mercredi 26 août 2026

Outsphere, tome 5 : Démence - Guy-Roger Duvert

Outsphere5, Guy-Roger Duvert

Démence

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 578

Résumé : Plus d’un millénaire. C'est le temps qu'il a fallu à M1500 pour bâtir un empire, protéger une espèce et traquer une menace dont personne d'autre ne soupçonnait au départ même l'existence. Il pensait avoir le temps. Il avait tort. La menace ashkanienne vient de se réveiller. La capitale tremble encore des premiers effets d'une offensive psychique sans précédent, tandis que des armées au nord martèlent déjà les frontières de l'Empire. Et dans l'ombre, l'Aube Obscure a infiltré les ruelles mêmes de la Capitale. Trois missions. Trois équipes. Une seule chance.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

Écrire une chronique sur un dernier tome de saga, c’est toujours un exercice des plus complexes : il faut tout à la fois en dire suffisamment pour exprimer notre ressenti sur ce titre en particulier et en dire suffisamment peu pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ceux qui n’ont pas encore lu, ou du moins pas entièrement, la saga ! Mais alors, quand un roman pose le point final de deux sagas en même temps, c’est encore plus compliqué … on frôle peut-être même l’impossible ! Mais c’est tout de même à cela que je vais devoir m’atteler aujourd’hui, car ce livre n’est pas uniquement le dernier opus d’Outsphere, il est également celui des Rôdeurs de l’Empire … Aussi inattendue que bienvenue, cette convergence entre deux sagas qui semblaient au premier abord ne rien avoir en commun (du space opera d’un côté, de la fantasy médiévale de l’autre) trouve son apothéose avec ce beau pavé de presque 600 pages : il n’en fallait pas moins pour venir à bout d’une intrigue qui aura au final duré plus d’un millénaire …

Tout commence d’ailleurs par un prologue bien fourni, qui nous remet en mémoire tout ce qui s’est déroulé sur cette drôle de planète qu’est Eden depuis que les humains y ont posé les pieds, il y a bien des siècles et bien des tomes de cela … Même si on peut déplorer le petit côté un peu « artificiel » de cette rétrospective dans la tête de l’Empereur – M1500 pour les intimes –, il faut bien reconnaitre que c’était fort nécessaire de tout remettre à plat avant de se plonger dans le « grand final ». C’est qu’il s’en passe, des choses, dans une civilisation, en un millénaire ! Et cela d’autant plus quand on a eu le malheur de s’installer sur une planète pourvue d’un système de défense implacable, installé par une antique et terrifiante race extraterrestre décidemment bien décidée à ce qu’aucune autre espèce ne puisse vivre chez eux … Même si cela ajoute indéniablement du piquant à l’intrigue pour les bienheureux lecteurs que nous sommes, je présume que nos pauvres héros auraient préférés que leur nouvelle planète soit un petit peu moins bien protégée : cela leur aurait évité bien des désagréments et bien des responsabilités !

Car il faut bien se dire qu’à eux dix, Terriens et Rôdeurs représentent rien de moins que l’espoir de l’humanité toute entière : s’ils échouent dans leurs missions respectives, ces grosses bestioles pleines de tentacules verront leur plan se réaliser, et s’en sera définitivement finie pour l’espèce humaine. Vous imaginez la pression ?! Séparés en trois groupes, les voici disséminés d’un bout à l’autre des Terres Connues (et peut-être un peu plus loin) pour affronter la Menace ashkanienne sur tous les fronts … et comme on peut aisément s’en douter après avoir lu huit livres dans cet univers (et beaucoup dans les autres univers de l’auteur), cela ne va pas être de tout repos ! Car les anciens habitants de la planète et leurs créations ne sont pas les seuls dangers que vont devoir affronter nos héros : d’autres embûches, bien plus humaines cette fois-ci, vont se dresser sur leur chemin …. Et il leur faudra même, peut-être, se méfier d’eux-mêmes. Car le titre de ce tome l’indique bien : la folie guette tous et chacun.

