samedi 9 novembre 2019

Surf Sisters - Michelle Dalton


Surf Sisters, Michelle Dalton

Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 312

Résumé : Passionnée de surf, Izzy est heureuse à Pearl Beach, sur les côtes de Floride. Son programme des vacances : se lever tôt pour aller à la rencontre des vagues, travailler chez Surf Sisters, et profiter de ses amies. C’est sans compter l’arrivée de Ben, qui semble avoir très envie de prendre des leçons de surf...
  









- Un petit extrait -

« Juste avant que la vague ne déferle, je sens qu'elle emporte ma planche et je saute sur mes pieds. Ce moment me coupe le souffle. À chaque fois. C'est magique. Tu rames de toutes tes forces et soudain, tu glisses sur la vague et tu as l'impression de t'envoler dans les airs. Tu arrêtes de réfléchir. Tu ne fais plus qu'un avec la vague et tout le reste disparaît. Si seulement les garçons étaient aussi prévisibles que les vagues alors je serais quoi faire. »

- Mon avis sur le livre -

Ce livre est une star : c’est celui que je « lisais » sur scène lors de l’ouverture du concert de la chorale, l’an passé ! Autant vous dire que la seule vision de sa couverture fait remonter pas mal de souvenirs … Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je lis en plein automne cette romance « à l’eau de mer » supposée être une lecture purement estivale : lorsque les températures commencent à chuter et que les feuilles commencent à tomber, j’aime me plonger dans des livres-doudous qui me réchauffent le cœur. Et du fait de ce petit côté « madeleine de Proust », rien que de tenir Surf Sisters dans mes mains me rend indiscutablement heureuse … Et le plus merveilleux dans cette affaire, c’est que l’histoire est tout aussi réconfortante que l’objet livre : j’ai fini ce roman avec une crampe aux zygomatiques tellement j’ai souris d’un bout à l’autre ! Je vous embarque donc à Pearl Beach pour un « été de rattrapage » riche en bonne humeur !

Tous les éléments sont réunis pour qu’Izzy passe le plus bel été de sa vie : elle peut aller surfer tous les jours, elle a le plus beau métier du monde – vendeuse dans la plus merveilleuse des boutiques de surf du monde –, et les meilleures collègues du monde – ses deux meilleures amies. Elle en est intimement persuadée : elle n’a besoin de rien d’autre pour être heureuse. Jusqu’à ce que Ben débarque sur l’île et dans sa vie : soudainement, il semblerait qu’il manque un ingrédient crucial dans la recette du bonheur d’Izzy. Le problème, c’est que le cœur de la jeune fille ne s’était jamais emballé en présence d’un garçon, et qu’elle ne sait absolument pas comment se comporter. Si seulement les garçons étaient aussi simples à comprendre que le surf ! Et si, justement, c’était l’amour des vagues qui les réunissait … ?

Je le savais parfaitement avant même d’entamer ma lecture : Surf Sisters est une romance adolescente tout ce qu’il y a de plus classique, l’abominable triangle amoureux en moins. Izzy est une jeune fille discrète et réservée qui passe plus de temps sur sa planche de surf qu’en compagnie de garçon. Je me suis tout de suite attachée à elle, à sa maladresse, à sa sensibilité. Certaines de ses réactions sont parfois assez agaçantes, mais c’est normal : ce sont les hormones qui travaillent. Car voilà, nous sommes ici en présence d’une romance dégoulinante de mièvrerie … mais c’est tellement mignon que cela ne m’a pas dérangée une seule fois, bien au contraire ! Izzy amoureuse est juste trop craquante, Ben amoureux est juste trop craquant, donc leur histoire d’amour est juste trop craquante. Je n’ai personnellement pas pu m’empêcher de soupirer d’attendrissement toutes les cinq pages : ils vont tellement bien ensemble, ces deux-là, qu’on a tout autant envie qu’eux de les voir en couple ! Alors on grommelle quand Izzy fait sa tête de mule, ou quand un obstacle quelconque vient se dresser entre eux, puis on fait la danse de la joie quand tout s’arrange, parce que ça fait du bien les histoires qui se terminent bien, parfois !

