
Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 309
Résumé : Au crépuscule d’une Europe de type début XXᵉ siècle, le monde agonise sous une jungle tentaculaire qui avale villes, royaumes et pays. Armand, cambrioleur au charme insolent, est arraché à sa liberté. Assommé, enlevé, il se réveille à bord d’un train luxueux blindé en partance de Moscou vers Paris — un joyau d’ingénierie filant au milieu d’un monde dévasté. Qui l’a déposé là ? Pourquoi lui ? Et quel secret le lie au destin du monde ? Au bout de la ligne, peut-être, une vérité capable de tout changer. Ou de tout détruire.
Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.
Au premier abord, Armand a tout d’un gentleman, pour ne pas dire d’un gentilhomme : il présente bien, porte la redingote avec un aplomb princier et a des manières tout à fait honorables. Mais ne vous laissez pas abuser par les apparences : Armand est un cambrioleur, ni plus, ni moins. Aux côtés de ses coéquipiers – et amis, même s’ils sont tous trop pudiques pour le reconnaitre ouvertement –, le trentenaire a à son actif un certain nombre de cambriolages brillamment menés. Mais cette fois-ci, c’est promis : c’est bel et bien fini. Avec l’argent de sa dernière « mission », il espère bien avoir suffisamment d’argent pour mettre sa femme et sa fille à l’abri, loin de Moscou. Car il en est convaincu : la ville ne tiendra plus bien longtemps face aux assauts acharnés de la Jungle. Cette Jungle mystérieuse qui envahit progressivement l’Europe depuis le passage de la comète Donati en 1858, cette jungle peuplée de bestioles monstrueuses et terriblement dangereuses … Mais son retour à la maison ne se passe bien du tout comme prévu, et le voici embarqué à bord du Vellum Express, luxueux train en partance pour Paris, sans savoir comment il s’est retrouvé là … et surtout pourquoi.
Si je devais résumer très succinctement mon avis sur ce livre, je dirais que c’est du Guy-Roger Duvert tout craché … et du très bon Guy-Roger Duvert ! Du « Guy-Roger Duvert tout craché », pour la simple et bonne raison qu’au bout de vingt romans (déjà !), je commence à bien connaitre les petits « tics d’écriture » de l’auteur : je ne suis clairement pas surprise de retrouver, ici encore, un protagoniste débrouillard mais pas forcément fréquentable, une jungle remplie de bêtes avec plus de tentacules qu’elles ne devraient, des hommes visiblement immortels qui se promènent avec de mystérieuses reliques convoitées par tous ... j’en passe et des meilleures ! Il est évident que les mauvaises langues diraient que « on prend les mêmes et on recommence », tant certains éléments sont récurrents dans les différents ouvrages de Guy-Roger Duvert. Il a indiscutablement des « ingrédients » fétiches qu’il utilise quasiment systématiquement quand il « concocte » un nouveau roman … mais, et c’est cela qui est fabuleux, c’est qu’il les « cuisine » toujours d’une nouvelle manière !
Et c’est pour cela que je dis que c’est « du très bon Guy-Roger Duvert » ! Car j’ai beau avoir repéré ces ressemblances avec ses autres romans ou univers, pas une seule fois je me suis ennuyée, pas une seule fois j’ai eu le sentiment de lire une « redite » : l’univers qu’il nous offre est totalement nouveau, totalement différent de ce qu’il nous a proposé jusqu’à présent. Et il est, indubitablement, d’une richesse et d’une complexité jubilatoire : plus on progresse, et plus nos certitudes sont ébranlées. Au départ, on se dit qu’on est dans une sorte d’uchronie fantastique, puis plus le temps passe, plus on flirte avec la science-fiction, et vous savez à quel point j’apprécie quand les auteurs s’amusent avec les frontières des genres pour mieux les transcender ! J’ai été servie, ici … même si je reconnais que certains passages « explicatifs » m’ont semblé un peu longs et trop fournis, presque indigestes : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, il y a tant d’informations à assimiler ! Mais ce qui est bien, c’est que cela n’empêche nullement de profiter de l’histoire : même si on ne comprend pas bien toutes les subtilités de l’univers, on arrive toujours à raccrocher les wagons pour comprendre quels sont les enjeux du roman.
En parlant de wagon … J’ai beaucoup aimé que l’intrigue ait lieu dans un train lancé à toute allure à travers l’Europe. Il y a vraiment ce petit côté « huis clos » qui rajoute toujours du piment à tout récit. Et cela d’autant plus que notre héros (ou plutôt anti-héros, vu son métier …) n’a absolument aucune idée de comment il a atterri là, et donc de ce que l’on peut attendre de lui. Et ce qui est toujours « rigolo », dans les romans de Guy-Roger Duvert, c’est que je me sens toujours tiraillée entre deux émotions contraires face au protagoniste : d’un côté, j’ai un peu de peine pour lui, car il traversait déjà une période difficile et voilà qu’il se retrouve bien malgré lui plongé dans une sorte de « fourmilière dégoupillée » … et de l’autre, j’ai juste envie de sortir le pop-corn en le regardant s’embourber un peu plus dans les ennuis à chaque nouveau chapitre. Je sais qu’il va lui arriver une quantité astronomique de galères, qu’il va aller de problèmes en problèmes, d’embûches en embûches, et je me régale d’avance … Les livres de Guy-Roger Duvert, ce sont toujours des récits d’aventure incroyablement palpitants, extrêmement riches en rebondissements et en tension narrative : c’est vraiment l’idéal quand vous avez besoin de vous divertir, de vous détendre, comme si vous regardiez un bon film d’action.
En bref, je pense que vous l’aurez bien compris : avec ce premier opus, l’auteur nous ouvre les portes d’un nouvel univers captivant, et pose les premiers jalons d’une histoire qui promet d’être palpitante au possible. Comme souvent avec Guy-Roger Duvert, ce premier tome reste tout de même très introductif : l’idée est vraiment de nous familiariser avec l’univers, le contexte, les problématiques et les enjeux, ainsi qu’avec le personnage principal. On sent vraiment que tout ne commencera vraiment que dans le prochain volume, que tout ceci n’était qu’une sorte de mise en bouche … Et même si cela met l’eau à la bouche, il faut bien reconnaitre que l’on reste quelque peu sur notre faim ! J’espère que le deuxième opus ne sortira pas dans trop longtemps, car je suis vraiment curieuse et impatiente d’en savoir plus : je sens que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, qu’Armand n’est pas au bout de ses galères, et j’ai vraiment hâte de voir cela !



