jeudi 21 juin 2018

Challenge de l'été 2018


Challenge de l’été 2018

Comme chaque année, Saefiel du blog « Les petits mots de Saefiel » organise le traditionnel Challenge de l’été, auquel je participe pour la troisième année consécutive ! Pour vous inscrire, direction le topic approprié sur Livraddict ou le groupe Facebook prévu à cet effet. 


Les règles du challenge sont très simples :
- Le challenge commence officiellement le 21 Juin et se termine le 23 septembre (jour de l’équinoxe d’automne).
- Chacun fait une liste des livres qu’il veut lire cet été sans limite de nombre, les BD sont acceptées, n’oubliez pas que c’est avant tout votre challenge !
- On peut s’ajouter des défis personnels comme lire un titre en VO ou finir les séries en cours.
- Vous pouvez modifier votre liste à loisir durant la période du challenge, l’agrandir, la rétrécir. Tout est permis !
- Si possible (et si vous le souhaitez) partagez votre avancement dans le groupe Facebook ou sur Livraddict.
- Le fait d’avoir un blog et/ou de poster des chroniques n’est pas obligatoire. Quiconque est intéressé peut participer.

Les mini-challenges :
Saefiel nous propose une liste de mini-challenges à réaliser afin de gagner un trophée supplémentaire si on parvient à en remplir au moins trois :
- Lire un livre de plus de 1000 pages
- Lire une antiquité de la PAL (dans la PAL depuis un an ou plus)
- Lire un livre dans une langue étrangère
- Finir une série
- Faire une lecture commune avec un autre membre OU participer à la lecture commune de l’été

Selon le nombre de lectures réalisées, il est possible de gagner des jolies médailles :
- 10 livres lus : Trophée des orteils en éventail
- 20 livres lus : Trophée du surfeur livresque
- 30 livres lus et plus : Trophée de la tong en or
- 40 livres lus et plus : Trophée de la sirène de diamant
- 3 challenges remplis ou plus : Trophée du challenger des sables

- Mon avancement -

01. …

mercredi 20 juin 2018

Glitter, tome 1 - Aprilynne Pike


Glitter1, Aprilynne Pike

Editeur : Dreamland
Nombre de pages : 365
Résumé : Au 22e siècle, le château de Versailles a été racheté par une multinationale et il est désormais habité par une Cour vivant dans la frivolité et le luxe comme au 18e siècle. Malgré le confort et l'extravagance de la Cour, la jeune Danica rêve de fuir cette prison dorée et cette vie. D’autant qu’à ses 18 ans, dans 6 mois, elle devra se marier avec l’effrayant souverain de Versailles, qu’elle le veuille ou non. Sa porte de sortie ? Trouver assez d’argent pour franchir les grilles de Versailles et rejoindre le monde réel. Elle commence alors à vendre clandestinement du « Glitter », cette drogue tellement puissante qu’une simple pincée provoque une totale addiction. Mais à la Cour, les secrets sont, comme autrefois, impossibles à garder bien longtemps…

Un grand merci aux éditions Dreamland pour l’envoi de ce volume.

- Un petit extrait -

« Hélas, je me trouve rarement dans la catégorie de ceux qu’on ignore. Une lady, jeune, inconnue, devenue fiancée du roi du jour au lendemain, et qui s’est élevée bien au-dessus de son rang sans explication d’aucune sorte : du scandale, de la perversion, et du mystère emballés dans du satin. Des « Votre Grâce » s’élèvent tandis que les révérences forment une ondulation à travers la salle, comme si j’étais un galet offensant la surface d’un étang immobile. On s’adresse à moi en disant « Votre Grâce », pourtant, je ne suis pas duchesse. Depuis mes fiançailles avec le roi, les citoyens de Versailles-Sonoma m’ont accordé ce titre honorifique pour cacher le fait que, de naissance, je ne suis personne. »

- Mon avis sur le livre -

Une couverture sobre mais très jolie, un titre très intriguant par sa brièveté, une phrase d’accroche qui promet un compte à rebours assez angoissant … il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cet ouvrage ! Et une fois que j’ai lu le résumé, le doute n’était plus permis : je ne pouvais pas résister à l’appel de ce roman. D’autant plus que j’étais persuadée d’être en présence d’un tome unique, et que cela promettait une histoire palpitante, riche en rebondissements, puisque l’intrigue sera résolue en un peu plus de trois-cent pages seulement … Pauvre de moi ! C’est un premier tome, et la fin est tout simplement atroce, cruelle, cela devrait être interdit de laisser ses lecteurs face à une fin aussi frustrante, ou sinon il faut sortir la suite immédiatement après pour leur éviter de mourir d’impatience ! Je ne suis plus que tristesse de savoir qu’il va me falloir patienter probablement fort longtemps avant de connaitre enfin le fin mot de l’histoire ...

