dimanche 18 novembre 2018

Un pays celtique, tome 1 : Le grand hiver - Delenn Harper


Un pays celtique1, Delenn Harper
Le Grand Hiver

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 160
Résumé : Et si les Celtes n’avaient pas perdu contre les Romain ? Notre Histoire moderne en serait complètement changée ... Par voie de conséquence notre Europe aussi ... C’est dans cette autre Europe que Lania, étudiante, va voyager en Eurostar entre un Paris très mondain et une Britonnia très naturelle, où cette nation celtique vit en toute indépendance dans une Union Européenne actuelle.

Un grand merci à Delenn Harper pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« J’avais remarqué que la difficulté apparaissait toujours lorsque nous luttions devant le changement. Mais si nous ne voulons pas que les choses changent, que tout reste comme avant, nous refusons l’évolution et le développement de ceux qui nous entourent si ce n’est de nous-même. Malheureusement, ce qui ne bouge pas meurt. »

- Mon avis sur le livre -

Généralement, j’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil pour faire le point sur ma dernière lecture et être en mesure de rédiger ma chronique … Mais aujourd’hui, nulle utilité d’attendre : je sais parfaitement quels sont les points que je compte aborder dans cet article. Le plus délicat est de trouver comment formuler mon avis : l’autrice a été tout simplement adorable en me proposant cet ouvrage en service de presse et en acceptant de m’accorder un délai, et j’espère vraiment qu’elle ne m’en voudra pas d’avoir dit « du mal » (c’est un bien grand mot : je ne fais que dévoiler mon ressenti de lectrice, en toute honnêteté et sincérité, rien de plus) de son livre ! Et cela d’autant plus que je veille farouchement à ne pas présenter les « points négatifs » comme des critiques, mais bien comme des conseils bienveillants … 

Lorsque Lania reçoit une invitation – ou plutôt une convocation – pour intégrer Avalonia, l’école du Pays d’été, afin d’y étudier les Mystères Celtiques et devenir Prêtresse d’Avalon, elle ne sait quoi en penser : doit-elle s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Est-elle prête à tourner le dos à son quotidien pour embrasser la vie que cette missive lui fait miroiter ? Qu’apprendra-t-elle à Britonnia, cette terre préservée de la colonisation romaine où la nation celte continue à faire vivre les coutumes et croyances ancestrales ?

C’est un tout petit résumé que je vous propose aujourd’hui, comparé à ceux que je vous offre d’ordinaire … La raison en est fort simple : je n’ai absolument rien de plus à y mettre ! En effet, et c’est à mes yeux le plus gros problème de ce livre qui se veut être un roman : il n’y a pas vraiment d’histoire. Le seul rôle de Lania, narratrice et protagoniste, est de se rendre à Avalonia et d’assister aux cours, puis de nous raconter son quotidien à Paris en attendant de retourner écouter religieusement les enseignements de Niam … Plus des trois-quarts de cet ouvrage sont constitués des retranscriptions des cours magistraux de la directrice de l’école. C’est un peu comme si J. K. Rowling s’était contenté de nous faire suivre l’intégralité des cours de Poudlard sans faire vivre la moindre aventure à Harry : c’est intéressant les vingt premières pages, et puis on fronce les sourcils en se demandant « et alors ? où est le récit ? ». Quand un lecteur ouvre un roman, même initiatique, il s’attend à lire une histoire, et non un manuel ! 

Or, c’est précisément l’impression que me donne ce livre : l’autrice se contente de noyer le lecteur sous un océan d’informations à propos des croyances et rituels celtiques, sans rien lui offrir à côté ! Je ne pense pas avoir retenu le dixième de tout ce qui est expliqué dans ce livre : c’est beaucoup trop pour être assimilable, et tout l’intérêt que je ressentais au départ pour les mystères celtiques s’est progressivement émoussé, vaincu par cette surcharge de renseignements … A vouloir nous transmettre des connaissances encyclopédiques, l’autrice m’a perdue : je ne comprenais au final plus grand-chose … et cela d’autant plus que la même information était répétée à plusieurs reprises avec des formulations différentes, m’embrouillant un peu plus à chaque fois. A vouloir bien faire, à vouloir expliquer le monde dans lequel évolue son héroïne, l’autrice en a fait trop : j’aurai amplement préféré en « savoir » un peu moins sur le contexte mais avoir une vraie histoire, qu’un univers expliqué dans ses moindres petits détails mais dans lequel il ne se passe rien de bien palpitant pour un lecteur de fantasy ! Tout est question d’équilibre, et il n’est pas vraiment respecté ici …

