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mercredi 28 septembre 2016

Les Eveilleurs, tome 4 : Le passage - Pauline Alphen



Les Eveilleurs4, Pauline Alphen
Le Passage

Editeur : Hachette
Nombre de pages : 341

Résumé : Quatre lunaisons ont passé depuis le tournoi et l’incendie, depuis le mystérieux phénomène des sphères qui a entraîné la mort de Bahir et d’Eben, la disparition de Jad et de Jwel. Quelques décades à peine se sont écoulées depuis l’attaque des bandits. Et au contact du peuple des Arbres, c’est tout Salicande qui s’éveille, frissonne, s’ouvre à de nouvelles sensibilités. Mais la menace d’un ennemi inconnu pèse encore sur cette fragile harmonie. Il faut convaincre le village de se préparer à affronter des dangers qui ne seront pas ceux qu’il imagine.



- Un petit extrait -

« - Il est savoureux de penser que tout ce dont nous parlons aujourd’hui avec la Dame, tout ce que nous vivons depuis l’incendie, aurait sa place dans un roman de fantasy …
- Ou d’anticipation ou de science-fiction, rit Blaise. Peut-être même ne sommes-nous que les personnages d’un livre écrit par un invraisemblable auteur des Temps d’Avant … ou d’Après !
- Tu ne te prends pas pour de la bouse de sizyf, hein ? fit Chandra. Toi, un personnage de roman ? La Déesse nous en préserve ! »

- Mon avis sur le livre -

A peine arrivé, à peine commencé : après avoir attendu sa réception pendant une longue semaine, plus question de patienter ! Mais cette impatience croissante de découvrir ce quatrième tome était tout de même modérée par une certaine tristesse au fur et à mesure que s’approchaient les dernières pages : le tome suivant n’est pas encore sorti. J’ai donc pris mon temps pour savourer pleinement ce volume, pour m’imprégner totalement de la plume de Pauline, afin d’emmagasiner suffisamment de magie et de poésie pour tenir jusqu’à l’arrivée du cinquième opus. Et de la magie, ce tome n’en manque pas ! Thème majeur et essentiel, elle se distille dans l’intrigue comme dans la narration. Narration toujours dictée par la poésie, cette poésie si particulière propre à Pauline, poésie qui émerveille et qui fascine.

Si les deux précédents tomes conduisaient le lecteur au-delà des frontières de Salicande, cet opus se cantonne à la vallée natale des jumeaux. Habitants et membres du Peuple des Arbres, qui apprennent progressivement à cohabiter harmonieusement, préparent en chœur les festivités en l’honneur du retour du Temps Vert. Mais Blaise, Maya et les autres membres de l’Alliance renouvelée peinent à se joindre aux réjouissances : attentifs aux signes et aux présages invisibles, réceptifs aux messages inaudibles, ils sentent venir un événement de grande ampleur. Un nouveau défi s’offre à eux : convaincre la population du village que le danger ne viendra pas uniquement des hommes du monde extérieur, mais également des forces de la nature et de l’imperceptible. Mais surtout, ils vont devoir affronter le plus terrifiant des ennemis : les doutes et les douleurs, les hontes et les terreurs. De questions en réponses, de réponses en questions, ils n’ont pas fini d’apprendre à se connaitre les uns les autres, et à se connaitre eux-mêmes …

Qu’ajouter à tout ce qui a déjà été évoqué dans les précédentes chroniques ? Bien évidemment, l’intrigue est différente, l’histoire fait son petit bonhomme de chemin et les personnages ne sont plus tout à fait ceux qu’ils étaient au début du premier tome, certains ont rejoint le train en route et d’autres sont totalement absents de cette aventure. Mais quand on creuse un peu, on retrouve les mêmes éléments caractéristiques de cette saga : la richesse et la profondeur des réflexions sous-jacentes, la complexité et la multiplicité des relations humaines, la beauté et la poésie de la plume. Mais bien d’autres éléments, plus discrets, moins évidents à distinguer et encore moins à nommer, viennent s’ajouter à cette ribambelle de jolis détails qui font de ces livres des romans atypiques et indéniablement merveilleux. Avec en filigrane le thème omniprésent de la lecture et de l’écriture, de ces deux univers qui s’entremêlent, de cette relation invisible entre l’auteur et le lecteur. J’apprécie énormément toutes ces petites allusions, et j’ai particulièrement adoré une certaine discussion entre Blaise et les membres de l’Alliance, une petite conversation qui semble tellement banale mais qui fait irrésistiblement sourire le lecteur.

La tension dramatique de ce quatrième opus est terriblement bien maitrisée. Au début, tout est calme et détendu, tout est serein et apaisant. Le lecteur lui-même se laisse atteindre par cette quiétude. Mais au fur et à mesure que le temps passe, tandis que les indices et les présages se font plus insistants, tandis que les réflexions mènent toutes à la même conclusion, les événements s’accélèrent progressivement. Le rythme et la narration accompagnent délicatement ce mouvement, cette irrépressible précipitation qui semble sans fin. Et effectivement, les choses sont tellement bien menées que les dernières pages sont presque un supplice pour le lecteur qui, totalement happé par cette tension toujours plus forte, complétement absorbé par cette action toujours plus puissante, ne peut s’empêcher de retenir sa respiration au fur et à mesure qu’approche le dernier chapitre. Et là, l’apothéose. Je peine à vous décrire cette explosion d’émotions contradictoires qui m’ont submergée lors de ces quelques pages, je suis passé de l’abattement et la consternation les plus totales au soulagement le plus rafraichissant. Des dernières pages très intenses pour un récit captivant du début à la fin !