A côté de cette histoire d’amour tout simplement adorable, Surf Sisters nous invite également à suivre l’évolution d’Izzy, qui s’épanouit, qui se dévoile, qui prend confiance en elle et ose enfin prendre des risques et se jeter dans l’inconnu. Par dévouement, par amitié. Car ce livre, c’est également une merveilleuse histoire d’amitié : j’ai beaucoup aimé le trio que forment Izzy, Nicole et Sophie, si différentes mais si complémentaires, qui se connaissent depuis toujours et s’entraident tout en se taquinant. C’est aussi une histoire de famille : j’ai adoré le trio familial que forment Izzy et ses parents, l’une professeure de lettres et l’autre d’histoire, j’ai adoré leurs soirées jeux de société, leur complicité, c’est à la fois drôle et émouvant. Et puis, il y a aussi toute l’intrigue autour de la boutique où travaille Izzy et de la grande compétition de surf, la sous-intrigue des cours de surf pour les enfants du centre aéré … Bref, l’autrice nous invite à suivre Izzy pendant tout un été, de s’immerger complétement dans la vie estival de Pearl Beach, et même si je n’aime pas l’océan et le surf, j’ai pris grand plaisir à ce voyage livresque. On s’attache tout autant à cette petite ville qu’aux protagonistes de l’histoire !

En bref, vous l’aurez bien compris, ça ne sert à rien de faire beaucoup plus long : bien sûr, ce roman est loin d’être le nouveau Goncourt des lycéens, bien sûr, il n’a rien de bien extravagant ou original … Mais il remplit parfaitement son rôle de romance mignonne à souhait qui fait passer un très agréable moment de lecture ! On en ressort détendu, apaisé, un grand sourire aux lèvres, le cœur empli d’amour et de sérénité … C’est une vraie parenthèse de douceur que Michelle Dalton nous offre, un moment privilégié où toutes les tensions de notre vie quotidienne s’effacent pour laisser place à cette histoire irrésistiblement rafraichissante ! Alors si vous aussi vous avez envie et besoin d’un peu de légèreté et de mignonitude, n’hésitez pas une seule seconde à vous procurer ce petit roman vraiment feel-good ! Mais au contraire, si les histoires d’amour adolescentes sur fond de vacances d’été vous hérissent le poil, je pense que ce livre n’est pas fait pour vous … Pour ma part, je suis conquise !

mercredi 6 novembre 2019

La guerre des clans, cycle 3, tome 6 : Soleil levant - Erin Hunter


La Guerre des clans, Erin Hunter
Cycle 3, tome 6 : Soleil levant

Editeur : Pocket Jeunesse (PKJ)
Nombre de pages : 356

Résumé : Pelage de Granit a été assassiné. Tandis que la nouvelle jette le trouble dans le Clan du Tonnerre, un doute agite en secret Feuille de Houx et ses frères. Peuvent-ils être les élus dont parle la prophétie, alors qu’ils ont été adoptés et qu’ils n’appartiennent pas à la lignée du meneur ? Le Clan des Étoiles observe, impuissant, les ravages provoqués par les mensonges autour de leur naissance. La vérité doit éclater, même si elle a des conséquences dramatiques pour tout le clan...



- Un petit extrait -

« Tout est ta faute ! cracha-t-elle. Rien ne serait arrivé si tu n'avais pas laissé ce maudit secret empoisonner le Clan du Tonnerre. Ton secret a œuvré tel des asticots dans le trognon d'une pomme, gronda-t-elle encore, ses crocs tout près de l'oreille d'Etoile Bleue. Le Clan du Tonnerre est pourri de l'intérieur ... et le sang coulera encore avant que la vérité éclate. »