Pour tout vous dire, je ne sais vraiment pas quoi écrire dans cette chronique : il y en a déjà huit autres concernant cet univers sur ce blog, et je ne sais pas du tout quoi vous dire de plus ! On retrouve vraiment tout ce qui fait le charme de ces deux sagas : beaucoup d’action, beaucoup de rebondissements, beaucoup de tension, beaucoup de retournements de situation. Il n’y a pas de temps mort, il se passe toujours quelque chose, on ne s’ennuie pas une seule seconde : c’est vraiment le genre de livre à lire quand on a besoin d’une intrigue dynamique et captivante. Je reste parfois un peu frustrée du manque de profondeur des personnages, qui ne sont finalement que des « rôles », des « fonctions », des marionnettes qui font des actions : même au bout d’autant de tomes, je n’ai pas réussi à ressentir le moindre attachement pour aucun d’entre eux, parce qu’on a un peu cette impression qu’ils ne ressentent rien de particulier à part la fureur d’accomplir leur mission. Pourquoi, eux-mêmes ne semblent pas se poser de question : l’auteur veut qu’on fasse ça, alors allons-y ! C’est sans doute le revers de cette narration très « cinématographique », centrée sur les actes, les dialogues : c’est très visuel, mais on est privé de ce lien un peu « intime » qu’on peut généralement avoir avec les héros de romans.

Malgré ce petit détail, j’ai vraiment passé un excellent moment avec cet opus final : chapitre après chapitre, on sent monter la tension, on sent approcher le grand dénouement, l’ultime confrontation avec cette Menace qui pèse sur la civilisation humaine depuis son arrivée sur cette nouvelle planète, dans le tout premier opus d’Outsphere. Tout s’explique enfin, tout ce qui nous semblait mystérieux, étrange, intriguant, effrayant donc, tout a enfin un sens, et c’est très satisfaisant en tant que lecteur de pouvoir reconstituer plus précisément le puzzle … Même si j’ai l’étrange pressentiment que ce puzzle vient de s’élargir subitement : comme je le soupçonnais timidement dans la conclusion de ma chronique de Croisière Macabre, c’est désormais avec Les Chroniques Occultes qu’un lien a été tissé ! Ce n’était jusqu’à présent pas ma saga préférée de l’auteur, mais avec cette nouvelle donnée en tête, j’ai désormais une envie folle de la relire pour tenter de remarquer quelles sont les convergences entre ces deux univers. Comme quoi, quand un auteur a l’audace de tisser des ponts entre les genres, de brouiller les frontières entre ses propres livres, ça donne un ensemble encore plus passionnant à explorer. J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’il va encore nous concocter par la suite, car je me régale toujours en le lisant !

jeudi 9 avril 2026

Vellum Express - Guy-Roger Duvert

Vellum Express, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition

Nombre de pages : 309

Résumé : Au crépuscule d’une Europe de type début XXᵉ siècle, le monde agonise sous une jungle tentaculaire qui avale villes, royaumes et pays. Armand, cambrioleur au charme insolent, est arraché à sa liberté. Assommé, enlevé, il se réveille à bord d’un train luxueux blindé en partance de Moscou vers Paris — un joyau d’ingénierie filant au milieu d’un monde dévasté. Qui l’a déposé là ? Pourquoi lui ? Et quel secret le lie au destin du monde ? Au bout de la ligne, peut-être, une vérité capable de tout changer. Ou de tout détruire.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Au premier abord, Armand a tout d’un gentleman, pour ne pas dire d’un gentilhomme : il présente bien, porte la redingote avec un aplomb princier et a des manières tout à fait honorables. Mais ne vous laissez pas abuser par les apparences : Armand est un cambrioleur, ni plus, ni moins. Aux côtés de ses coéquipiers – et amis, même s’ils sont tous trop pudiques pour le reconnaitre ouvertement –, le trentenaire a à son actif un certain nombre de cambriolages brillamment menés. Mais cette fois-ci, c’est promis : c’est bel et bien fini. Avec l’argent de sa dernière « mission », il espère bien avoir suffisamment d’argent pour mettre sa femme et sa fille à l’abri, loin de Moscou. Car il en est convaincu : la ville ne tiendra plus bien longtemps face aux assauts acharnés de la Jungle. Cette Jungle mystérieuse qui envahit progressivement l’Europe depuis le passage de la comète Donati en 1858, cette jungle peuplée de bestioles monstrueuses et terriblement dangereuses … Mais son retour à la maison ne se passe bien du tout comme prévu, et le voici embarqué à bord du Vellum Express, luxueux train en partance pour Paris, sans savoir comment il s’est retrouvé là … et surtout pourquoi.

