mercredi 18 septembre 2019

Asynchrone - Fabien Clavel


Asynchrone, Fabien Clavel

Editeur : Lynks
Nombre de pages : 239
Résumé : Chora se réveille dans un lit d’hôpital. Orpheline. Ce n’est pas normal. C’est elle, qui aurait dû mourir en premier. Mais ses parents, scientifiques reconnus, sont morts dans l’explosion d’un accélérateur de particules capable de renverser le cours du temps. Sabotage ? Attentat ? C’est ce que pensent l’inquiétante Epone, responsable de la sécurité et Théo, jeune gendarme aux traits curieusement familiers. Dévastée, Chora décide de découvrir la vérité. Sauf que… Les heures lui sont comptées. Car si le drame l’a dotée du pouvoir de se déplacer dans le fil de sa propre histoire, chaque voyage détraque un peu plus le rythme fragile de son cœur en sursis.


Un grand merci aux éditions Lynks pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Il n'y a pas de calme, seulement un manque, un vide venimeux, un trou que rien ne viendra combler. Comment puis-je mourir alors que mon cœur n'est plus là ? »

- Mon avis sur le livre -

Il y a certains mots qui dépatraquent complétement ma capacité à résister à l’attrait d’un livre … Le groupe nominal « voyage dans le temps » fait indiscutablement parti de cette catégorie. Lorsque ce tag a attiré mon attention sur Simplement.pro, j’ai immédiatement su que cela ne servait à rien de résister – d’autant plus que je suis également incapable de résister aux éditions Lynks. Cet intérêt pour les voyages temporels ne date pas d’hier : depuis que mon père – professeur de physique – a évoqué devant moi la question des trous de ver (supposés permettre de voyage dans l’espace, dans le temps, ou même dans les deux à la fois), je n’ai eu de cesse de me documenter sur ce sujet. Alors vous comprenez bien qu’à chaque fois qu’un roman aborde la question des voyages dans le temps, je ne peux pas faire autrement que me jeter dessus ! Et c’est ainsi que je me suis ruée sur Asynchrone, toute excitée que j’étais de voyager à travers le temps en compagnie de Chora …

Atteinte d’une grave maladie cardiaque, Chora s’était faite à l’idée de mourir d’un instant à l’autre. Rien ne l’avait donc préparé à être orpheline … C’est pourtant bien ce qu’elle est devenue suite à l’explosion de l’accélérateur de particules où travaillaient ses parents, scientifiques de renom. Et comme si cela ne suffisait pas, voici que la responsable de la sécurité du synchrotron l’accuse d’être l’éco-terroriste responsable de cet attentat ! Aidée par son jeune garde du corps, Théo, qui lui semble mystérieusement familier, Chora va tout mettre en œuvre pour prouver son innocence et découvrir la vérité … Tout, y compris ses toutes nouvelles facultés lui permettant de voyager à travers le temps, quand bien même chaque incursion dans son passé détraque un peu plus son cœur à bout de souffle. Parviendra-t-elle à inversion le cours du temps et à sauver ses parents, quitte à mourir en cours de route … ?

C’est un livre qui commence de façon plutôt classique … Un réveil à l’hôpital. Le collègue de travail des parents chargé de communiquer la terrible nouvelle. Le joli gendarme chargé de la protection de la jeune miraculée. On ne va pas se mentir, le début est loin d’être palpitant. Mais la suite … La suite, elle, l’est indéniablement. A partir du moment où les « pouvoirs » flambants neufs de Chora se réveillent, tout semble s’accélérer, à l’instar de son rythme cardiaque qui se fait le fil rouge de ces voyages temporels. Car l’auteur ne perd pas de temps pour nous dévoiler cet état de fait : c’est une véritable course contre la montre qui s’engage. Chora n’a pas de temps à perdre : si elle veut découvrir ce qui est réellement arrivé au moment de l’explosion, et plus encore si elle veut éviter cette catastrophe, elle doit agir, et vite. Car chaque minute qui passe est une épreuve supplémentaire pour son cœur en sursis. Son cœur qui, de plus, s’affole à chaque fois qu’elle croise le regard de Théo, qu’elle a l’impression de connaitre alors qu’elle ne se souvient pas l’avoir déjà rencontré …