- Mon avis sur le livre -

Contrairement aux deux premiers cycles, que j’ai relu une bonne dizaine de fois chacun (si ce n’est plus), et que je connais par conséquent presque par cœur, je n’avais que très peu de souvenirs de la fin de ce troisième cycle : je crois bien que ce n’est que la deuxième fois que je lis Soleil levant ! Il faut dire que depuis l’ouverture du blog, il y a trois ans et demi, je prends moins le temps de relire mes séries préférées, au profit des nouveautés et des services presse … Il y a d’ailleurs certains tomes de La guerre des clans, parmi les plus récents, que je n’ai même pas encore lu, bien que je les ai tous acheté dès leur sortie ! Si cela me laisse parfois un petit arrière-gout de culpabilité – j’ai le sentiment d’avoir abandonné ces minous qui m’accompagnent fidèlement depuis mon entrée au collège –, cela me promet encore bien des surprises à venir, et j’ai vraiment hâte de découvrir ce que les Erin nous ont concocté dans les cycles suivants … Car la fin de celui-ci est mémorable !

Pelage de Granit est mort ! Tandis que le Clan du Tonnerre pleure ce valeureux et loyal guerrier tant apprécié, les Trois ne peuvent s’empêcher d’être soulagés : désormais, leur secret est bien gardé. Car le guerrier jaloux connaissait l’incroyable vérité : Feuille de Houx, Pelage de Lion et Œil de Geai ne sont pas les enfants de Poil d’Ecureuil et Griffe de Ronce ! Mais qui a donc bien pu assassiner Pelage de Granit et protéger ainsi le secret de leurs origines ? Serait-ce le mystérieux Sol, qui semble en savoir bien plus que le Clan des Etoiles lui-même, comme le pensent la majorité des guerriers du Clan ? Ou bien serait-ce, comme le craint Etoile de Feu, un des leurs ? Alors que le Clan se déchaine pour retrouver le meurtrier, les trois jeunes chats se retrouvent confrontés à un terrible questionnement : peuvent-ils être les élus de la prophétie alors qu’ils ne sont pas du sang d’Etoile du Feu ? 

Des morts, il y en a déjà eu pas mal dans cette saga – d’ailleurs, je trouve ça assez incroyable pour une saga estampillée « jeunesse » –, mais un meurtre de sang-froid comme celui de Pelage de Granit, c’est inédit. D’autant plus qu’on savait pertinemment bien que, par jalousie et par vengeance, celui-ci s’apprêtait à dévoiler un secret qui allait détruire des vies, si ce n’est le Clan. Tout comme Pelage de Lion, Feuille de Houx et Œil de Geai, on ne peut pas s’empêcher d’être honteusement soulagés : ce n’est pas ce soir que la vérité éclatera au grand jour. Mais comme le dit Croc Jaune dans le prologue, « les secrets ne peuvent rester enfouis éternellement » : au fil des pages, ce secret sème son poison dans le cœur et l’esprit de nos trois jeunes chats, la rancœur et l’incertitude grandissent jusqu’à asphyxier toute raison, tout pardon. Il y a une sorte de descente aux enfers dans ce tome, on voit Feuille de Houx, Œil de Geai et Pelage de Lion se décomposer progressivement, et perdre patte. C’est effrayant, on sent qu’un drame se prépare et on sait que rien ne pourra l’empêcher. Le destin est en marche, et il semblerait que ça ne soit pas celui que les « élus » pensaient …

A côté de cela, il faut admettre que c’est plutôt calme aux alentours du lac. Trop calme, peut-être : on le sent, c’est le calme avant la tempête. Beaucoup l’ont fait remarquer, la plupart avec colère : ce tome sert véritablement de transition entre ce cycle et le suivant, il est là pour boucler l’intrigue « le secret des origines d’Œil de Geai, Pelage de Lion et Feuille de Houx » pour ouvrir la porte à la réalisation de la prophétie des étoiles. Contrairement à ceux qui estiment que les Erin auraient du tout regroupé en un seul cycle, pour éviter les « longueurs », je considère personnellement que c’est justement tout le charme de ce troisième cycle, et de ce tome en particulier : on est dans l’attente, dans le doute. On sent que la saga prend un nouveau tournant, qu’il ne s’agit plus uniquement des sempiternelles luttes de territoires qui commencent à tourner en rond, mais qu’on s’aventure vers quelque chose de plus psychologique, de plus réflexif. Et personnellement, j’aime beaucoup : même si c’est déchirant, j’ai beaucoup aimé suivre Feuille de Houx dans ce tome, car son désespoir grandissant face à cette révélation terrible nous invite à réfléchir sur les conséquences des secrets, y compris et surtout de ceux que l’on perpétue pour « protéger » quelqu’un. Comme si en enfouissant la réalité, celle-ci cessait d’exister ...