Sur le fond, donc, il y a quelques éléments à revoir … Mais je pense que le plus gros problème vient de la forme : quelques incohérences et contradictions viennent perturber la logique de l’histoire (l’exemple le plus fragrant est le « Lania parle » alors que la suite montre bien que c’est Niam qui parle ! dès le premier chapitre, le lecteur ne sait plus où il en est …), et les nombreuses fautes d’orthographe, d’accord et de syntaxe viennent achever le lecteur déjà bien perturbé ! Une fois encore, l’autrice a voulu trop bien faire, et les formulations des phrases sont par conséquent bien trop emberlificotées, rendant la lecture fort laborieuse … Si laborieuse que la grande adepte des après-midi entières de lecture que je suis ne parvenait pas à lire plus de cinq minutes d’affilée sans avoir besoin de faire une pause : je n’arrivais pas à me plonger sereinement dans ma lecture, devant sans cesse lutter pour comprendre ce que l’autrice a voulu écrire … 

En bref, vous l’aurez compris : non seulement je me suis sentie trahie par le résumé (qui mettait en avant ce côté « une nation celtique moderne cohabitant avec notre culture romanisée … » et promettait donc une histoire captivante), mais en plus j’ai eu toutes les peines du monde à m’immerger réellement dans ce roman qui n’en est pas réellement un … Si le prologue a su faire battre mon petit cœur de curiosité (serait-ce une prophétie ? le récit tournerait-il autour de cette destinée contre laquelle se battrait l’héroïne ?), la suite m’a rapidement fait déchanter : Lania n’est pas un personnage au cœur d’une intrigue mais un simple faire-valoir, un prétexte pour transmettre des connaissances par l’intermédiaire de son statut d’étudiante. Quel dommage ! C’est toute chagrinée que j’ai tourné la dernière page de ce livre : j’avais le sentiment d’être passée à côté d’une belle rencontre, celle d’une histoire prometteuse et d’une lectrice amoureuse. Car l’idée que l’autrice mettait en avant sur la quatrième de couverture était bonne, excellente même, mais elle n’est au final absolument pas exploitée … Quelle tristesse !

Ce livre a été lu dans le cadre du Tournoi des 3 Sorciers
(plus d’explications sur cet article)

samedi 17 novembre 2018

Dune - Mahalia Galais


Dune, Mahalia Galais

Editeur : Editions du 20 décembre
Nombre de pages : 222
Résumé : À Hossegor, dans les Landes, Dune tente de combler le vide laissé par la mort de ses parents, à travers le surf. Auprès de ses grands-parents, elle vit comme ses amis—surfeurs également—au rythme des saisons et des vagues. Parce qu'au milieu de l'océan, Dune a toujours ressenti le désir de repousser plus loin ses limites, elle s'est lancé pour défi de participer au Christmas Challenge, une compétition de grosses vagues qui a lieu tous les hivers et exige une préparation intensive. Or, au même moment, Dune fait la rencontre de Joaquim, un jeune homme très captivant. Elle est alors entraînée par un courant contre lequel il lui sera difficile de lutter.

Un grand merci aux Editions du 20 décembre pour l’envoi de ce volume, à l’auteur pour la petite dédicace et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Nunui et Raisama étaient enchantés de ce temps passé en famille. Ils avaient décidé de mettre les entrainements de surf entre parenthèses pendant ces quelques jours, car au plus profond de leur cœur, les deux frères souhaitaient transmettre à leurs enfants, plus que l’amour du surf, une véritable passion pour la vie. Pour eux, observer le vent, les courants, regarder les nuages et les mouvements des arbres de la forêt, tout cela faisait partie du surf, mais aussi de la vie. Tout cela participait à l’apprentissage de la patience, de la persévérance, de l’écoute de l’autre et de ce qui nous entoure. En plus, les deux frères étaient entièrement d’accord pour dire qu’il fallait apprendre à toujours être reconnaissant, et toujours joyeux, car flotter à toute vitesse au milieu d’un champ de vagues et s’amuser à le faire, c’était vraiment exceptionnel quand on y réfléchissait bien. »