Je dois l’avouer, au début, cette petite amourette m’a fait lever les yeux au ciel : bon sang, Chora, tu viens de perdre tes parents et tu te jettes dans les bras du premier garçon venu ?! C’est tellement vu et revu ce cliché du « on a l’impression de se connaitre sans s’être jamais rencontrés » ! Du moins, c’est ce que l’on pense au premier abord … Car on comprend progressivement que, d’une certaine façon, ils se sont déjà rencontrés. Même si Chora ne peut pas s’en souvenir : elle n’a pas encore vécu cette première rencontre ! Vous l’aurez compris, la magie des boucles temporelles entre en jeu. Fabien Clavel a fait un choix plutôt audacieux : tandis que dans la plupart des récits de voyages dans le temps, le voyageur quitte le présent pour naviguer dans le futur ou le passé, ici, Chora se dédouble, et se retrouve simultanément à plusieurs lieux et époques à la fois. Il y a quelque chose d’assez vertigineux dans ces nombreux voyages, qui finissent par s’entremêler et s’entrecouper, jusqu’au « grand final » qui donne la chair de poule. Je crois que mon cœur, l’espace d’un instant, a battu à l’unisson de celui de Chora, ce qui n’est pas peu dire !

Car sans m’en rendre compte, j’ai fini par m’attacher à Chora et à Théo, et j’avais de plus en plus envie de les voir réussir, et de plus en plus peur de les voir échouer, au fur et à mesure que les pièces de cet immense puzzle à l’échelle de l’espace-temps se dévoilait. On se fait parfois des nœuds au cerveau, car les théories scientifiques parsemées ci et là restent assez pointues, car c’est le propre des voyages temporels que de mettre la logique sens dessus-dessous, mais on se laisse irrémédiablement happé par l’histoire, au point qu’on en oublie parfois les incompréhensions que suscitent toujours ce type de péripéties. Ce livre, c’est tout simplement un véritable page-turner qui se dévore à une vitesse folle … Et c’est peut-être là le point le plus « négatif » : il se lit trop vite. Il y a ce petit arrière-gout de trop peu, cette sensation de rester sur sa fin : en veut en voir plus, en savoir plus. Je n’aurai pas dit non à un récit plus long, un peu moins « haletant » mais plus « saisissant » !

En bref, vous l’aurez bien compris, malgré quelques « réserves » initiales, j’ai plutôt bien aimé ce roman au rythme trépidant ! Ce n’est assurément pas mon coup de cœur de l’année, car l’intrigue est parfois un peu trop rapide et qu’il est parfois difficile de s’y retrouver, mais c’est une histoire fort sympathique qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. J’ai pris plaisir à suivre Chora dans ses forts nombreux voyages à travers le temps et l’espace, j’ai eu peur pour elle lorsque son cœur hurlait « stop », j’ai été émue aux larmes lors de certains passages (mention spéciale à la page 173), j’ai eu envie de hurler contre le « vilain méchant » lorsque son véritable visage s’est dévoilé, et j’ai eu le cœur qui s’est mis à courir le marathon lors de la dernière scène (je veux y croire, je veux y croire !). Une ribambelle d’émotions, donc, pour ce roman à la narration affutée et à l’intrigue étourdissante. Un roman que je suis vraiment ravie d’avoir dans ma bibliothèque car il ne fait aucun doute que je relirai un jour ou l’autre !

samedi 14 septembre 2019

Memory - Christine Féret-Fleury


Memory, Christine Féret-Fleury

Editeur : Lynks
Nombre de pages : 189
Résumé : Il y a le phare, où Mem mène une existence de captive, coincée entre son frère Sam et l’inquiétant Joris. Il y a le quotidien, morne et gris, la peur au ventre, peur d’être frappée, peur de prononcer un mot interdit, peur de déployer ses ailes, et qu’elles lui soient arrachées. Il y a le rêve, aussi, toujours le même, qui l’aide à tenir le coup. Jusqu’au jour où le refuge du trio est attaqué. Libre presque malgré elle, Mem s’en va sans un regard en arrière ...