Mais il ne faut pas croire que « rien ne se passe » dans ce tome, comme aime pourtant le dire certains lecteurs : il se passe en réalité plein de choses ! Alors certes, il ne s’agit plus de grandes bagarres entre les Clans, mais les tensions sont belles et bien présentes. Et la tension, elle, ne fait qu’augmenter au fil des chapitres, elle enfle jusqu’à prendre toute la place et exploser à la fin du tome. C’est assurément le tome le plus captivant de ce cycle : impossible de le lâcher, on a besoin et envie de savoir la suite ! Et cela d’autant plus qu’à travers les lignes, une « nouvelle » menace se dévoile : on le sent, même mort, Etoile du Tigre n’a pas dit son dernier mot, et, hantant la Forêt Sombre, il fomente encore sa vengeance contre son éternel rival Etoile de Feu et contre tous ceux qui se sont dressé devant son chemin vers le pouvoir absolu. Quand on sait que le Clan des Etoiles prend de plus en plus de place, on se doute que quelque chose de grandiose se trame de ce côté-là. Heureusement, quelques touches de légèreté nous attendent au détour d’une page : l’arrivée triomphale d’Isidore, de son sale caractère et de ses sarcasmes, au sein du Clan du Tonnerre est une véritable bouffée d’air frais, et après le terrible drame final, nous quittons nos chats avec une touche d’espoir … et l’envie irrésistible de connaitre la suite !

En bref, vous l’aurez bien compris, à mes yeux, cet opus clôt magistralement ce troisième cycle, et je me suis vraiment régalée lors de ma lecture ! Contrairement à certains qui trouvent que les changements de personnalité sont trop brusques et artificielles, je trouve au contraire que tout cela a été mené d’une main de maitre, et c’est avec désarroi mais résignation que l’on voit un personnage qu’on adore sombrer progressivement, noyé sous le poids d’une révélation trop difficile à admettre et assumer. C’était presque évident que ça allait finir en catastrophe : comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que les Erin n’épargnent ni leurs personnages ni leurs lecteurs ? Et surtout, comment pouvait-il en être autrement quand on sait qu’elles ne font finalement que « traduire » chez ces chats les grandes tragédies de notre monde ? Bien que « toute vérité ne soit pas bonne à dire », la vérité ne peut et ne doit pas être masquée éternellement, car les secrets peuvent tuer, en particulier quand ils sont enfouis aussi longtemps … En clair, je suis toujours aussi amoureuse de cette saga, et j’ai vraiment aimé ce volume !

dimanche 3 novembre 2019

Top 5 : Ces choses qui me caractérisent en tant que lectrice


- Top 5 : Ces choses qui me caractérisent en tant que lectrice -

C’est le retour des tops ! Et cela grâce à Mange-Nuages qui a mis en place un petit challenge/jeu que je vous invite à retrouver sur Livraddict ! Un thème par semaine, rien de plus simple, d’autant plus que j’ai décidé de faire ceci sous forme de mini-article pour ne pas me surcharger … C’est donc l’heure de répondre au thème de la semaine que voici :

Ces choses qui me caractérisent en tant que lectrice

Si nous aimons tous lire, nous ne le faisons pas de la même manière. Qu'il s'agisse de lire dans un silence absolu ou en voiture, de manger en même temps ou pas, de souligner des passages au crayon, on a tous des marottes, des habitudes et des préférences qui ne font pas toujours l'unanimité. C'est le moment de nous faire découvrir quelle lectrice vous êtes !


Et voici donc mon petit top 5 :

Je déteste commencer une saga si je n’ai pas tous les tomes dans ma bibliothèque
J’aime lire les sagas d’une traite, sans interruption, qu’elles soient courtes ou longues. Du coup, j’ai tendance à ne jamais me lancer dans une saga si je ne possède pas tous les tomes. C’est également pour cette raison que je déteste commencer une saga dont tous les tomes ne sont pas sortis : je suis obligée de lire tome par tome et je déteste ça !