Si je devais résumer très succinctement mon avis sur ce livre, je dirais que c’est du Guy-Roger Duvert tout craché … et du très bon Guy-Roger Duvert ! Du « Guy-Roger Duvert tout craché », pour la simple et bonne raison qu’au bout de vingt romans (déjà !), je commence à bien connaitre les petits « tics d’écriture » de l’auteur : je ne suis clairement pas surprise de retrouver, ici encore, un protagoniste débrouillard mais pas forcément fréquentable, une jungle remplie de bêtes avec plus de tentacules qu’elles ne devraient, des hommes visiblement immortels qui se promènent avec de mystérieuses reliques convoitées par tous ... j’en passe et des meilleures ! Il est évident que les mauvaises langues diraient que « on prend les mêmes et on recommence », tant certains éléments sont récurrents dans les différents ouvrages de Guy-Roger Duvert. Il a indiscutablement des « ingrédients » fétiches qu’il utilise quasiment systématiquement quand il « concocte » un nouveau roman … mais, et c’est cela qui est fabuleux, c’est qu’il les « cuisine » toujours d’une nouvelle manière !

Et c’est pour cela que je dis que c’est « du très bon Guy-Roger Duvert » ! Car j’ai beau avoir repéré ces ressemblances avec ses autres romans ou univers, pas une seule fois je me suis ennuyée, pas une seule fois j’ai eu le sentiment de lire une « redite » : l’univers qu’il nous offre est totalement nouveau, totalement différent de ce qu’il nous a proposé jusqu’à présent. Et il est, indubitablement, d’une richesse et d’une complexité jubilatoire : plus on progresse, et plus nos certitudes sont ébranlées. Au départ, on se dit qu’on est dans une sorte d’uchronie fantastique, puis plus le temps passe, plus on flirte avec la science-fiction, et vous savez à quel point j’apprécie quand les auteurs s’amusent avec les frontières des genres pour mieux les transcender ! J’ai été servie, ici … même si je reconnais que certains passages « explicatifs » m’ont semblé un peu longs et trop fournis, presque indigestes : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, il y a tant d’informations à assimiler ! Mais ce qui est bien, c’est que cela n’empêche nullement de profiter de l’histoire : même si on ne comprend pas bien toutes les subtilités de l’univers, on arrive toujours à raccrocher les wagons pour comprendre quels sont les enjeux du roman.

En parlant de wagon … J’ai beaucoup aimé que l’intrigue ait lieu dans un train lancé à toute allure à travers l’Europe. Il y a vraiment ce petit côté « huis clos » qui rajoute toujours du piment à tout récit. Et cela d’autant plus que notre héros (ou plutôt anti-héros, vu son métier …) n’a absolument aucune idée de comment il a atterri là, et donc de ce que l’on peut attendre de lui. Et ce qui est toujours « rigolo », dans les romans de Guy-Roger Duvert, c’est que je me sens toujours tiraillée entre deux émotions contraires face au protagoniste : d’un côté, j’ai un peu de peine pour lui, car il traversait déjà une période difficile et voilà qu’il se retrouve bien malgré lui plongé dans une sorte de « fourmilière dégoupillée » … et de l’autre, j’ai juste envie de sortir le pop-corn en le regardant s’embourber un peu plus dans les ennuis à chaque nouveau chapitre. Je sais qu’il va lui arriver une quantité astronomique de galères, qu’il va aller de problèmes en problèmes, d’embûches en embûches, et je me régale d’avance … Les livres de Guy-Roger Duvert, ce sont toujours des récits d’aventure incroyablement palpitants, extrêmement riches en rebondissements et en tension narrative : c’est vraiment l’idéal quand vous avez besoin de vous divertir, de vous détendre, comme si vous regardiez un bon film d’action.