Un grand merci aux éditions Lynks pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.



- Un petit extrait -

« Apprendre. C'est comme une faim. Mieux que la faim. Si je pouvais dévorer les mots pour les enfermer dans mon corps, je le ferais. »

- Mon avis sur le livre -

Quand il y en a plus … il y en a encore ! A chaque fois que je viens à bout de ma (toute) petite pile de services presse, un petit paquet m’attend sagement dans la boite aux lettres, à croire que ma factrice m’espionne pour savoir quand poster les colis ! L’avantage de ce « chassé-croisé », c’est que je suis beaucoup moins angoissée que lorsque les livres arrivaient tous en même temps : pas besoin de jongler avec les dates butoirs et plannings de publication, les lectures et chroniques s’enchainent tout naturellement par ordre d’arrivée … C’est ainsi que, quelques jours à peine après être entré sur les étagères, Memory en est ressorti car son tour était venu de venir se frayer une petite place dans mon cœur de lectrice. Car croyez-le ou non, mais je n’oublie jamais un livre : il y a toujours un petit quelque chose, une phrase, une émotion, une réflexion, qui reste à jamais gravé dans ma mémoire … 

Cela fait des années que Mem vit enfermée dans le Phare, avec pour seule compagnie son frère Samuel et le cruel Joris qui la battent quotidiennement. Des années que son quotidien se résume à la faim, à la douleur, à la peur, à la servitude. Car elle n’est rien d’autre que Mem. La petite Mem, toute juste bonne à faire la cuisine, la vaisselle, la lessive, le ménage, à obéir et à se taire. A oublier. Oublier ce que veut dire « rêver », « mère », « pourquoi », « avant ». Tous ces mots interdits, bannis, dangereux, qui dansent dans son esprit mais qui ne doivent jamais passer la barrière de ses lèvres gercées par la mer et le froid. Jusqu’au jour où les Autres attaquent le Phare, lui offrant la liberté qu’elle n’a jamais connue, jamais cherchée. Poussée par une envie irrésistible qu’elle ne s’explique pas, Mem fuit le Phare et s’élance vers l’inconnu. Sans un regard en arrière, sans une once de regret. Elle le sent, là-bas, elle trouvera les réponses aux questions qu’elle ignore encore se poser …

Au collège, on nous apprend que l’incipit d’un roman doit nécessairement apporter au lecteur les informations essentielles pour comprendre le récit : où, quand, qui, quoi ? Ici, l’autrice se joue des conventions et les balaye d’une vague : le lecteur est plongé dans une délicieuse incertitude, tout comme dans un rêve. Il devine plus qu’il ne sait. Alors il se laisse porter, sans trop savoir où il a mis les pieds, sans trop savoir dans quoi il s’est engagé. Il se laisse guider par la petite Mem, qui elle-même ne sait pas trop où elle va : jusqu’à présent, elle se contentait d’obéir aux ordres, comme on lui a appris à le faire au Centre d’Apprentissage. Livrée à elle-même, dans la plus parfaite des solitudes, Mem quitte ce Phare, sa maison, sa prison, pour découvrir « ce qu’il y a, là-bas, derrière la ligne des collines qui protègent le port ». Elle n’a d’autre envie que de tourner le dos à ce lieu qui fut le témoin des coups et des insultes. Elle n’a d’autre but que de savoir, enfin, ce qu’on lui a toujours caché.

