dimanche 23 septembre 2018

Le garçon qui voulait courir vite - Pierre Bottero


Le garçon qui voulait courir vite, Pierre Bottero

Editeur : Flammarion jeunesse
Nombre de pages : 163

Résumé : Debout derrière la grille de l'école, Agathe regarde son frère. Jules ne dit rien, il semble perdu et Agathe en est malade. Depuis l'accident de voiture de leur père cet été, Jules ne parle presque plus et court de moins en moins bien... Comme s'il avait perdu l'usage de ses jambes. Qui rendra à Jules sa joie de vivre ?







- Un petit extrait -

« Après l'accident, Jules a arrêté de parler. D'abord les docteurs ont pensé que ce pouvait être dû au choc physique. En effet, il avait été éjecté de la voiture avant qu'elle ne percute l'arbre, et il se pouvait qu'il ait été victime d'un traumatisme crânien. Comme les radios n'ont rien montré, les psychologues ont pris le relais. Choc affectif en voyant brûler l'auto qui contenait mon père!  »

- Mon avis sur le livre -

A chaque fois que je termine un livre de Pierre Bottero, je me dis invariablement « Il est encore meilleur que ceux que j’ai lus jusqu’à présent ! » … mais je pense que la vraie explication, c’est tout simplement qu’ils sont tous extraordinaires ! Et contrairement à ce qui arrive parfois avec d’autres auteurs, le fait de dévorer tout ou partie de sa bibliographie en très peu de temps n’entraine absolument pas d’overdose, bien au contraire, on en redemande … Cela fait maintenant jours que je suis complétement immergée dans ces incroyables petits contemporains et je pense que je ne m’en lasserai jamais. Malheureusement, il ne m’en reste plus qu’un à lire parmi ceux que j’ai trouvé à la bibliothèque municipale, il va donc falloir que je sorte de ce petit monde de douceur et de tendresse formé par ces petits romans riches en émotions …

Depuis l’accident de voiture qui a couté la vie à leur père, Agathe, quatorze ans, veille comme elle peut sur son petit frère. Jules, six ans, est plongé dans un mutisme de plus en plus inquiétant et ne semble plus capable de courir : ses bras et ses jambes s’agitent sans qu’il ne parvienne à coordonner ses mouvements, et il finit inévitablement par s’effondrer brutalement au sol. Désemparée, elle ne sait pas quoi faire pour l’aider à retrouver gout à la vie … Et cela d’autant plus qu’elle vit dans l’angoisse permanente de croiser Julien et sa bande, véritables terreurs du collège qui semblent l’avoir pris comme cible privilégiée. Heureusement, il y a Thomas, dont le cœur semble lui aussi alourdi par la tristesse, et dont la simple présence suffit à l’apaiser … Et il y a Cornelia, leur nouvelle pédopsychiatre, qui semble bien décidée à faire sortir Jules de son terrifiant silence …

Une fois de plus, Pierre Bottero a su trouver les mots justes pour aborder une thématique très sensible : la mort d’un parent. Si Agathe se remet progressivement de cette terrible perte, malgré les cauchemars qui la hantent chaque nuit, son petit frère semble au contraire s’enfoncer toujours plus profondément dans son désespoir. Il ne prononce désormais plus que deux mots, toujours la même question : « On court ? ». Car voilà l’obsession du petit garçon : réussir à courir à nouveau, sans ressembler à un pantin complétement désarticulé, sans perdre continuellement son équilibre. On ressent la frustration de Jules et le désarroi d’Agathe qui n’en peut plus d’espérer un miracle : elle supporte de moins en moins les regards étonnés, compatissants ou goguenards des passants ou des camarades de classe. Car voici la seconde grande thématique de cet ouvrage : le harcèlement scolaire. Entre Jules qui subit les moqueries de ses camarades à chaque fois qu’il tente de s’élancer, et Agathe qui vit dans l’angoisse perpétuelle de croiser le brutal Julien, le sujet, bien que secondaire, est bien présent dans ce roman. 