- Mon avis sur le livre -

C’est en réfléchissant à la manière dont j’allais introduire cette chronique que je me suis rendue compte d’une chose : c’est probablement l’un des premiers livres que je lis qui me donne l’occasion d’évoquer sur le blog une facette importante de ma vie … La religion. C’est un mot tabou, de nos jours : combien de fois n’ai-je pas reçu des sourires compréhensifs un peu forcés – ou pire, des regards effarés – lorsque j’expliquais que « non, désolée, je ne pourrais pas venir au cinéma dimanche matin, je vais à la messe » ? Trop souvent. Et pourtant, hors de question pour moi d’invoquer une autre raison : je ne vois pas pourquoi je devrais le cacher honteusement, le garder pour moi, alors que je n’ai qu’une envie, chanter au monde entier le bonheur et l’amour que Dieu me donne chaque jour. C’est donc avec grande joie que j’ai lu ce livre, et vous allez rapidement comprendre pourquoi !

Dune n’avait que six ans lorsque ses parents furent emportés par une soudaine tempête. Elle vit désormais chez ses grands-parents, et passe la majeure partie de son temps avec sa meilleure amie Reva et sa famille, tous grands passionnés de surf. Malgré tout l’amour et le soutien dont l’inonde sans relâche son entourage, la jeune femme peine à se remettre de cette terrible perte … Elle ne sait comment combler l’immense trou béant qu’il y a désormais dans son cœur, dans son âme, dans sa vie. Et puis un jour, elle rencontre Joaquim. Joaquim le gentil beau bourru, cuisinier hors pair, photographe de génie, dont la simple présence la remplit de joie et de sérénité. Alors qu’approche le Christmas Challenge, compétition de grosses vagues à laquelle elle compte participer pour la première fois, Dune redécouvre progressivement la beauté de l’existence …

Si je devais qualifier ce livre en un seul mot, ce serait « simplicité ». A lui-seul, ce mot résume tout : l’histoire racontée et le message associé. Dune est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, surfeuse, étudiante en lettres, saisonnière à l’hôtel du coin. Dune, ça pourrait être toi, ça pourrait être moi. Bien sûr, on n’a pas tous perdu nos parents dans une tempête, mais on a tous une blessure au cœur et à l’âme, un vide, un manque, dont on a conscience sans savoir le nommer, ou bien même dont on n’a pas véritablement conscience mais qui se manifeste, parfois, par une tristesse inexpliquée, une mélancolie soudaine … On a tous, un jour, à des degrés plus ou moins forts, eu le sentiment d’être perdu dans l’abime sans fin du découragement ou du doute. On a tous eu la tentation de baisser les bras et de se laisser emporter par le courant sans chercher à se débattre contre ce qui semble être l’inévitable. Cette histoire est là pour nous rappeler qu’il ne suffit que d’une chose pour remonter la pente : savoir « trouver le bonheur dans les petites choses simples de la vie », comme me l’a écrit l’auteur sur la dédicace (merci à elle).

Dans le cas de Dune, c’est la rencontre avec Joaquim, et plus encore la rencontre avec Dieu, qui lui a ouvert les yeux sur cette réalité. Quel plaisir pour moi que de croiser des versets bibliques au détour d’un chapitre, quelle joie que de voir notre douce Dune s’ouvrir progressivement à la foi, à la joie et à l’amour de Dieu ! Je me suis rarement sentie aussi proche d’un personnage de roman – même si j’ai eu du mal avec son côté « fêtarde », moi qui n’ait jamais été à une seule soirée de toute mon existence et à qui cela ne manque nullement ! et même si je n’ai jamais mis les pieds sur une planche de surf, ne sachant pas nager et n’aimant pas particulièrement la mer – et j’ai plus d’une fois eu les larmes aux yeux en même temps qu’elle. Bien sûr, l’omniprésence de Dieu et de la religion dans ce roman risque d’en « rebuter » plus d’un, car c’est une thématique que l’on ne s’attend pas vraiment à trouver en se plongeant dans une romance jeunesse, mais j’en suis personnellement infiniment ravie ! 