Danica l’a toujours su, depuis son plus jeune âge : aux yeux de sa mère, elle n’a jamais été qu’un outil. Sa beauté et son élégance, façonnées à grand renfort de chirurgie esthétique et de cours privés, ne sont que des instruments au service de l’ambition démesurée de cette femme qui, depuis leur entrée inattendue à la cours de Versailles-Sonoma, fait tout son possible pour obtenir prestige et pouvoir grâce à sa fille. Mais Danica n’aurait jamais cru que sa génitrice la livrerait ainsi en pâture à un assassin … Fiancée contre son gré au jeune et instable roi de Versailles, PDG de l’entreprise Sonoma, l’adolescente entend bien fuir cette prison dorée qui pourrait très bien devenir son tombeau. Mais comment s’échapper quand on n’a connu que le luxe et la frivolité ? Comment payer l’homme qui se propose de la faire s’évader quand le système monétaire de la Cour n’est pas celui du reste de la France ? Comment vendre des produits illicites quand une intelligence artificielle surveille vos moindres faits et gestes ? Et surtout … comment évaluer le prix de sa liberté ? 

Véritable page-turner, ce roman vous happe du début à la fin et vous entraine dans une course contre la montre incroyablement haletante. Danica n’a que six mois pour récolter les cinq millions d’euros qui lui permettront d’acheter sa liberté et sa sécurité, six mois pour échapper au mariage forcé qui plane au-dessus de son existence … Et pour cela, Danica est prête à tout. Même à droguer à leur insu tous les habitants du château. Et cela sous le nez de M.A.R.I.E., l’intelligence artificielle qui gère la logistique du domaine … et qui surveille ses locataires. Car on le comprend rapidement, Versailles-Sonoma est une prison dorée pour cette néo-noblesse d’actionnaires. Et il l’est encore plus pour Danica, fiancée à un homme qu’elle sait être un meurtrier. Ce livre, il se dévore d’une traite, parce qu’on a terriblement envie et besoin de savoir si notre jeune héroïne va s’en sortir, parce que plus les chapitres défilent plus on sent se profiler de terribles drames, parce que la tension monte progressivement et qu’on attend le grand dénouement, l’apothéose finale …

Mais ce livre est bien plus qu’un simple page-turner. Ce livre, il est bien plus profond que l’on ne peut le penser au premier abord. Danica est un personnage incroyablement complexe, tiraillée entre son désir viscéral de fuir cette existence et sa conscience, entre son égoïsme et sa culpabilité. Quel est le prix de la liberté ? Voilà la question qui s’impose à Danica. Danica qui est loin d’être un modèle de vertu et de moralité, mais qui est loin également d’être sans cœur et insensible … Danica, elle est humaine : elle pense à elle, mais elle n’est pas cruelle pour autant ; elle voudrait le beurre et l’argent du beurre, la liberté et la tranquillité de conscience, mais elle sait bien qu’elle doit sacrifier la seconde pour obtenir la première. Et ça fait mal. On finit par s’attacher à Danica, même si on n’est pas d’accord avec ses choix, et on souffre avec elle. Parce que finalement, Danica, c’est surtout une pauvre adolescente qui s’est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment, et qui a la malchance d’avoir une mère trop opportuniste pour penser réellement au bonheur de sa fille. Danica, ce n’est pas une héroïne, c’est juste une victime qui tente désespérément de  reprendre le contrôle de sa vie … à tout prix.

En bref, un roman qui a su me surprendre et me captiver, même si je reste atrocement frustrée par cette fin qui n’en est pas une … à quand la suite ? Un contexte intéressant et innovant - la France obligée de vendre le château de Versailles à une grande société pour payer ses dettes, mais obligeant cette société à reconstituer une société digne de la Cour du 18ème dans ce château -, des machinations politico-économiques, une pointe de romance, beaucoup de drames et de coups de théâtre … Ce livre est rempli de très bonnes choses ! Ajoutez à cela une plume très agréable, très fluide, très belle, et vous comprendrez que j’ai tout simplement adoré ce livre ! Sur la quatrième de couverture, on trouve une citation de Mélissa de la Cruz : « Fantastique, futuriste et imprévisible » … et bien je suis parfaitement d’accord avec elle ! Ce livre a vraiment dépassé toutes mes attentes, et je remercie autant l’auteur que l’éditeur pour cette belle surprise, j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture !

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)

samedi 16 juin 2018

Le passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant - Mel Andoryss


Le Passageur1, Mel Andoryss
Le coq et l’enfant

Editeur : Lynks
Nombre de pages : 283
Résumé : Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu'à ce qu'elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c'est qu'il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s'en libérer, Matéo n'a d'autre choix que de rejoindre l'âme dans son époque d'origine afin d'y apaiser sa mort. Mais alors qu'il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile...


Un grand merci aux éditions Lynks pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d’âmes que l’on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l’atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l’extérieur de nous. La Dévoreuse est à deux pas de moi, et cette fois-ci, je la vois. »

- Mon avis sur le livre -

J’ai toujours été fascinée par l’objet-livre. Lorsque j’étais toute petite déjà, avant même de savoir lire, parait-il, j’emmenais un livre avec moi dans mon lit pour faire la sieste. Je pouvais passer des heures à tourner les pages d’un dictionnaire pour le simple plaisir de sentir le grain du papier sous mes doigts, de sentir l’odeur de l’encre voler autour de moi. Je n’ai pas changé. Aujourd’hui encore, je passe la majeure partie de mon temps avec un livre sur les genoux, même lorsque je ne lis pas, parce que j’aime faire défiler sous mes doigts les pages, parce que j’aime passer ma main sur la couverture … Je pense que Le Passageur va devenir mon compagnon préféré : j’adore la texture de cette couverture cartonnée, j’adore la dorure du titre qui danse en fonction de la lumière … Et que dire de cette illustration, certes un peu effrayante, mais vraiment jolie et qui reflète à merveille l’ambiance qui règne dans le récit ? Ce livre est tout simplement magnifique, je pense bien lui trouver une place de choix dans la future bibliothèque !

Matéo a seize ans. Exclu par ses camarades de classe parce qu’il appartient à la communauté Sintis, rejeté par les siens car sa famille s’est sédentarisée, haï par son père qui le tient pour responsable de la mort de sa sœur et de sa mère, le jeune homme peine à trouver sa place dans ce monde. Et comme s’il n’avait pas assez de soucis comme cela, voici qu’il hérite du don - ou plutôt de la malédiction - de sa mère : le voici devenu Passageur, chargé d’apaiser les âmes dévoreuses afin qu’elles acceptent enfin de quitter cette terre … Le soucis, c’est qu’il ne sait pas comment il est censé s’y prendre, et que personne ne semble pouvoir l’aider … Hormis peut-être ce fantôme qui l’accompagne sans cesse, cette petite fille qui le guide et l’exhorte à accepter le pouvoir qui est désormais le sien, contre toutes attentes. Propulsé dans le passé, au temps de la Commune, tandis que Paris se dresse contre Paris, que les flammes dévorent la ville et que les cadavres s’empilent dans les rues, Matéo va faire tout son possible pour aider une âme qui pleure à trouver le repos.

Ce roman, c’est avant tout l’histoire d’un adolescent rongé par la culpabilité, une culpabilité que son père s’acharne à raviver jour après jour, semaine après semaine, en lui crachant sans cesse à la figure qu’il aurait dû mourir avec sa sœur et sa mère, voire même à leur place, lui qui a amené la maladie dans la famille. C’est un adolescent qui subit également la haine de ses camarades de classe, de ses professeurs, de la société toute entière, à cause de ses origines. Parfois ignoré, souvent insulté, régulièrement harcelé, Matéo est victime des préjugés et des aprioris. On s’attache facilement à ce jeune homme sensible, qui n’a pas eu une vie bien facile et qui se retrouve soudainement investi d’un rôle aussi important qu’effrayant : guider les âmes affamées à trouver le repos … sans perdre la raison au passage. Et sans être soutenu par les siens, qui le considèrent comme un menteur : seules les femmes sont Passageuses. Seuls son frère ainé et sa sœur cadette le croient, mais que peuvent-ils faire pour lui ? Lorsqu’il se retrouve propulsé en pleine période insurrectionnelle dans un Paris à feu et à sang, il est seul … 

Ce roman, c’est un véritablement page-turner. L’auteur écrit magnifiquement bien, on entre dans le récit sans vraiment s’en rendre compte, on se laisse entrainer par cette narration si vivante, on se laisse porter par cette plume si délicate et poétique … On ressort de ce livre comme on ressort d’un rêve, sans savoir si ce qu’on vient de vivre par procuration est vrai ou non. Pour Matéo comme pour sa famille, cela ne fait aucun doute : les fantômes existent, et il faut les guider pour qu’ils acceptent de quitter véritablement ce monde. C’est une évidence, et le lecteur finit par intégrer cette évidence et oublier qu’il s’agit d’une simple fiction. Et c’est toute la force de ce récit : embarquer le lecteur dans cette réalité parallèle que l’auteur a inventé. Plus encore, l’auteur a réussi le tour de force de faire ceci très simplement, très sobrement, sans s’encombrer d’explications interminables : la belle place est donnée à l’intrigue, et non aux longs exposés. 