En bref, je pense que vous l’aurez bien compris : avec ce premier opus, l’auteur nous ouvre les portes d’un nouvel univers captivant, et pose les premiers jalons d’une histoire qui promet d’être palpitante au possible. Comme souvent avec Guy-Roger Duvert, ce premier tome reste tout de même très introductif : l’idée est vraiment de nous familiariser avec l’univers, le contexte, les problématiques et les enjeux, ainsi qu’avec le personnage principal. On sent vraiment que tout ne commencera vraiment que dans le prochain volume, que tout ceci n’était qu’une sorte de mise en bouche … Et même si cela met l’eau à la bouche, il faut bien reconnaitre que l’on reste quelque peu sur notre faim ! J’espère que le deuxième opus ne sortira pas dans trop longtemps, car je suis vraiment curieuse et impatiente d’en savoir plus : je sens que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, qu’Armand n’est pas au bout de ses galères, et j’ai vraiment hâte de voir cela !

jeudi 22 janvier 2026

Gold & Bones - Guy-Roger Duvert

Gold & Bones, Guy-Roger Duvert

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 300

Résumé : Le Vicomte Eugène Théodore de L’Auroi, noble français au port impeccable et aux manières affûtées, traque les flibustiers avec l'élégance d’un duel au petit matin. Le capitaine Shiny Bones, pirate anglais sans panache, sans gloire et sans hygiène, préfère zigzaguer entre les ennuis, avec plus ou moins de réussite. Rien ne destinait ces deux hommes à se supporter plus d’une heure. Et pourtant, piégés chacun de leur côté, ils se retrouvent contraints de faire équipe pour suivre la trace d’une cité aztèque mythique, dont le nom hante les tavernes des Caraïbes. Commence alors une aventure où les coups bas seront aussi fréquents que ceux de canon.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Quelle meilleure façon de commencer l’année que de découvrir le petit dernier de Guy-Roger Duvert ? Petit dernier qui s’avère également être son petit premier : bien que retravaillé depuis, ce roman est le tout premier que Guy-Roger Duvert ait écrit … et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on y (re)trouve déjà les thèmes si chers à l’auteur ! C’est vraiment quelque chose que je trouve assez rigolo et fascinant, la récurrence des thématiques chez lui : d’une façon ou d’une autre, y compris et surtout quand vous ne vous y attendez pas le moins du monde, il y a toujours un drôle de tentacule ou d’entité mystérieuse qui fait son apparition à un moment ou à un autre … Pour la plus grande terreur des personnages, mais le plus grand plaisir des lecteurs qui n’ont plus qu’à se délecter du spectacle !

Et nos deux héros sont un spectacle à eux tous seuls, surtout quand vous les mettez côte à côte. D’un côté, vous avez le Capitaine Shiny Bones, archétype du pirate de pacotille qui semble avoir plus de rhum que de sang dans les veines … du moins, c’est ce qu’il était avant d’être jeté dans une prison française en attente de son exécution. Et de l’autre, vous avez le Vicomte de l’Auroi, nobliau français qui commence à se faire sa petite réputation de Chasseur de pirates auprès de la Couronne … du moins, c’est ce qu’il était avant de voir sa fillette enlevée par un fanatique de rituels obscurs et d’être déclaré comme un traitre. Tout oppose nos deux hommes … mais les aléas de l’existence vont les obliger à œuvrer main dans la main, l’un pour venger son honneur, l’autre pour récupérer la chair de sa chair. Nul ne peut savoir ce qui sera le plus difficile : affronter les embûches et leurs ennemis … ou réussir à travailler ensemble sans s’écharper !