Malgré tout, cette histoire est loin d’être morose, triste, déprimante. Bien au contraire. Dès le début, le côté dramatique induit par le blocage psychologique du petit Jules et l’attitude menaçante de Julien à l’égard d’Agathe est contrebalancé par la force de l’amour qui unit le frère et la sœur. C’est tellement beau, cette complicité, cette tendresse, que cela met du baume au cœur. Ils sont tellement mignons, ces deux-là, tellement attachants, c’est vraiment adorable ! On le sent bien : ce lien fraternel va avoir son rôle à jouer dans la guérison de Jules, car Agathe est finalement celle qui connait et comprend le mieux le petit garçon … Mais, seule, la jeune fille ne peut rien pour son frère : elle a également besoin de soutien. Et ce soutien va lui être apporté par trois personnes : monsieur Ali, un grand ami de son père dont la bonne humeur est un rayon de soleil dans la morne vie des deux enfants, Thomas, un de ses camarades de classe avec qui elle se découvre de nombreux points communs et qui semble prêt à se battre pour elle, et Cornelia, leur nouvelle pédopsychiatre, qui semble avoir une idée révolutionnaire derrière la tête … L’union fait la force, n’est-ce pas ?

En bref, le doute n’est pas permis : le coup de cœur est bel et bien là. En moins de deux-cent pages, Bottero a réussi à me faire rire et pleurer, mais surtout, il a réussi à me faire me sentir bien. Parce qu’on a tous, au fond de notre cœur, des lourdeurs, des poids qui nous empêche d’avancer, et que ce livre, étonnamment, parvient à les alléger. Ode à l’amitié, ode à l’amour fraternel, plaidoyer contre la violence, contre le découragement, ce livre invite le lecteur à ne pas s’enfermer sur lui-même mais à s’ouvrir à autrui pour trouver du soutien. Des personnages intéressants, une intrigue captivante malgré la simplicité du récit raconté, une plume incroyable qui fait naitre des cascades d’émotions dans le cœur du lecteur … C’est une vraie leçon de vie que nous apporte ce livre, sans en avoir l’air. Mention particulière à l’épilogue, qui donne la parole à tous les personnages, même au plus inattendu … Sans le moindre doute, je décerne à ce livre le statut de « livre-doudou-à-lire-quand-on-ne-se-sent-pas-bien » !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2018
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samedi 22 septembre 2018

Vangual : Le verrou du temps - Forman


Vangual : Le verrou du temps, Forman

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 331
Résumé : Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions inimaginables. Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus grande tragédie. Des destins différents … (Voir le résumé complet)

Un grand merci à Forman pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Avoir le vertige pour quelqu’un qui prend tout le monde de haut … Elle est bien bonne celle-là ! J’te jure … »

- Mon avis sur le livre -

Il y a quelques années, alors que je participais à un atelier d’écriture hebdomadaire, l’animateur nous avait proposé un petit jeu fort intéressant. La consigne était fort simple : il allait nous distribuer à chacun la trame d’une petite histoire qu’il nous fallait rédiger à notre guise, du moment que nous ne modifions rien au déroulement de l’intrigue, avec interdiction formelle d’en discuter avec les autres participants … Pas une seule seconde nous n’avions imaginé qu’il nous avait en réalité distribué rigoureusement le même scénario ! Nous ne nous en sommes rendu compte qu’au moment de se lire mutuellement nos écrits ... et nous avons alors constaté qu’au final, l’histoire avait beau être la même, nos textes étaient vraiment différents : l’une l’avait rédigé à la manière d’un thriller, l’autre en avait fait un récit historique, et je l’avais moi-même inséré dans un univers de science-fiction ! C’est ainsi, grâce à la plume de l’auteur, qu’une histoire au premier abord assez « classique », assez « banale », peut se transformer en quelque chose de vraiment unique et innovant.