Savoir. Apprendre. Tel est ce qui l’attend au bout du chemin. Guidée par celle qui fut son institutrice, Mem se libère des chaines qui l’entravaient et libère enfin les mots qui enflaient dans son cœur. Ces mots chargés de peur et de peine, mais aussi d’espoir, ces mots interdits qu’elle ne parvenait pas à oublier malgré les coups et les menaces, ces mots dont elle comprend à peine le sens mais qui luttaient pour ne pas disparaitre dans les méandres de l’oubli. Ces mots qui, petit à petit, enfin délivrés, font ressurgir des souvenirs. « Avec les mots, on peut raconter toutes les histoires du monde », explique Calipse à la petite fille qui découvre ce qu’est un livre. Car dans ce futur où règne une dictature du travail et du silence, les livres, la connaissance, les mots eux-mêmes ont été bannis pour mieux contrôler le peuple. Et voici que Mem découvre tous ces mots interdits : « rêve », « confiance », « liberté », « espérance ». Elle apprend à voyager sans bouger, à rêver toute éveillée, tandis que les signes sur le papier prennent vie dans sa tête. Mem apprend à lire.  

Bien plus qu’un livre d’anticipation, c’est donc bien une sorte de voyage initiatique que l’autrice nous invite à effectuer aux côtés de Mem. Petite fille, adolescente ou jeune femme, Mem change d’âge et de visage au gré des chapitres. Chaque pas la rapproche un peu plus de son passé, ce passé qu’on a vainement tenté d’effacer mais qui ressurgit furtivement, une bribe de souvenirs par-ci par-là, l’écho d’un visage, l’ombre d’une berceuse. Sans ce passé qui se dérobe à elle, Mem n’est qu’une coquille vide : comment savoir qui on est quand on ignore qui on a été ? Au gré des rencontres, au fil également des mésaventures, Mem retrouve progressivement son identité, par le pouvoir des mots et celui de la bienveillance. Et le lecteur jubile de la voir, page après page, se révéler à elle-même, se retrouver elle-même. Jusqu’à ce que son prénom s’impose à elle, comme une évidence : il a toujours été là, mais elle n’a jamais réussi à le voir. Mais désormais, Mem sait qui elle est, et elle sait également ce qu’elle doit faire …

En bref, vous l’aurez bien compris, j’ai beaucoup aimé ce petit livre qui ne ressemble à aucun autre. Ce roman, c’est un peu comme un songe : on se retrouve hors du temps et de l’espace, dans un lieu et une époque qu’on ne peut déterminer avec précision … On est suspendu au bord du vide, retenu par de simples mots qui nous racontent l’odyssée de la petite Mem, qui nous happent et nous emprisonnent pour mieux nous émouvoir, pour mieux nous transformer. Car on ressort de ce roman un peu changé de l’intérieur, on a le sentiment un peu confus d’être détenteur d’un secret primordial, de n’être que le relais d’un message crucial, qui se niche au fond de notre être, quelque part, on ne sait où. C’est un récit à la fois dur et doux que nous propose Christine Féret-Fleury, un récit très atypique mais surtout très important. Il y a au creux de ce récit une véritable lettre d’amour à la littérature, un hommage au pouvoir et à la magie des mots. C’est un roman plutôt déconcertant, car il ne se laisse pas enfermer dans un genre ou dans des règles, mais c’est vraiment un beau roman, alors n’hésitez pas …

mercredi 11 septembre 2019

Cheval Fantôme, tome 1 : L'étalon sauvage - Terri Farley


Cheval Fantôme1, Terri Farley
L’étalon sauvage

Editeur : Flammarion jeunesse
Nombre de pages : 290

Résumé : Quelle joie pour Sam de revenir chez elle après deux ans d’absence due à un grave accident de cheval ! Pourtant, Blackie, son premier et seul cheval, lui manque terriblement : nul ne l’a revu depuis l’accident… Soudain, un étalon d’argent surgit devant Sam, plus beau et plus sauvage que les autres : est-ce un signe ? Blackie est-il revenu aussi ?





