

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Au bout d’un certain nombre de tomes, il devient difficile de savoir quoi dire de nouveau sur une saga … Vous qui connaissez déjà les Chroniques occultes, qui avez déjà lu les quatre premier opus, et peut-être même celui-ci, je n’ai plus besoin de vous convaincre : vous savez déjà tout aussi bien que moi qu’on en redemande toujours plus ! Quand à vous, qui n’avez pas encore découvert la saga, ou qui n’avez pas encore lu ce tome, je ne voudrais surtout pas risquer de trop vous en dire : cela serait vous gâcher le plaisir de la pure découverte !

Je dois bien reconnaitre que cette saga n’est pas celle que je préfère de l’auteur : je garde un attachement tout particulier pour Outsphere, sans doute parce que c’est avec elle que j’ai découvert la plume de Guy-Roger Duvert. Par ailleurs, je ne suis pas forcément une grande adepte des mythes lovecraftiens, et nul besoin d’être un grand spécialiste du genre pour comprendre rapidement que les Chroniques occultes s’inscrivent dans cette lignée. Toutefois, j’ai vraiment apprécié ce cinquième tome, plus que le précédent par exemple !

Je pense que le côté « huis-clos » y est pour quelque chose : je trouve que cela confère immédiatement une ambiance toute particulière au récit. La tension est d’autant plus grande que nos héros ne peuvent pas échapper aux potentielles menaces : quoi qu’il arrive, ils seront obligés de faire face, sans pouvoir se défiler. Car admettons-le : un des petits plaisirs coupables de la lecture, c’est vraiment de prendre plaisir à voir les personnages embourbés dans des situations inextricables et particulièrement mortelles … Bien en sécurité de l’autre côté du livre, on frissonne d’excitation à laisser les héros se mettre en danger à notre place : grâce à eux, on vit par procuration des aventures incroyables, sans risquer la moindre égratignure, n’est-ce pas fabuleux ?

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Milton, Kristen, Lillian et Howard, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Pas de repos pour les braves : nos quatre investigateurs ne prennent pas le bateau pour profiter d’une agréable croisière, mais bel et bien pour traquer de dangereux occultistes en possession d’un manuscrit plus dangereux encore … Et le temps presse : il faut agir avant qu’ils ne mettent en branle le mystérieux rituel contenu dans le livre ! Et tandis que des passagers disparaissent les uns après les autres, une palpitante course contre la montre débute : préparez-vous à retenir votre souffle, à sentir votre cœur s’accélérer et à ressentir le besoin de tourner les pages à toute vitesse pour découvrir la suite de l’histoire !

Histoire qui, comme souvent avec Guy-Roger Duvert, s’articule autour d’un très subtil équilibre entre des ressorts narratifs assez « connus » (si l’on fait bien attention aux indices disséminés par-ci par-là et si on est quelque peu familier du genre, on parvient à deviner ce qui se cache derrière toutes ces choses étranges) et de véritables coups de théâtre très difficilement prévisibles. J’aime bien, car c’est ce qui génère vraiment un effet de surprise : comme on baisse la garde en pensant avoir compris, on est d’autant plus étonné quand la seconde (voire troisième) révélation survint ! L’auteur est vraiment doué pour cela, et je ne m’en lasse vraiment pas !

Plus généralement, cet opus a vraiment ravivé en moi la « flamme » pour cette saga : elle reste toujours un peu en-deçà d’Outsphere selon moi (d’ailleurs … l’auteur a-t-il vraiment une fascination pour les raies manta volantes au point d’en mettre dans tous ses univers, ou bien est-ce les prémices d’une nouvelle convergence entre les sagas ?!), mais j’ai vraiment terriblement envie de découvrir la suite des aventures de nos quatre aventuriers ! Je pense que ce qui est vraiment le plus sympa, c’est que chaque tome a en quelque sorte son ambiance « propre » : bien sûr, il y a une continuité indéniable, mais il y a toujours un souffle de « nouveauté », et j’aime énormément !

mardi 31 décembre 2024

Les rôdeurs de l'Empire, tome 3 - Guy-Roger Duvert

Les rôdeurs de l’empire3, Guy-Roger Duvert

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 319
Résumé : Peu après leur fascinante découverte à Endetra, les Rôdeurs se sont embarqués à bord d’un navire afin de fuir le royaume de Derenos, en pleine guerre avec l’Empire. Malheureusement, frappés par une tempête, ils n’ont pas pu atteindre leur destination. Logan et Trevor, rescapés sur une plage au sud de l’Empire, décident de le traverser afin de rejoindre les contrées nordiques de Helgard, dans l’espoir d’y retrouver leurs compagnons, mais aussi d’y découvrir la probable ruine de Ceux d’Avant qui s’y cache.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Un petit extrait -

« L’idée n’était pas venue à l’esprit du mercenaire jusque-là, mais la grimace qu’il fit confirma qu’elle n’était pas à son goût.

- Ça y est, t’as gagné : tu m’inquiètes, soupira-t-il. Pourquoi est-ce que les choses ne peuvent pas être simple pour une fois ?

- Notre déveine de pendus ? s’amusa cyniquement Logan.

- Arrête. Je vais finir par y croire.  »

- Mon avis sur le livre -

 Laissant derrière eux le royaume de Derenos, nos cinq Rôdeurs ont embarqué à bord d’un navire, bien décidés à ne plus laisser les puissants de ce monde leur dicter leur conduite : désormais, Logan, Ethan, Cassandra, Astrid, Shenneah, Trevor et Tobias ne poursuivront plus que leurs propres objectifs, leurs propres intérêts. Le petit groupe, décidemment mal assorti mais indiscutablement fort soudé, décide donc de partir en quête de ces mystérieux vestiges de Ceux d’Avant : ils ont bien l’intention de garder une longueur d’avance sur toutes les organisations (officielles et officieuses) qui s’intéressent à ces ruines anciennes … et à leurs secrets. Mais il semblerait que le sort s’acharne sur nos infortunés compères : voici qu’une tempête s’abat sur leur embarcation. Logan et Trevor en sortent indemnes … mais isolés. Ne sachant si leurs compagnons s’en sont sortis, et si c’est le cas, où ils se sont échoués, les deux Rôdeurs prennent la décision de se mettre en route vers le Nord. Direction : l’un de ces fameux vestiges !

