mercredi 20 février 2019

La petite fille du phare - Christophe Ferré


La petite fille du phare, Christophe Ferré

Editeur : L’Archipel
Nombre de pages : 442
Résumé : Le temps d'une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte, Morgane et Elouan ont laissé la garde de leur fille de 10 jours, Gaela, à son frère adolescent, Arthur. Mais au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, s'ajoute la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane est une mère déjà éprouvée par la perte d'un enfant, Elouan, un père souvent absent … Les pistes se multiplient mais l'enquête n'avance pas. Pourtant, près d'un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l'emporte sur l'incompréhension. Sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n'est pas sa sœur…

Un grand merci aux éditions L’Archipel pour l’envoi de ce volume et à la plateforme Babelio pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Comme dans tous les villages de France, derrière de pimpantes façades se cachent de sordides secrets. Les gens, les familles se haïssent, personne ne sait pourquoi, même pas eux. Les enlèvements et les meurtres d'enfants sont rares, mais ils existent. Mais l'envie de tuer, de se venger, de régler ses comptes de manière définitive est omniprésente. Quand un petit garçon ou une petite fille disparaît, la France entière se passionne pour l'évènement qui devient une sorte de miroir grossissant de toutes les haines accumulées partout depuis des siècles. »

- Mon avis sur le livre -

On dit souvent « la première idée est la bonne » … Lors de la Masse critique Littérature de septembre, j’avais décidé de passer mon tour afin de maximiser mes chances pour l’édition d’octobre consacrée aux Mauvais genres … mais j’ai finalement sélectionné La petite fille du phare, la couverture étant magnifique et le résumé fort prometteur. Et maintenant, je m’en mords les doigts : non seulement je n’ai pas apprécié plus que cela ce polar, mais en plus je n’ai effectivement pas été sélectionnée pour le titre que j’avais coché en octobre et que je voulais absolument ! Cela m’apprendra à ne pas tenir mes bonnes résolutions et à me laisser embobiner par une belle illustration de couverture ! Et surtout, cela me rappelle qu’il ne faut pas toujours se fier aux résumés : ils  ne reflètent pas toujours l’histoire qui est réellement racontée dans le livre …

Ce soir-là, Morgane et Elouan avait laissé leur petite Gaela sous la surveillance de son frère ainé afin de passer un moment en tête à tête au bar voisin. Mais à leur retour, le berceau est vide : Gaela semble s’être volatilisée, et le jeune Arthur n’a rien entendu. Pour Morgane, c’est le début d’une lente et douloureuse déchéance : dévastée par la disparition de son nourrisson, soupçonnée par les enquêteurs, la jeune femme ne sait plus à qui se fier. Qui a enlevé son bébé, et pourquoi ? Ce kidnapping serait-il lié aux nombreux secrets qu’elle tente coute que coute de protéger ? Lorsqu’un mois plus tard, la petite Gaela leur est rendue, Morgane aimerait croire que le cauchemar est enfin terminé … Mais tandis que l’enquête se poursuit, que l’étau se resserre autour d’elle qui ne parvint pas à prouver son innocence, le jeune Arthur affirme que ce bébé n’est pas sa petite sœur …

Disons-le tout net : ce livre m’a déçue. Il n’est pas mauvais … juste très moyen. Il entre dans la catégorie des livres que j’appelle « sans âme » : l’intrigue est plate, creuse, vide, la narration est plate, creuse, vide, les personnages sont plats, creux, vides. Pas moyen de s’attacher aux personnages, de vibrer à l’unisson avec eux, de trembler ou de s’émouvoir pour eux : ils ne sont que des noms couchés sur le papier, des personnalités caricaturées à l’extrême et donc inexistantes, simples faire-valoir d’une histoire dont le potentiel est éclipsé par cette fadeur. Des rebondissements à n’en plus finir, des révélations retentissantes à chaque fin de chapitre, des secrets qui resurgissent … C’est sympathique au début, mais ça lasse vite : on a finalement le sentiment que l’auteur a voulu réunir en une seule enquête tous les dénouements possibles et inimaginables, ballottant le lecteur d’une hypothèse à une autre comme une balle de tennis passe d’un côté à l’autre du terrain. C’est un peu trop pour être crédible, cohérent, intéressant. De même, Morgane est d’une inconstance monstrueuse, d’une insensibilité effroyable et d’une paranoïa glaçante : on sent que l’auteur veut nous pousser à croire qu’elle est folle et coupable, et c’est tellement visible qu’on sait pertinemment bien que ce n’est pas elle, du coup. 

Quant au dénouement … A part si vous êtes amateur des deus ex machina, je pense que vous serez tout aussi agacé que moi : bien sûr, c’est surprenant et inattendu, mais c’est surtout totalement ahurissant et farfelu. Ça tombe de nulle part, comme un cheveu sur la soupe, c’est d’ailleurs totalement tiré par les cheveux, comme si l’auteur ne savait pas vraiment quoi inventer pour se dépêtrer de l’imbroglio dans lequel il a plongé lecteurs et personnages. Il fallait quelque chose de dingue, il a trouvé quelque chose de dingue, certes, mais cela ne suffit pas à assouvir la soif du lecteur ! A quoi bon ouvrir tant de portes si c’est pour au final ne pas les exploiter ? J’aime les intrigues complexes, mais uniquement si elles sont cohérentes : et ce n’est clairement pas le cas ici. C’est trop gros pour être vrai, trop gros pour faire vrai. On n’y croit pas. Et donc on n’accroche pas. Je m’attendais à une révélation surprenante mais vraisemblable, je me retrouve avec un final extravagant et improbable qui ne m’a fait ni chaud ni froid … C’est une fin tout aussi artificielle que tous les dialogues de ce roman !

En bref, vous l’aurez bien compris, si je trouvais l’idée de départ intéressante, je n’ai clairement pas été convaincue par ce roman. Je n’ai rien ressenti en lisant ce roman, pas la moindre petite émotion. Je ne me suis attachée et donc inquiétée pour aucun personnage, ils sont tous aussi insipides les uns que les autres. Je n’ai pas apprécié l’avalanche de mystères et de retournements de situation, bien trop nombreux pour être intéressants. La narration était agréable lors des descriptions de paysages, mais totalement plate le reste du temps. Quel dommage de nous faire miroiter une histoire innovante centrée sur la certitude d’un grand frère pour finalement nous raconter l’histoire atrocement banale d’une mère accusée du meurtre de son nourrisson … Si encore l’intrigue était bien menée, j’aurai pu accorder mon pardon à ce résumé trompeur, mais comme ce n’est pas le cas, je me sent doublement trahie par ce roman à la couverture si magnifique !

Ce livre a été lu dans le cadre du Tournoi des 3 Sorciers
(plus d’explications sur cet article)

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