- Un petit extrait -

« L'étalon se dressa dans les airs, se cabrant si haut qu'on eût dit qu'il cherchait à toucher la lune de ses antérieurs. Puis il hennit avec force. Sam comprit comme s'il avait parlé. Depuis la berge sauvage de la rivière, le Fantôme venait de lui promettre qu'il reviendrait. »

- Mon avis sur le livre -

Déjà toute petite, j’aimais que les étagères de mes bibliothèques soient jolies et bien ordonnées : hors de question d’avoir un broché qui côtoie un livre de poche ou que les tomes d’une même saga soient éparpillés au petit bonheur la chance ! Je maudissais Bayard poche pour avoir réédité les Grand galop avec un dos différent (puisque cela me laissait face à un dilemme atroce : les ranger dans l’ordre des tomes et avoir des dos dépareillés en permanence, ou distinguer les deux éditions et les avoir dans le désordre le plus total) … mais j’adorais la collection « Cheval Passion » de Flammarion jeunesse car il y avait une réelle harmonie qui rendait vraiment bien quand on les alignait ! Rien que cela donne presque envie de se procurer toute la collection pour avoir une magnifique étagère …

Cela fait déjà deux ans que Samantha a quitté le ranch suite à une terrible chute de cheval … Deux ans que Blackie, son poulain, a disparu. Désormais âgée de treize ans, la jeune fille est de retour chez elle. Mais rien ne se passe comme prévu : les employés de son père ne voient en elle qu’une « fille de la ville », son ami d’enfance semble lui en vouloir pour une obscure raison, et le nouveau voisin est un homme exécrable qui n’a qu’une seule envie, capturer et « dresser » l’étalon le plus sauvage des alentours, le Fantôme. Seulement voilà, Sam en est persuadée au plus profond de son cœur depuis qu’elle a rencontré ce cheval : le Fantôme et Blackie ne sont qu’un seul et même équidé. Parviendra-t-elle à se faire accepter des cowboys, à comprendre le comportement de Jake, et surtout à empêcher Slocum de mettre la main sur son poulain devenu grand ?

Premier tome d’une saga de 24 tomes – bien que seuls les 8 premiers aient été traduits en français, pauvres de nous –, L’étalon sauvage est indiscutablement un tome introductif … et c’est bien ce que je lui « reproche ». Bien sûr, il faut présenter les personnages principaux et poser le contexte, mais j’ai trouvé ce premier opus vraiment long et lent. L’intrigue tarde terriblement avant de se mettre laborieusement en branle, on tourne en rond comme pour bien marteler dans la tête du petit lecteur que « Sam est têtue, Jake est surprotecteur et Slocum est un monstre » … Même à dix ans, je n’avais pas eu besoin de trois-cent pages pour m’en rendre compte : au bout de cinq chapitres, c’était intégré et j’attendais avec impatience que l’action se mette enfin en place ! Ce que je voulais, c’était que Sam croise la route du Cheval Fantôme qui donne son nom à la saga, et savoir ce qui allait se passer entre eux ! Pas « m’entendre dire » – si l’on peut parler ainsi – pendant plusieurs centaines de pages des évidences !

Un début laborieux, donc. Mais cela n’empêche pas ce petit roman d’être fort sympathique : préparez-vous à embarquer en plein Far-West avec des cowboys, des troupeaux de bétail à guider à cheval à travers les interminables prairies, des troupeaux de mustangs sauvages … Aujourd’hui encore, j’ai des étoiles dans les yeux en imaginant le décor (même si j’ai une peur bleue des vaches, ce qui était fort compliqué dans mon ancien centre équestre, western jusqu’au bout des sabots …) : dépaysement garanti avec cette série qui promet d’être fort captivante ! Une jeune fille déterminée, qui aime tant son cheval (même si elle ne l’a connu que peu de temps) qu’elle est prête à « sacrifier » la joie de le revoir pour le savoir libre et heureux, un étalon redevenu sauvage mais qui semble se souvenir de ce petit bout de femme qui s’est occupé de lui quand il n’était qu’un poulain … Sans oublier le cruel Slocum à qui l’on rêve de mettre une baffe, et contre qui Sam va se dresser envers et contre tout ! J’ai beaucoup aimé Jake, ce jeune homme hanté par l’accident de Sam, dont il se sent responsable, et qui oscille entre son rôle de protecteur autoproclamé et celui d’ami d’enfance attentionné … J’ai eu plus de mal avec le père de Sam, un peu trop froid à mes yeux … mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour Compère la petite génisse que Sam a pris sous son aile (c’est tellement mignon) !