Je suis une grande adepte de la relecture
J’aime relire mes livres et sagas doudous très régulièrement. Ma PAL est d’ailleurs constituée en grande partie de romans déjà lus il y a une bonne dizaine (si ce n’est plus) d’années que j’ai envie de redécouvrir à nouveau. J’aime me replonger dans des histoires qui m’ont fait vibrer, rire ou pleurer !

Mes livres, ce sont mes anti-stress
Quoi que je fasse, j’ai toujours un livre posé sur mes genoux : le poids du livre m’apaise énormément. De plus, et c’est la seule « maltraitance livresque » que je m’autorise, j’aime beaucoup « jouer » avec le coin du livre, faire défiler toutes les pages contre mon doigt, c’est l’anti-stress le plus efficace que j’ai trouvé !

Je ne prête (presque) jamais mes livres
Je le reconnais : je suis un peu « rigide » en ce qui concerne mes livres. Comme je veux pouvoir les relire, je tiens à ce qu’ils restent en bon état ! Du coup, il n’y a plus que ma maman à qui je prête régulièrement mes livres. Je les prête sous conditions à mon petit frère : il peut les lire uniquement s’il promet d’être soigneux !

Je ne lis qu’un livre à la fois
Hors de question de mélanger plusieurs histoires (petite exception pour les livres en anglais, le changement de langue m’aide à bien dissocier les deux intrigues) ! C’est également pour cela que j’attends toujours d’avoir écrit ma chronique avant d’entamer une nouvelle lecture : pour éviter de « parasiter » mon avis avec des impressions d’un autre livre.

samedi 2 novembre 2019

Collège en quarantaine - Sylvie Baud-Stef


Collège en quarantaine, Sylvie Baud-Stef

Editeur : Ex Aequo
Nombre de pages : 44
Résumé : Mystérieux virus ou maladie inconnue? Deux cents élèves et leurs professeurs se retrouvent enfermés au collège jusqu'à nouvel ordre: cette fois, la réalité ressemble à un film de science-fiction, et ce n'est plus si drôle! Polin et ses meilleurs copains ne veulent pas se laisser abattre par les événements. C'est peut-être l'occasion de vivre de vraies aventures et de devenir pour un temps des super-héros!

Un grand merci  aux éditions Ex Aequo pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Un de vos camarades est tombé gravement malade aujourd’hui. Vous avez probablement vu les secours arriver tout à l’heure. Les médecins ne savent pas exactement ce que c’est, mais craignent que cela soit contagieux. Nous venons d’être prévenus que tant que les résultats de toutes les analyses n’ont pas été donnés le collège est mis sous quarantaine. »

- Mon avis sur le livre -

Il parait qu’à l’approche d’Halloween, il faut se plonger dans des films et des romans qui font peur … La vérité, c’est que je suis bien trop froussarde pour cela ! Du coup, je me suis contentée de ce petit roman jeunesse, qui met en scène une de mes plus grandes peurs d’enfant : rester enfermée dans un établissement scolaire pendant la nuit. Cela peut paraitre idiot, mais depuis que je suis toute petite, cette crainte me hantait au point que je me ruais hors de l’école ou du collège à la fin de la journée, pour être certaine que le portail n’allait pas se refermer avant mon départ ! Autant vous dire que les répétitions générales de la comédie musicale, qui avaient lieu le mercredi après-midi, donc quand l’établissement était fermé, me donnaient des sueurs froides … Même si je ne pouvais pas m’empêcher de fureter dans les couleurs anormalement calmes, pour me faire un peu peur, avant de courir rejoindre la salle de musique ! Bref, j’espérais trembler un peu en lisant ce court récit …