Dwilom est un vieux nain grincheux, mais il est surtout l’un des maitres brasseurs les plus réputés de toutes les terres de Vangual. Tandis qu’il se rend à Tamatur afin de vendre sa marchandise lors du Festival de l’Alliance des cinq, il se fait attaqué par une bande de voleurs. Bien qu’il lui coute de l’admettre, il ne serait pas sorti vainqueur de cette embuscade sans l’aide d’un mowk, animal aussi gourmand qu’agaçant dont il ne parvient plus à se débarrasser. Peu de temps après, il sauve un petit garçon, rendu muet par un étrange collier de métal serti de symboles mystérieux. Le vieux nain au grand cœur le prend alors sous son aile, bien décidé à l’aider et à le protéger des nombreuses attaques de ses ravisseurs, qui semblent prêts à tout pour le récupérer … Pendant ce temps, les jumeaux Carissa et Andéol reviennent au pays après une dizaine d’années d’absence afin de rendre un dernier hommage à leur père et assister au couronnement de leur frère ainé. Mais une sombre magie semble à l’œuvre dans la région : les meurtres se multiplient et les morts se relèvent … Se pourrait-il que tout soit lié ?

Rien qu’en lisant la quatrième de couverture, j’ai su que j’allais passer un très bon moment de lecture : entre la biographique totalement loufoque de l’auteur et le résumé incroyablement saugrenu, je pleurais déjà de rire avant même de me plonger dans le premier chapitre ! Car la grande force de ce roman, c’est bien son humour décapant : des personnages complétement givrés (mention spécial au Comte Umstack et à son cheval !), des situations burlesques à souhait (la relation … tumultueuse entre Dwilom et le mowk donne naissance à des scènes vraiment drôles), des interventions sarcastiques du narrateur (ce cher Andéol en prend pour son grade !) … J’ai tellement rigolé que j’ai désormais des crampes aux zygomatiques ! On sent que l’auteur s’est fait plaisir en écrivant cette histoire, et qu’il avait envie de donner le sourire à ses lecteurs. Qu’il soit rassuré : il a parfaitement réussi, cette lecture m’a fait un bien fou au moral et je compte bien ajouter cet ouvrage à la liste des « romans antidépresseurs » dans laquelle je pioche des titres lorsque je me sens devenir aussi déprimée que ce cher Comte Umstack ! Plus d’une fois, je me suis exclamée « bon sang mais c’est du n’importe quoi ce livre », tout en me disant « ce serait un régal que de l’adapter au théâtre, ce roman » … voire même en comédie musicale (ce n’est pas Phil Philandreux qui dirait le contraire … même si je jure solennellement qu’il ne sera pas le compositeur) !

Cependant, l’auteur ne se contente pas de nous faire rire. Derrière cette apparente légèreté se cache une histoire bien plus sombre et complexe qu’on ne pourrait l’imaginer ... Petit à petit, tandis que les deux histoires parallèles progressent, tandis que les morts s’accumulent et que les attaques se multiplient, tandis que les mystères s’épaississent et que les complots se dévoilent, l’ambiance se refroidit considérablement, au point qu’on commence à avoir un peu peur de ce qui attend nos personnages, auxquels on s’attache si rapidement ! On se doute que tout est lié, bien qu’on se demande quel peut être le rapport entre ce petit garçon muet et les massacres perpétrés à l’autre bout du continent … Pour tout dire, pendant une grande partie du roman, on se demande bien où tout cela va nous mener : tout comme les personnages, le lecteur navigue à vue, sans vraiment saisir l’imminence et l’importance du danger qui approche, sans se douter une seule seconde de la tournure que vont prendre les événements … Certains se lasseront peut-être, pestant contre cette ribambelle de péripéties qui semblent n’avoir ni queue, ni tête, ni intérêt, mais d’autres, comme moi, prendront plaisir à se laisser ainsi mener en bateau ! Car c’est bien ce qui arrive, finalement : on était bien loin de s’attendre à CA ! J’ai dévoré le dernier quart du récit en une soirée, tellement j’étais captivée par ce rebondissement final, par cette apothéose inattendue, par ces révélations insoupçonnées. Quelle surprise, quel coup de théâtre ! 