En bref, vous l’aurez bien compris, même si j’ai trouvé que ce premier tome trainait en longueur, j’aime beaucoup ce qu’il promet pour la suite … Au point que je vais probablement m’acheter les tomes suivants dans un avenir plus ou moins proche ! Samantha est une jeune héroïne très attachante : j’aime beaucoup sa détermination à prouver sa valeur aux employés de son père, mais aussi sa maladresse … beaucoup de petites cavalières et de petits cavaliers peuvent se retrouver en elle ! J’aime également énormément la façon dont l’autrice met en valeur le respect de sa monture : on le sent très bien à la façon dont elle parle de Slocum et de ses « méthodes », elle désapprouve totalement la violence « banalisée » qui existe parfois en équitation (malheureusement, aujourd’hui encore, beaucoup de moniteurs encouragent les cavaliers à « réveiller » leur monture à l’aide d’un coup de cravache … quel barbarie !) et elle invite très fortement à créer un lien de confiance et d’amitié plutôt qu’un lien de domination. Les cavaliers et cavalières en herbe ont besoin qu’on leur apprenne qu’une équitation plus douce est possible, et le beau lien qui unit Sam à son poulain est exemplaire sur ce point ! Je recommande donc malgré cette langueur de tome introductif …

samedi 7 septembre 2019

Traverser les orages - Lucile Caron-Boyer


Traverser les orages, Lucile Caron-Boyer

Editeur : Librinova
Nombre de pages : 285

Résumé : Liv rentre en première.
L’année de ses seize ans, une année qui sera celle de tous les bouleversements. Heureusement, pour affronter la tempête, elle a ses armes secrètes : Margot, Max, Lisa et Rodolphe.
Bien plus que des amis, sa confrérie…

Un grand merci à Lucile Caron-Boyer pour l’envoi de ce volume et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.


- Un petit extrait -

« Je savais que la peur pouvait vous paralyser, que l'angoisse vous faisait perdre vos moyen, mais j'ignorais que le bonheur aussi, parfois, peut vous couper le souffle.   »

- Mon avis sur le livre -

Quand la sonnerie de l’école primaire retentit à nouveau en bas du village après deux mois de silence, quand la cour de récréation se remplit à nouveau d’éclats de rire et de cris enfantins, c’est le signe indiscutable que l’automne va prochainement faire son grand retour … Et tandis que les arbres se parent progressivement de leurs robes orangées, tandis que le calme reprend ses droits après le chaos touristique de la saison estivale, l’envie de m’emmitoufler sous ma couette avec un bon livre et une tasse de tisane ou de chocolat chaud revient au grand galop. Ainsi, pour célébrer le début de cette nouvelle année scolaire, j’ai choisi de me plonger dans le petit dernier de Lucile Caron-Boyer : j’avais adoré son premier roman, Mon petit cœur de pierre, et le résumé de Traverser les orages me paraissait tout aussi prometteur … si ce n’est plus.