Je pense que ce roman est le plus trivial que l’auteur nous ait proposé jusqu’ici … et c’est un compliment ! J’ai vraiment apprécié ce petit côté un peu « burlesque », et la petite pointe d’humour savamment disséminé dans la narration : on est certes dans un récit moins sérieux qu’Outsphere et moins épique que Les Rôdeurs de l’Empire, mais il n’en est finalement que plus attrayant encore ! Nos deux protagonistes n’ont rien de héros : le premier est une petite crapule pas très brillante, le second un aristocrate un tantinet imbus de sa personne. Deux têtes à claque, en somme, chacun à leur façon. Alors certes, on se dit que Bones est tellement insignifiant que c’est un peu dommage que ça soit tombé sur lui : il y avait sans doute des pirates plus sanguinaires à arrêter avant lui. Et certes, on a forcément de la peine pour ce pauvre Vicomte, dont la gamine a été enlevée sous ses yeux par un homme qui compte visiblement se servir d’elle pour un étrange rituel. Mais ils n’ont rien de particulièrement sympathique … et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de se laisser happer par leurs aventures, ou plutôt leurs mésaventures.

Car nos deux compères, qui se sont découvert une sorte de but commun – se venger d’une très ancienne trahison pour le pirate, et sauver sa fillette pour l’aristocrate – ne sont pas au bout de leurs surprises. Du début à la fin, ils enchainent les coups durs : non seulement ils semblent avoir la poisse, mais leurs adversaires respectifs sont également particulièrement coriaces. Chapitre après chapitre, on se demande comment ils vont réussir à se sortir de ce guêpier … mais surtout, on se demande dans quel nouveau bourbier ils vont se retrouver par la suite ! Car Guy-Roger Duvert ne ménage jamais ses personnages : s’il faut que quelque chose tourne mal, ça tournera forcément mal pour eux … et c’est réjouissant à lire, c’est indéniable ! Surtout avec deux anti-héros de cet acabit : on ne sait jamais s’ils s’en tirent parce qu’ils sont quand même un peu brillants sur les bords, ou parce qu’ils ont parfait une chance incroyable pour contrebalancer leur malchance ! C’est rocambolesque à souhait, page-turner au possible : certes, certains retournements de situation sont prévisibles et finalement très clichés, mais l’essentiel, c’est que cela marche à tous les coups !

En bref, nul besoin d’en dire beaucoup plus : comme toujours, l’auteur a réussi à m’entrainer à la suite de ses protagonistes dans une aventure captivante et haletante. C’est un roman particulièrement divertissant, souvent drôle et toujours palpitant : on pourrait le dévorer en une seule après-midi tant les pages se tournent bien ! Ce n’est pas le style le plus littéraire du monde, j’en conviens … mais c’est un style efficace, qui raconte l’histoire avec brio sans en faire trop, et c’est parfois tout ce dont on a besoin pour passer un bon moment. Je ne sais pas si l’auteur a prévu une suite à ce roman, mais je crois que j’aimerai bien revoguer encore un peu avec ce duo mal assorti : j’aime déjà beaucoup les histoires de pirates, surtout quand c’est un peu comique (oui, j’aime Pirates des Caraïbes), mais alors une histoire comique de pirates écrit par Guy-Roger Duvert, c’est encore mieux !

dimanche 16 novembre 2025

Liann et la Pierre de Puissance - Suzanne Max et Alain Benoist

Liann et la Pierre de Puissance, Suzanne Max et Alain Benoist

 Editeur : Ex Aequo
Nombre de pages : 71

Résumé : Khali, le meilleur ami de Liann, rêve de vivre comme lui ses propres aventures ! Mais hélas il ne mesure pas toujours les dangers qui le guettent. Grâce à l’aide d’une jeune fée, le voilà parti à la recherche d’une mystérieuse roche magique censée lui donner de nouveaux pouvoirs. Courageux, téméraire, mais souvent imprudent, Khali sera mis à l’épreuve et devra surmonter bien des obstacles sur son chemin. Dès lors, lancé à sa recherche, Liann fera tout pour le sauver du terrible sort qui le menace.

 Un grand merci aux éditions Ex Aequo pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

 Septième opus des aventures de Liann le petit faune, ce roman peut se lire indépendamment des autres tomes, à la fois parce que chaque volume présente une petite histoire complète et donc « autonome », et parce que ce volet est plus particulièrement centré sur le meilleur ami de Liann, Khali.