En bref, l’autrice nous offre ici une très jolie histoire, pleine de douceur et de joie, mais surtout, pleine de simplicité. Et cela fait tellement de bien ! Dune est une jeune femme à laquelle je me suis très facilement identifiée, dont je partage la même inquiétude face à l’avenir qui se dresse devant moi, et voilà qu’elle m’a prise par la main pour me souffler : « ne crains pas, ais confiance, sois heureuse ». En s’ouvrant à la foi, Dune a ravivé la mienne : elle m’a rappelé où était l’essentiel – que l’on peut parfois perdre de vue quand on passe ses journées à étudier les thèses théologiques les plus complexes … Et j’en suis profondément reconnaissante à Mahalia Galais : ce livre était tout ce dont j’avais besoin en ce moment. Et j’en suis intimement persuadée : ceci n’est pas une coïncidence, et je sais désormais que ce livre est là pour moi lorsque cela ne va pas.

Ce livre a été lu dans le cadre du Tournoi des 3 Sorciers
(plus d’explications sur cet article)

mercredi 14 novembre 2018

La guerre des clans, cycle 2, tome 2 : Clair de lune - Erin Hunter


La Guerre des clans, Erin Hunter
Cycle 2, tome 2 : Clair de lune

Editeur : Pocket Jeunesse (PKJ)
Nombre de pages : 331

Résumé : Plusieurs lunes se sont écoulées depuis que les six chats élus ont commencé leur voyage. Ils ont retrouvé Minuit, le blaireau, et entendu sa prophétie : leur territoire sera bientôt ravagé par les humains. S'ils ne rentrent pas à temps pour convaincre les clans de quitter la forêt, ils mourront tous ! Mais sur le chemin du retour, ils croisent une tribu de chats étranges, qui prend Pelage d'Orage en otage... Les six élus vont devoir mettre leur vie en danger pour le libérer.




- Un petit extrait -

« Soudain, une forme gris-brun se détacha sur les rochers et s'avança vers lui en longeant le bord du bassin. Un chat ! Avant que Pelage d'Orage ait eu le temps de réagir, un deuxième félin apparut, puis un troisième, et d'autres encore. Toute une bande de matous quittait l'abri des rochers où ils s'étaient dissimulés, se fondant parfaitement dans le décor comme s'ils étaient eux-mêmes des statues de pierre. »

- Mon avis sur le livre -

Lorsque j’entame un marathon-lecture de la saga, je me rends compte d’une chose : autant je connais presque par cœur le premier cycle que j’ai dû lire au moins une bonne vingtaine de fois – ce qui ne gâche absolument rien au plaisir de replonger dans cet univers, bien au contraire, c’est rassurant de savoir où on va –, autant j’ai le sentiment de véritablement redécouvrir les cycles suivants … Je me souviens de l’intrigue globale, mais me laisse surprendre par certains événements, certaines révélations, qui ne se sont pas encore imprimés durablement dans mon esprit. C’est, à mes yeux, l’un des grands atouts de cette saga : on a beau la lire et la relire, il y a toujours la même magie, toujours le même enthousiasme à suivre les aventures de ces chats sauvages, toujours le même étonnement face aux rebondissements … A chaque fois que j’ouvre un tome de La guerre des clans, je retombe en enfance, et cela fait tellement de bien, parfois, de se laisser émerveiller par un livre comme si c’était la première fois …

La destruction de la forêt a commencé … Les Bipèdes arrachent les arbres, empoisonnent les lapins, effrayent le gibier. Des chats disparaissent, et les tensions entre les Clans grandissent, tandis que le désespoir envahit les cœurs et les âmes. Nuage de Feuille ne sait plus quoi faire : doit-elle parler à son père de la mission de Griffe de Ronce et ses compagnons ? les six élus reviendront-ils à temps pour sauver les Clans ? reverra-t-elle sa sœur ? Pendant ce temps, les six chats traversent les montagnes afin de rentrer chez eux … Mais voici qu’une étrange Tribu se dresse sur leur chemin : persuadés que Pelage d’Orage est celui qui les sauvera d’une terrible menace, les chats des montagnes les font prisonniers. Parviendront-ils à s’échapper ? Et surtout … pourront-ils abandonner ces chats terrorisés à leur triste sort ?