Du haut de ses quinze ans (bientôt seize), Liv est une adolescente comme les autres. Elle partage son quotidien entre ses études (elle entre en première), sa passion pour les animaux marins (en particulier les requins baleine et les poissons-lune), sa famille et ses amis … Enfin, pour être parfaitement honnête, priorité est donnée à ses amis : Margot, Max, Lisa et Rodolphe. Depuis des années, les cinq membres de « la confrérie » vivent « une belle, grande et magnifique histoire d’amitié » : ils sont inséparables (« un pour tous et tous pour un », comme les Trois Mousquetaires mais à cinq), complémentaires, et surtout invulnérables. Du moins, c’est ce qu’ils imaginaient … Mais lorsqu’une terrifiante tornade se déchaine soudainement dans la vie de Liv, ce sont toutes ses certitudes qui s’envolent.

Autant l’annoncer de suite : ce livre a parfaitement rempli son rôle de « lecture cocooning » ! C’est vraiment un roman qui met du baume au cœur, dont on ressort étonnamment apaisé … Il faut dire que l’autrice nous propose ici un véritable condensé de tendresse et de douceur ! Cela commence par l’Amitié (avec un grand A) qui unit Liv, Margot, Max, Lisa et Rodolphe : une Amitié comme on n’en trouve que dans les livres et dans les rêves, profonde et sincère, solide et authentique, qui coule de source et résiste au temps et à toutes les épreuves. C’est en effet dans les moments difficiles que les Vrais Amis se transforment en véritables bouées de sauvetage, en Saint-Bernards dévoués qui viennent vous chercher quand l’avalanche déboule. Car voilà bien ce qui arrive dans la vie de Liv : une avalanche, un tsunami, une tornade, un ouragan … Tout ce qui lui semblait indestructible est dévasté par cette terrible tempête qui s’abat sans crier gare sur sa vie. Une tempête ordinaire, à laquelle des milliers d’autres enfants et adolescents ont dû faire face avant elle, mais une tempête effrayante à laquelle nul n’est jamais préparé … 

A travers ce récit, l’autrice aborde donc des sujets difficiles, tels le divorce ou les maladies psychiques, mais cela sans jamais tomber dans le mélodrame ou le pathétique. C’est même tout le contraire … « Derrière les nuages, le ciel était toujours bleu », nous dit Liv dans un éclat de lucidité : elle l’avait oublié, prise dans le tumulte de l’orage, mais des petits bonheurs du quotidien l’ont aidé à s’en souvenir. Elle découvre également que le mauvais temps ne dure jamais bien longtemps et que le soleil ne s’est pas enfui à tout jamais. C’est vraiment un roman plein d’espérance que nous offre Lucile Caron-Boyer … On a tous cette fâcheuse tendance à se braquer face aux changements, face aux « tempêtes qui viennent régulièrement transformer nos paysages », on proteste, on lutte, on désespère, on tremble. Mais « après, ce n’est pas forcément pire, c’est juste différent » … Cette petite phrase, qui résume à elle-seule toute l’histoire finalement, j’ai envie de l’accrocher sur le mur à côté de mon bureau, car elle est exactement ce dont j’ai besoin actuellement …

En bref, vous l’aurez bien compris même si j’ai toutes les peines du monde à l’exprimer : j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, dont la simplicité n’a d’égale que la poésie. Liv est une jeune fille vraiment attachante, et son histoire est vraiment émouvante, mais aussi vraiment rafraichissante. Et la plume de l’autrice est vraiment très jolie, c’est un véritable régal ! Bref, c’est un roman que je prendrais un grand plaisir à relire à chaque fois qu’un orage se dresse sur mon chemin, à chaque fois que j’aurai besoin d’un coup de main de la confrérie pour réapprendre à voir les petits riens qui font l’éclaircie. C’est à mes yeux un roman que toute bonne bibliothèque ou CDI doit avoir dans son étagère « adolescents », car c’est vraiment un livre qui saura trouver un écho dans le cœur de tous les jeunes gens … mais aussi dans celui des plus grands. A lire et à faire lire, indiscutablement, et si possible avec un chat ronronnant sur les genoux (parce qu’il trouvera un ami caché au creux des pages) !