En bref, vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman de fantasy qui ne ressemble à aucun autre. L’auteur a su trouver un équilibre très atypique entre humour et noirceur, tant et si bien qu’on ne peut classer ce récit ni dans la light-fantasy (car certaines scènes sont vraiment gores, vraiment effrayantes) ni dans la high-fantasy (parce que l’histoire n’est clairement pas assez sérieuse pour cela) … C’est un roman rafraichissant, car l’auteur a fait le choix de l’extravagance, du burlesque, voire même de l’ubuesque par moment, pour raconter cette histoire qui n’a finalement rien de drôle. L’heure du combat entre le Bien et le Mal, entre la Lumière et les Ténèbres, a sonné … et cela promet une suite bien plus épique, plus sinistre, plus captivante encore. J’ai vraiment hâte de retrouver Dwilom, le Gamin et le mowk ainsi que Carissa et le Comte Umstack ! En clair, c’est un livre fort sympathique qui plaira à tous ceux qui ont envie de rigoler un bon coup … mais surtout à ceux qui ont envie d’une histoire sans prise de tête ! Parce que ça fait tellement de bien, parfois, de se laisser embarquer par un récit rocambolesque !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2018
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Ce livre a été lu dans le cadre du Tournoi des 3 Sorciers
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mercredi 19 septembre 2018

La guerre des clans, cycle 1, tome 3 : Les mystères de la forêt - Erin Hunter


La Guerre des clans, Erin Hunter
Cycle 1, tome 3 : Les mystères de la forêt

Editeur : Pocket Jeunesse (PKJ)
Nombre de pages : 319

Résumé : La tension est à son comble dans le Clan du Tonnerre : une terrible inondation s'abat sur la forêt et les alliances entre tribus changent sans cesse. Quant à Cœur de Feu, il continue d'enquêter sur la mort de Plume Rousse, l'ancien lieutenant du Clan. Il ignore quelle sombre machination il va découvrir...







- Un petit extrait -

« Un froid mordant enveloppait la lande, les bois et les champs. Le paysage recouvert d'un manteau blanc scintillait à peine sous la nouvelle lune. Rien ne venait rompre le silence de la forêt, excepté le crissement des roseaux séchés dans la brise et la neige qui glissait parfois des branches. Même le murmure de la rivière s'était tu, étouffé par la glace qui s'étendait d'une rive à l'autre. Il y eut un mouvement sur la berge. Un énorme matou émergea des roseaux, la fourrure hérissée pour mieux résister au froid. Il se secouait, irrité, cherchant à se débarrasser de la neige collée à ses pattes. Devant lui se traînaient deux petits. Trempés jusqu'au ventre, ils peinaient dans la poudreuse avec des cris de détresse. Sitôt qu'ils faisaient mine de s'arrêter, le mâle les encourageait du bout du museau. »

- Mon avis sur le livre -

L’une des inquiétudes les plus répandues au sujet de la saga La guerre des clans concerne les personnages : « Ils sont trop nombreux, j’arriverai jamais à retenir tous les noms, et en plus ils en changent plusieurs fois en cours de route ! » … Soyez rassurés : lorsque j’ai découvert cette saga, je n’avais même pas une dizaine d’années, et pourtant, je ne me suis jamais sentie embrouillée par cette multitude de personnages appartenant à divers Clans et changeant de noms à de nombreuses reprises ! Ce n’est clairement pas quelque chose d’insurmontable, donc par pitié, ne vous laissez pas rebuter par cette croyance populaire qui affirme qu’on ne peut pas lire La guerre des clans sans être complétement paumé : c’est faux, parfaitement faux ! J’admets toutefois que les erreurs de traduction entrainent quelques incohérences qui peuvent porter à confusion, mais ce n’est clairement pas la faute de l’histoire en elle-même …

Cœur de Feu est plus que jamais décidé à découvrir la vérité au sujet de la mort de Plume Rousse, l’ancien lieutenant du Clan du Tonnerre. Il en est en effet persuadé : Griffe de Tigre est coupable de ce meurtre et représente une menace pour le Clan tout entier … Le jeune guerrier se rend progressivement compte que la situation est bien plus complexe que ce qu’il imaginait, et les questions s’accumulent dans son esprit tandis que la mauvaise saison s’abat sur la forêt, la famine ravivant plus que jamais les tensions entre les quatre tribus … Tiraillé entre sa loyauté envers le Clan et son amitié envers Plume Grise, amoureux d’une guerrière ennemie, Cœur de Feu doit également faire face aux bêtises de son neveu, Petit Nuage, qui peine à se faire accepter par le Clan. Alors qu’une inondation ravage tout sur son passage, les alliances se font et se défont dans la forêt, et l’orage de la guerre semble à deux doigts d’éclater …

