mercredi 26 août 2026

Outsphere, tome 5 : Démence - Guy-Roger Duvert

Outsphere5, Guy-Roger Duvert

Démence

 Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 578

Résumé : Plus d’un millénaire. C'est le temps qu'il a fallu à M1500 pour bâtir un empire, protéger une espèce et traquer une menace dont personne d'autre ne soupçonnait au départ même l'existence. Il pensait avoir le temps. Il avait tort. La menace ashkanienne vient de se réveiller. La capitale tremble encore des premiers effets d'une offensive psychique sans précédent, tandis que des armées au nord martèlent déjà les frontières de l'Empire. Et dans l'ombre, l'Aube Obscure a infiltré les ruelles mêmes de la Capitale. Trois missions. Trois équipes. Une seule chance.

 Un grand merci à Guy-Roger Duvert pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

 

- Mon avis sur le livre -

Écrire une chronique sur un dernier tome de saga, c’est toujours un exercice des plus complexes : il faut tout à la fois en dire suffisamment pour exprimer notre ressenti sur ce titre en particulier et en dire suffisamment peu pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ceux qui n’ont pas encore lu, ou du moins pas entièrement, la saga ! Mais alors, quand un roman pose le point final de deux sagas en même temps, c’est encore plus compliqué … on frôle peut-être même l’impossible ! Mais c’est tout de même à cela que je vais devoir m’atteler aujourd’hui, car ce livre n’est pas uniquement le dernier opus d’Outsphere, il est également celui des Rôdeurs de l’Empire … Aussi inattendue que bienvenue, cette convergence entre deux sagas qui semblaient au premier abord ne rien avoir en commun (du space opera d’un côté, de la fantasy médiévale de l’autre) trouve son apothéose avec ce beau pavé de presque 600 pages : il n’en fallait pas moins pour venir à bout d’une intrigue qui aura au final duré plus d’un millénaire …

Tout commence d’ailleurs par un prologue bien fourni, qui nous remet en mémoire tout ce qui s’est déroulé sur cette drôle de planète qu’est Eden depuis que les humains y ont posé les pieds, il y a bien des siècles et bien des tomes de cela … Même si on peut déplorer le petit côté un peu « artificiel » de cette rétrospective dans la tête de l’Empereur – M1500 pour les intimes –, il faut bien reconnaitre que c’était fort nécessaire de tout remettre à plat avant de se plonger dans le « grand final ». C’est qu’il s’en passe, des choses, dans une civilisation, en un millénaire ! Et cela d’autant plus quand on a eu le malheur de s’installer sur une planète pourvue d’un système de défense implacable, installé par une antique et terrifiante race extraterrestre décidemment bien décidée à ce qu’aucune autre espèce ne puisse vivre chez eux … Même si cela ajoute indéniablement du piquant à l’intrigue pour les bienheureux lecteurs que nous sommes, je présume que nos pauvres héros auraient préférés que leur nouvelle planète soit un petit peu moins bien protégée : cela leur aurait évité bien des désagréments et bien des responsabilités !

Car il faut bien se dire qu’à eux dix, Terriens et Rôdeurs représentent rien de moins que l’espoir de l’humanité toute entière : s’ils échouent dans leurs missions respectives, ces grosses bestioles pleines de tentacules verront leur plan se réaliser, et s’en sera définitivement finie pour l’espèce humaine. Vous imaginez la pression ?! Séparés en trois groupes, les voici disséminés d’un bout à l’autre des Terres Connues (et peut-être un peu plus loin) pour affronter la Menace ashkanienne sur tous les fronts … et comme on peut aisément s’en douter après avoir lu huit livres dans cet univers (et beaucoup dans les autres univers de l’auteur), cela ne va pas être de tout repos ! Car les anciens habitants de la planète et leurs créations ne sont pas les seuls dangers que vont devoir affronter nos héros : d’autres embûches, bien plus humaines cette fois-ci, vont se dresser sur leur chemin …. Et il leur faudra même, peut-être, se méfier d’eux-mêmes. Car le titre de ce tome l’indique bien : la folie guette tous et chacun.

Pour tout vous dire, je ne sais vraiment pas quoi écrire dans cette chronique : il y en a déjà huit autres concernant cet univers sur ce blog, et je ne sais pas du tout quoi vous dire de plus ! On retrouve vraiment tout ce qui fait le charme de ces deux sagas : beaucoup d’action, beaucoup de rebondissements, beaucoup de tension, beaucoup de retournements de situation. Il n’y a pas de temps mort, il se passe toujours quelque chose, on ne s’ennuie pas une seule seconde : c’est vraiment le genre de livre à lire quand on a besoin d’une intrigue dynamique et captivante. Je reste parfois un peu frustrée du manque de profondeur des personnages, qui ne sont finalement que des « rôles », des « fonctions », des marionnettes qui font des actions : même au bout d’autant de tomes, je n’ai pas réussi à ressentir le moindre attachement pour aucun d’entre eux, parce qu’on a un peu cette impression qu’ils ne ressentent rien de particulier à part la fureur d’accomplir leur mission. Pourquoi, eux-mêmes ne semblent pas se poser de question : l’auteur veut qu’on fasse ça, alors allons-y ! C’est sans doute le revers de cette narration très « cinématographique », centrée sur les actes, les dialogues : c’est très visuel, mais on est privé de ce lien un peu « intime » qu’on peut généralement avoir avec les héros de romans.

Malgré ce petit détail, j’ai vraiment passé un excellent moment avec cet opus final : chapitre après chapitre, on sent monter la tension, on sent approcher le grand dénouement, l’ultime confrontation avec cette Menace qui pèse sur la civilisation humaine depuis son arrivée sur cette nouvelle planète, dans le tout premier opus d’Outsphere. Tout s’explique enfin, tout ce qui nous semblait mystérieux, étrange, intriguant, effrayant donc, tout a enfin un sens, et c’est très satisfaisant en tant que lecteur de pouvoir reconstituer plus précisément le puzzle … Même si j’ai l’étrange pressentiment que ce puzzle vient de s’élargir subitement : comme je le soupçonnais timidement dans la conclusion de ma chronique de Croisière Macabre, c’est désormais avec Les Chroniques Occultes qu’un lien a été tissé ! Ce n’était jusqu’à présent pas ma saga préférée de l’auteur, mais avec cette nouvelle donnée en tête, j’ai désormais une envie folle de la relire pour tenter de remarquer quelles sont les convergences entre ces deux univers. Comme quoi, quand un auteur a l’audace de tisser des ponts entre les genres, de brouiller les frontières entre ses propres livres, ça donne un ensemble encore plus passionnant à explorer. J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’il va encore nous concocter par la suite, car je me régale toujours en le lisant !