Et quelle intrigue, saperlipopette, quelle intrigue ! Pleine d’action et de tension, oui, mais également pleine d’émotion : et c’est ce bel équilibre qui rend ce livre si extraordinaire. Matéo ne chasse pas les fantômes. Matéo les aide, les apaise. Et pour cela, il doit d’abord accepter ce qu’il est, son passé, son avenir … c’est un livre bien plus profond qu’il n’en a l’air, car il évoque finalement à demi-mots les grands questionnements de l’adolescence sur le sens de la vie, sur la difficulté à faire face à son identité profonde, sur les relations familiales qui peuvent être aussi bénéfiques que toxiques … Les âmes que Matéo doit aider ne parviennent pas à accepter qu’elles sont mortes car elles ont le sentiment de ne pas avoir terminé ce qu’elles devaient faire. Matéo, lui, n’arrive pas à accepter qu’il a survécu là où sa mère et sa sœur sont mortes … Il va lui falloir se débarrasser du poids de la culpabilité s’il veut accomplir sa tâche de Passageur. Tâche bien périlleuse, d’autant plus lorsque sa course contre la montre l’oblige à voyager dans le temps et qu’il se retrouve propulsé dans un Paris en pleine guerre civile ! On a peur pour Matéo, du coup on dévore chapitre après chapitre en croisant les doigts pour qu’il s’en sorte … Et quand on tourne la dernière page, on souffle de soulagement, puis on commence à trépigner d’impatience en attendant la suite …

En bref, vous l’aurez bien compris, c’est un vrai coup de cœur pour ce premier tome ! Je suis vraiment tombée amoureuse de ce livre à l’ambiance si particulière, à la narration si riche et si belle … C’est un livre particulièrement bouleversant, un livre qui évoque avec douceur tellement de thématiques difficiles, un livre qui cache tellement de beaux messages. Et à côté, c’est un livre tellement palpitant, avec une intrigue au rythme effréné, un compte un rebours à l’issue effrayante. Et voilà que l’auteur décide de situer le voyage dans le temps de Matéo dans une époque très intéressante mais finalement fort méconnue de l’histoire française, mais c’est tout simplement merveilleux, cela ! Mon seul regret, finalement, c’est que la suite ne soit pas encore sortie : même si l’histoire se suffit amplement à elle-même, j’ai vraiment envie de retrouver Matéo, je me suis vraiment attachée à lui et à sa petite famille ! Que j’ai hâte d’avoir le tome deux sous la main, que j’ai hâte !

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)

mercredi 13 juin 2018

Le secret de Lomé, tome 1 - Alexiane de Lys


Le secret de Lomé1, Alexiane de Lys

Editeur : Michel Lafon
Nombre de pages : 380

Résumé : Lomé mène une vie parfaite, jusqu’au jour où, lors d’une excursion, elle tombe au fond d’une grotte et resurgit dans une contrée inhospitalière et terriblement dangereuse. Dans ce monde peuplé de créatures extraordinaires, la jeune fille, qui a toujours obtenu ce qu’elle voulait, découvre une civilisation organisée en castes et se retrouve assimilée à celle des esclaves. Pour survivre et espérer rentrer chez elle, Lomé devra faire preuve d’une grande force de caractère et se battre. Heureusement elle pourra compter sur le soutien d’alliés inattendus … 


Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce volume et à la plateforme Livraddict pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Le poète Jacques Prévert a dit : "J'ai reconnu mon bonheur au bruit qu'il a fait en partant." Moi, j'ai simplement reconnu la garce que j'étais quand je n'ai plus eu d'emprise sur mon petit royaume. Et ça fait mal. »

- Mon avis sur le livre -

La professeur documentaliste de mon collège m’a un jour demandé comment diable étais-je tombée dans le monde de la fantasy (elle était un peu réfractaire au genre et désespérais donc de me voir dévaliser ces étagères au détriment des ouvrages contemporains). Ma réponse ? « Parce que les couvertures étaient jolies » … Je vous rassure, désormais, je ne choisis plus mes lectures sur ce seul critère, mais il n’empêche que je suis souvent pleine d’admiration devant ces magnifiques illustrations de couverture … Et ce livre ne fait pas exception : je ne me lasse pas de la regarder ! Très mystérieuse, pleine de petits détails minutieux … Elle donne envie de se plonger dans une histoire qui promet d’être palpitante et pleine de mystères … Le roman fait-il honneur à cette merveilleuse première de couverture ?