Si le premier tome du cycle était centré sur Griffe de Tigre, c’est Pelage d’Orage qui est au cœur de ce volume. Cela fait plaisir de mieux connaitre le fils de Plume Grise, qui a hérité de lui sa loyauté, son courage mais aussi son altruisme : on le voit tiraillé entre son envie de fausser compagnie à la Tribu afin d’aller porter le message du Clan des Etoiles aux siens afin de les sauver, et sa culpabilité à l’idée de laisser ces chats inconnus se faire massacrer alors qu’il aurait pu les aider, quand bien même ils l’ont trahis et pris en otage. De plus, il est tiraillé entre l’envie d’avoir ses amis et sa sœur à ses côtés pour affronter son destin et sa crainte de les mener à la mort. C’est un chat qui manque profondément de confiance en lui, comparé à Etoile de Feu et Griffe de Ronce qui sont deux protagonistes au fort caractère malgré leurs doutes. Pelage d’Orage n’arrive pas à concevoir qu’il puisse être l’élu d’une prophétie, et encore moins le sauveur d’une Tribu qui n’est pas son Clan : comment pourrait-il, lui, affronter ce danger auquel des chats bien plus forts que lui n’ont pas pu venir à bout ? On a envie de le voir devenir un héros … mais le destin – ou plutôt les auteures – en a décidé autrement, et le dénouement de cette intrigue montagnarde est absolument atroce, déchirante, triste à mort. On ne pouvait pas s’attendre à cela …

Autre nouveauté de ce deuxième tome, on retourne plus régulièrement dans la forêt ! Ainsi, on alterne entre un chapitre dédié aux six élus, et un chapitre centré sur Nuage de Feuille, apprentie guérisseuse, impuissante face à la destruction de la forêt et à ses conséquences. Elle voit son Clan dépérir, vaincu par la faim et la peur, sans savoir ce qu’elle est censée faire. Elle aussi est tiraillée : doit-elle briser la promesse faite à sa sœur de ne rien dire de leur mission afin de redonner espoir aux siens, ou doit-elle garder le silence ? De même, doit-elle parler à quelqu’un de la découverte qu’elle a fait sur Papillon et Plume de Faucon, deux chats du Clan de la Rivière, dont l’identité de leur père était jusqu’alors inconnue ? Elle a peur, peur de ne plus revoir sa sœur, peur de voir mourir le Clan entier, peur de mal faire … Tout comme elle, on a mal au cœur de voir la forêt ainsi détruite par les Bipèdes : on est en colère contre eux, qui dévastent tout un écosystème sans même avoir conscience des conséquences de leur expansion urbaine, qui empoisonnent délibérément des animaux pour se débarrasser de toute la faune du bois afin de pouvoir travailler tranquille ! Ce qui, jusqu’alors, semblait anodin aux yeux du lecteur humain se transforme en véritable cataclysme, en catastrophe mortelle pour des animaux qui n’ont rien demandé à personne, qui n’ont jamais rien fait de mal … On espère, du fond du cœur, qu’ils vont s’en sortir … et cela d’autant plus que le final est vraiment effrayant, pauvre Nuage de Feuille !

En bref, vous l’aurez compris, un second tome riche en rebondissements et surtout en émotions : on tremble de peur et de colère, on retient notre souffle, et on pleure toutes les larmes de notre corps. Alors même qu’on pensait qu’avec la mort d’Etoile du Tigre, la forêt et les Clans seraient enfin en sureté et en paix, on a désormais le sentiment que ce qui arrive est plus terrible encore, et on a le cœur qui bat à cinquante mille à l’heure ! Tout semble vraiment perdu … On s’attache tellement à ces chats sauvages qu’on a le cœur déchiré de les voir aussi abattus, aussi impuissants face aux agissements incompréhensibles des Bipèdes. On suit avec crainte les pérégrinations des élus dans la montagne, on se demande ce que la Tribu leur veut, et quand on le sait, on se sent mal pour eux … L’urgence est palpable dans ce tome, et on le ferme avec l’envie impérieuse de commencer immédiatement le suivant afin de savoir comment nos chers félins vont parvenir à se sortir de cette situation qui semble désespérée ! Je me répète, je le sais, mais j’insiste : si vous ne connaissez pas encore cette saga, lisez-là, elle vaut le détour !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2018
(plus d’explications sur cet article)