Car voilà la terrible nouvelle qui s’abat sur les épaules de Polin, Nicko et Kento : à cause d’un mystérieux virus, visiblement dangereux et hautement contagieux, les deux-cents élèves du collège et leurs enseignants doivent y rester confinés jusqu’à nouvel ordre. Tandis que la plupart paniquent – être rebelles et indépendants vis-à-vis des parents, c’est faisable quand tout va bien, mais il faut bien reconnaitre que dans ce genre de situation, on préfère être en sécurité dans sa maison avec sa famille –, certains décident de prendre les choses en main … Les caïds du coin qui menacent de mettre sens dessus-dessous le foyer des élèves en terrorisant tout le monde ? Nos trois jeunes « super-héros en herbe » vont s’en charger ! Un élève qui a disparu et n’a donc pas été vacciné comme tous les autres ? Vite, allons le chercher ! C’est peut-être dans les moments les plus effrayants que le courage se dévoile …

L’idée de départ était donc vraiment sympathique : un huis-clos scolaire sur fond de mystère, avec de simples collégiens qui se découvrent l’âme de super-héros … c’était prometteur ! Malheureusement, je ressors un peu déçue de ma lecture. Je suis restée sur ma faim : à peine la quarantaine est-elle décrétée qu’elle est déjà terminée … et les « aventures » de nos trois protagonistes sont loin d’être aussi effrayantes et palpitantes qu’on pouvait l’espérer. L’autrice survole plus qu’elle ne raconte, et c’est bien dommage … Je n’ai pas eu le temps de m’attacher aux trois personnages (d’ailleurs, j’ai été obligé de recopier leurs prénoms du résumé, je n’ai même pas été capable de m’en souvenir tant le récit est bref), et je n’ai pas eu le temps de me plonger dans le récit que celui-ci était déjà terminé … Je n’ai pas eu le temps de trembler, de m’interroger, et encore moins de me réjouir quand nos trois collégiens « triomphaient de l’adversité ». C’est rapide, bien trop rapide.

On va me dire : c’est normal, c’est de la jeunesse. Oui et non. J’ai tendance à penser que ce roman s’adresse à des lecteurs qui ont à peu près l’âge des protagonistes, c’est-à-dire à de jeunes collégiens. Et même si je reconnais que nos jeunes lisent de moins en moins, et de moins en moins « bien », je reste tout de même convaincue que ce livre est bien trop court, bien trop simpliste, pour ce public-cible. Et cela d’autant plus que je suis d’avis qu’il faudrait les tirer vers le haut plutôt que de leur proposer le strict minimum. Quarante pages, c’est trop peu : ce récit aurait mérité à faire le double ! Et là, il ne fait aucun doute que l’idée de départ aurait pu être exploitée comme il faut. Car il y avait du potentiel pour offrir aux jeunes lecteurs un récit palpitant, un petit peu « flippant », avec de beaux messages d’entraide et de solidarité ! Seulement, en voulant faire simple pour ne pas perdre le lecteur, l’autrice a fait un peu trop simple : c’est plat, c’est bref, on n’a pas le temps d’être en empathie avec les personnages ! Alors que ça aurait été sympa que le lecteur ait le temps de se questionner : et moi, dans ce genre de situation, je ferai quoi ?

En bref, vous l’aurez bien compris, si j’ai été séduite par l’idée de base, je suis un peu déçue de l’histoire en elle-même. Des péripéties trop survolée, un dénouement trop rapide, je reste vraiment sur ma faim, et je pense que je ne serai pas la seule ! C’est vraiment dommage car l’histoire avait du potentiel : beaucoup de jeunes lecteurs rêvent d’être des super-héros, et ça aurait très sympa de leur montrer qu’il suffit finalement de peu pour être des super-héros du quotidien, qu’il suffit de tendre la main pour aider ceux qui en ont besoin, qu’il suffit de donner un peu de soi-même. Mais là, ils n’auront pas le temps de comprendre ce message, car l’histoire s’achève à peine commencée … Par contre, j’ai beaucoup aimé toutes les références aux loisirs et préoccupations actuelles des adolescents : c’est vraiment ancré dans l’actualité culturelle du moment, et c’est fort bienvenu, puisque les jeunes seront « rassurés » de croiser dans un roman les séries et jeux vidéo de leur quotidien !