Lorsqu’on la voit parader au lycée, on se dit que Lomé a une vie parfaite : un petit copain beau et sportif, un père richissime et des amis qu’elle connait depuis la maternelle. Mais Lomé sait très bien que sa popularité ne tient qu’à un fil : le jour où une fille plus belle et plus riche qu’elle se pointera, tous ses admirateurs la laisseront tombé comme une vieille chaussette, et elle sera seule avec sa culpabilité refoulée, celle d’avoir tuée sa mère en naissant. Aussi, lorsqu’elle disparait brusquement au cours d’une sortie scolaire pour réapparaitre dans un monde parallèle et hostile, elle sait qu’elle ne manquera sans doute à personne … Elle va toutefois faire tout son possible pour rentrer chez elle et quitter cette planète où les humains sont réduits à l’esclavage par une autre race … C’était sans compter sa rencontre avec le prince de ce monde.

J’ai eu énormément de mal à rentrer dans cette histoire. A cause de Lomé. Je ne supporte pas Lomé. Superficielle, hautaine, pleurnicharde … Tout ce que je ne supporte pas, et comme la narration était à la première personne, j’étais contrainte de supporter ses jérémiades en permanence. Réfléchir avant d’agir est apparemment un concept qui lui est inconnu, tout comme celui de faire profil bas d’ailleurs. Ajoutez un cela un début atrocement classique et cliché et vous comprendrez que j’étais prête à pleurer de frustration : comment un prologue aussi bien mené pouvait-il être suivi par de tels chapitres creux et insipides ? J’avais le sentiment d’être tombée sur une parodie de fantasy, qui reprend tous les lieux communs et autres stéréotypes 100 000 fois vus et revus sans rien ajouter de nouveau. Fort heureusement pour moi - et pour tous ceux qui se lancent dans la lecture de ce roman -, les choses s’améliorent progressivement : soyez patients ! 

Pour tout dire, j’étais tellement plongée dans l’histoire que j’ai dévoré le roman en une seule matinée. En effet, un fois que Lomé n’est plus en train de tourner en rond dans la forêt en alternant désespoir profond et colère intense, une fois que l’action est enfin véritablement … et bien commence un vrai maelstrom de rebondissements. A chaque fois que l’on se dit que ça y est, notre pauvre Lomé - à qui on s’attache petit à petit au fur et à mesure que son caractère s’améliore - est enfin sortie d’affaire, et bien rebelote, elle tombe de nouveau dans une situation inextricable ! Et chaque mésaventure est plus périlleuse encore que la précédente, elle passe à deux doigts de la mort bien des fois au cours de ces quatre-cent pages … Et donc, on tourne les pages à toute vitesse, pour savoir comment elle va réussir à survivre - parce qu’on sait très bien qu’elle va survivre, même si on se demande parfois comment. On a le cœur qui s’emballe, les yeux qui s’écarquillent … et lorsque le vent tourne et qu’on la sait sauvée - pour un temps -, on souffle un bon coup de soulagement !

Au final, ce que je retiens de ce livre, c’est ceci : c’est une histoire prévisible mais drôlement sympathique. Sans même s’en rendre vraiment compte, l’ennui qu’on peut ressentir au départ face à une entrée en matière classique et un peu longuette se transforme progressivement en besoin impérieux de lire chapitre après chapitre sans s’arrêter. Parce que c’est une intrigue efficace, alternance parfaite entre moments de tension intenses et périodes de calme avant une nouvelle tempête. Parce qu’il y a une très jolie histoire d’amour mignonne à souhait qui fait soupirer de bonheur, et une belle histoire d’amitié et de loyauté également. Parce que derrière cette histoire en apparence légère et simple se cache tout de même de profonds messages, avec notre Lomé qui évolue et se rend compte de l’absurdité de son attitude passée, lorsqu’elle ne se concentrait que sur son petit nombril et sa notoriété sans penser aux choses importantes. Parce que c’est un roman qu’on dévore sans se prendre la tête, on se laisse porter, tout simplement. Et quand on arrive à la fin, on regrette vraiment de ne pas avoir la suite sous la main : on veut savoir ce qu’il va arriver ! Et on veut retrouver Lomé et ses compagnons, aussi, parce qu’ils sont attachants malgré tout, même s’ils sont un peu stéréotypés par moment. Donc voilà, un début laborieux pour une lecture finalement bien agréable, même si ce n’est pas un coup de cœur !

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)