Ce dernier en a ras-le-bol d’être toujours cantonné aux « seconds rôles », d’être sans cesse dans l’ombre de son royal ami : lui aussi veut briller, lui aussi veut être acclamé comme un héros ! Alors quand Aster, la vieille nourrice, leur raconte l’histoire de Rolf, un pauvre faune orphelin devenu plus puissant que le Roi lui-même grâce à une pierre magique, Khali n’a plus qu’une seule idée en tête : partir à la recherche de cette roche fabuleuse, et acquérir à son tour de formidables pouvoirs. Ni une ni deux, il demande à la jeune fée Mélinda de transformer son chien en un « faux Khali », afin de pouvoir partir à l’aventure sans que son absence ne soit remarquée. Il n’a qu’une journée, une seule, pour trouver l’île où se trouve la fameuse pierre, et revenir, sans quoi son double prendra sa place à tout jamais … Mais la route est pleine d’épreuve : s’en sortira-t-il tout seul ?

Soixante-dix pages : c’est tout ce dont l’autrice a besoin pour offrir au lecteur, qu’il soit petit ou grand, une aventure des plus folles. Il y a de tout dans ce petit livre : de l’aventure, de l’action, du danger et du suspense, bien évidemment (à quoi ressemblerait une quête initiatique sans des épreuves angoissantes et une échéance dramatique ?), mais aussi de l’émotion, de la magie et des bons sentiments (parce qu’il faut bien nourrir l’esprit et le cœur de nos petits héros de demain). Non seulement on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais on ne peut que sortir un peu « grandi » de ce petit récit … un peu comme Khali !

En effet, au début du livre, ce dernier est assailli de mauvaises pensées … et cela le mène à mal agir. Jaloux de son meilleur ami, il est envahi par la soif de puissance et de gloire : il veut être fort, il veut être grand, il veut être admiré, il veut être acclamé. Par ailleurs, sa fainéantise le pousse à trouver un moyen d’échapper aux tâches dont tous les petits faunes doivent s’acquitter pour aider la communauté. Enfin, il use de sournoiserie pour embobiner une (trop) gentille petite fée et la convaincre d’utiliser sa magie pour satisfaire ses petites envies égoïstes … Jaloux, ambitieux, paresseux et fourbe : ce n’est pas très glorieux, tout cela … mais il semble évident que beaucoup d’enfants (et bien des adultes aussi, avouons-le) peuvent se reconnaitre dans ce petit anti-héros … très attachant tout de même.

Car à côté de cela, Khali est aussi un enfant généreux, courageux et loyal. Au cours de son aventure en solitaire, il viendra en aide à un pauvre blessé, il ne reculera pas devant le danger, et il affirmera haut et fort son amitié et sa fidélité envers son ami Liann. Il prendra peu à peu conscience que, finalement, il a déjà en lui tout ce qu’il faut pour être un héros : bien sûr, il n’est pas de lignée royale comme Liann, mais cela ne l’empêche pas de se montrer bon, fort et respectable … Il prend également conscience qu’accepter de l’aide, ce n’est pas de la faiblesse, que c’est au contraire quand on met son orgueil de côté et qu’on réfléchit à plusieurs qu’on trouve les bonnes solutions.

Car on s’en doute bien : Liann ne va pas laisser son meilleur ami affronter seul de si terribles dangers, et tout se terminera bien pour notre imprudent petit Khali ! En tant qu’adulte, on peut trouver que tout se résout bien trop facilement, mais je reste convaincue qu’un petit lecteur passera par toutes les émotions, de l’espoir à la peur et de la peur au soulagement, tout au long de ce petit roman. Nul doute également que, sans même s’en rendre compte, il en tirera quelques petites leçons pour l’avenir : il faut se méfier de l’ambition, ne pas céder à la facilité, ne jamais refuser la main tendue d’un ami fidèle … et ne jamais laisser un ami dans la galère !

Mention spéciale aux belles illustrations en couleur qui parsèment le récit : elles apportent un peu plus de douceur et de magie à l’histoire, et c’est vraiment un régal pour les yeux. Autant vous dire que j’ai été conquise par ce petit roman, et que je le conseille aux petits comme aux plus grands !