Autant le dire tout de suite : ce tome-ci m’a un peu moins convaincue que les deux précédents. Est-ce parce que je sais désormais que cet univers et celui d’Outsphere n’en forment en réalité qu’un seul, et que j’ai passé une bonne partie de ma lecture à tenter de faire le lien entre les deux, ce qui n’est pas toujours évident et avait donc tendance à me « sortir » de l’histoire ? Ou bien est-ce surtout parce que nos Rôdeurs sont soudainement séparés, et que cela fait drôlement bizarre de passer du groupe de sept héros auquel nous nous étions habitués à un simple duo ? Ou bien est-ce parce que l’intrigue de cet opus est basé sur un scénario de jeu de rôle que l’auteur a (certes brillamment) recyclé pour l’intégrer à cet univers, et qu’on ne peut s’empêcher de se dire que cette péripétie « greffée » n’apporte au final pas grand-chose à l’intrigue globale de la saga ? Il est fort probable que toutes ces raisons se sont entremêlées pour générer chez moi une certaine frustration : c’était fort sympathique (les romans de Guy-Roger Duvert le sont toujours), mais je dois bien reconnaitre que je n’ai pas trouvé ce tome à la hauteur des précédents …

Malgré tout, j’ai apprécié suivre nos deux Rôdeurs dans cette aventure : le chasseur de primes et le mercenaire forment un duo détonant, mais finalement assez équilibré. Et même si ce sont l’un comme l’autre des crapouilles finies, impossible de nier qu’on finit par s’attacher à ces deux bonhommes, ces deux compagnons d’infortune qui ne cessent de se demander ce qu’ils ont bien pu faire dans une précédente vie pour mériter tout ceci (pour cette vie-ci, vu leur profession respective, ils ne se posent pas la question). Il est vrai qu’ils vont de déveines en malchances, nos Rôdeurs : à croire qu’où qu’ils passent, quoi qu’ils fassent, si une calamité ou un complot doit s’abattre sur quelqu’un, cela sera forcément sur eux ! Et nous autres lecteurs sommes forcément tiraillés entre la compassion (« mais les pauvres, quand même, ça fait beaucoup à force ! ») et la satisfaction (« chic, une nouvelle mésaventure ! comment vont-ils se tirer de ce mauvais pas cette fois-ci ? »), parce que tout le monde le sait bien : il n’y a pas plus palpitant qu’un héros malchanceux ! Et clairement, avec les protagonistes des ouvrages de Guy-Roger Duvert, nous sommes toujours servis sur ce plan-là : c’est même un service cinq étoiles, aux petits oignons, j’ai rarement croisés des héros aussi déveinards ! Ce qui ne rend le récit que plus croustillant …

Et comme bien souvent chez Guy-Roger Duvert, nos Rôdeurs se retrouvent bien malgré eux embarqués dans les machinations de plusieurs groupuscules aux objectifs totalement opposés … Tandis qu’ils n’aspirent qu’à retrouver leurs compagnons et trouver les vestiges de Ceux d’Avant, Logan et Trevor se retrouvent sans vraiment le savoir (et surtout sans du tout le vouloir) au beau milieu d’enjeux qui les dépassent. C’est assez fascinant de les voir se débattre avec leurs objectifs propres, totalement inconscient du jeu funeste qui se joue à leurs dépens autour d’eux, complétement ignorants du fait que leur simple présence est en passe de bouleverser l’équilibre entier de toute une ville, si ce n’est d’une région, voire du pays tout entier. Il y a ce petit côté « effet papillon » que je trouve vraiment captivant à suivre, en tant que spectatrice qui ne risque absolument rien puisque je suis du bon côté du papier ! Nos héros, pourtant fermement décidés à ne plus laisser qui que ce soit dicter leurs actions et diriger leurs existences, ne peuvent jamais se libérer de l’imbroglio de toute société humaine : on a beau essayer de vivre indépendamment de tout et de tous, on reste inexorablement liés à cette grande toile qu’est l’Histoire. Pour le meilleur comme pour le pire …

En bref, vous l’aurez bien compris, même si je n’ai pas apprécié ce tome autant que les deux précédents, ce roman n’en reste pas moins un récit particulièrement palpitant, qui se dévore d’une traite, sans qu’on ne voie les pages se tourner ! Même si je suis vraiment déçue de ne pas avoir de nouvelles des autres membres du groupe, j’ai apprécié suivre les aventures (ou plutôt les mésaventures, il faut le dire) de Logan et Trevor : j’ai fini par m’attacher à eux, et même si ce sont de drôles de loustics aux professions pour le moins douteuse, j’ai passé le roman entier à trembler pour eux ! Car comme toujours, l’auteur nous offre beaucoup de rebondissements, d'actions, de mystère, de retournements de situation, de situations désespérées, de machinations, de coups du sort, de coups de théâtre : on ne s'ennuie jamais, on vit juste de formidables aventures épiques par procuration, et c'est drôlement cool ! Et comme toujours, j’ai hâte de connaitre la suite de l’histoire, en espérant retrouver Cassandra et les autres Rôdeurs, et en espérant également que la convergence avec Outsphere se fera plus « flagrante » !