Ce troisième opus portent bien son nom : la forêt cache bien des mystères, des secrets du passé que Cœur de Feu va déterrer au fil de son enquête. Alors qu’il ne souhaitait que prouver la culpabilité de l’orgueilleux Griffe de Tigre dans la mort de Plume Rousse, notre jeune guerrier court de surprises en surprises … et le lecteur également ! On ne s’attend pas à ce que cette investigation prenne un tel tournant, mais quel incroyable tournant ! A la question de la trahison de Griffe de Tigre – qui m’est de plus en plus antipathique au demeurant – s’ajoute donc une nouvelle énigme : qui sont ces deux jeunes guerriers du Clan de la Rivière, qui semblent en réalité être nés dans le Clan du Tonnerre ? Ont-ils été enlevés … ou abandonnés ? Par qui, et pourquoi ? Une grande question se pose dans ce tome : celle des origines. Doivent-elles forcément être révélées, ou doivent-elles au contraire être cachées, au risque d’être découvertes par hasard ? Mais plus encore, que doit-on faire passer en premier : le bien de toute la communauté, ou notre propre bonheur ? A travers les dilemmes, présents ou passés, de plusieurs personnages confrontés à ce terrible choix, ce livre invite le lecteur à ne pas les juger trop durement, même s’il n’approuve pas leurs décisions. Ils ont fait ce qu’il leur semblait être juste, et même s’ils le regrettent parfois, ils savent que retourner en arrière est impossible, alors ils tentent d’aller de l’avant …

Plus encore que les deux premiers, ce volume est incroyablement émouvant : j’ai beau l’avoir relu bien des fois et savoir ce qui m’attend, je ne peux pas m’empêcher de pleurer à chaque fois. C’est triste, c’est déchirant, c’est terrible. Que tous ceux qui croient encore que tout est toujours rose dans la littérature jeunesse lisent ce livre ! Tout semble perdu pour le Clan du Tonnerre : haï par les autres tribus pour avoir donné asile à un chat sanguinaire mais désormais incapable de survivre seul – certains guerriers sont d’avis qu’il faudrait le laisser mourir de faim au cœur des mois pour le punir de ses actes tyranniques –, affaibli par la famine et les maladies, la tribu est désormais déchirée de l’intérieur par des tensions intestines toujours plus fortes et nombreuses. Cœur de Feu n’est plus le seul à subir l’animosité de certains de ses camarades : son neveu doit lui aussi faire ses preuves, et même Plume Grise finit par être rejeté par les siens … Mais le pire reste à venir : une sombre machination va enfin éclater au grand jour … On avait beau s’y attendre, lorsque la trahison est effective, on a le souffle coupé : quelle cruauté, quelle félonie ! Ce tome est celui du basculement : il est définitivement loin, le temps de l’insouciance et de l’innocence … La suite promet d’être bien sombre ….

En bref, encore un excellent tome, où l’émotion prend temporairement le dessus sur l’action, pour mieux nous y replonger par la suite. Des revirements inattendus, des révélations surprenantes, des coups de théâtre époustouflants … C’est toujours un plaisir que de suivre les aventures de ces chats sauvages, qu’il s’agisse de l’intrigue principale ou des sous-intrigues. On se réjouit pour Nuage Cendré qui a trouvé un nouveau sens à son existence, on est triste pour elle quand elle se sent découragée. On se réjouit pour Plume Grise quand on apprend qu’il va devenir papa, mais on souffre avec lui quand arrive le plus terrible des drames. On sourit des bêtises du jeune Petit Nuage, et on a envie d’arracher les oreilles de tous ceux qui le rejettent à cause de ses origines … Des personnages attachants, une histoire captivante, une narration vivante … Voilà de quoi donner le gout de la lecture à tous les petits lecteurs amoureux des chats !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2018
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