Je pense qu’il ne sert à rien de chercher à développer artificiellement cette chronique, à tenter de la rendre plus cohérente et ordonnée. Il me semble préférable de conclure dès à présent pour ne pas alourdir cette pureté qui ressort de cette lecture. Car oui, en dépit de toutes les énergies et émotions négatives auxquelles nos personnages doivent faire face, ce livre respire la légèreté et la douceur. Grâce à sa plume d’une poésie inoubliable, l’auteur nous fait vibrer au rythme de la vie qui s’éveille progressivement, au rythme des cœurs qui battent, au rythme des imperceptibles changements que subissent infiniment la nature et les âmes. Grâce à ce rythme parfaitement maitrisé, l’auteur nous fait voyager aux côtés de personnages multiples et complexes, nous fait saisir les subtilités de leurs relations et de leurs émotions, nous fait grandir avec eux. Mais l’auteur nous fait surtout vivre une infinité d’émotions, nous fait passer du rire aux larmes et des larmes au rire, car l’auteur nous invite à vivre cette histoire, pas seulement à la lire comme on lirait un essai philosophique. Alors laissez-vous porter par la magie des Eveilleurs, laissez-vous éveiller, vous ne le regretterez pas …

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2016
(plus d’explications sur cet article)

lundi 19 septembre 2016

Les Eveilleurs, tome 3 : L'alliance - Pauline Alphen



Les Eveilleurs3, Pauline Alphen
L’alliance

Editeur : Hachette
Nombre de pages : 468

Résumé : « En quittant l'île, je décidai de rejoindre le Nomadstère. Jad avait choisi de rester dans les limbes. A Salicande, Blaise, Chandra, Ugh, Maya et ses filles se retrouvaient. Eux, ensemble ; moi, seule ; Jad, ailleurs. Comme les fils se tissent, se coupent et se nouent, la trame des Eveilleurs prenait forme : nomades, mage, guerriers, Elémentaux, Anges et les autres, tous les autres... De l'ombre grandissante des Temps d'Avant, l'Alliance émergeait. » Carnets de Claris




- Un petit extrait -

« Merlin ne séparait pas son corps de son esprit, les autres de lui. Merlin vivait dans l’unité. Il était tout. C’était agréable, paisible et enivrant. Son corps était source de plaisirs et d’émotions. Son corps était lui. Toute atteinte à cette harmonie, à cette unité, était un inconfort. Alors Merlin réparait, cousait, réunifiait. Il savait le faire, c’était facile, c’était sa vie. Tantôt trottinant, tantôt bien calé sur la hanche ronde de la nourrice, Chien gambadant autour d’eux, Merlin sortit du village, humant l’air printanier et pépiant avec les volelibs. »

- Mon avis sur le livre -

Ne vous est-il jamais arrivé, en tournant la dernière page d’un livre, de ressentir cet étrange sentiment de quitter un ami qui vous est cher et va vous manquer ? Personnellement, cela m’arrive assez régulièrement, mais rarement de façon aussi intense qu’en terminant ce troisième volume. J’ai le cœur en miette car je dois patienter une bien longue semaine avant de recevoir le quatrième opus, une très longue semaine avant de retrouver Claris et Ugh, Jad et Merlin, Chandra et Blaise, Maya et Blanc Faucon, et tous les autres personnages qui ont su trouver une place de choix dans mon petit cœur, une douloureuse semaine avant d’être de nouveau enchantée par la formidable narration de Pauline, sa poésie et sa fluidité. Que le temps peut passer lentement quand on attend quelque chose avec impatience !

Une fois encore, ce tome s’inscrit dans la parfaite continuité du précédent, enchainement fluide et bienvenu qui donne au lecteur l’exquise sensation de vivre l’aventure entière aux côtés de chaque protagoniste. Nous retrouvons donc Claris qui vient de retrouver le fil de ses souvenirs et de ses désirs, et qui va se jeter à corps perdu vers une épopée vers ce qu’elle considère être son destin. De son côté, Jad a décidé de rester quelques temps encore dans les limbes, cette dimension spirituelle dans laquelle il évolue comme un poisson dans l’eau, accompagné par l’Ange Gabriel, dans l’espoir de retrouver sa mère … mais du déroulement de sa quête, nous ne savons pas grand-chose car en faisant ce choix, « Jad disparut de la vie de tous, et du Lecteur aussi » … Mais l’histoire ne s’arrête pas aux pérégrinations des jumeaux, et nous retrouvons avec plaisir Ugh et Ellel, Chandra et Blaise, Maya et Blanc Faucon, ainsi que Merlin et le mystérieux Peuple des Arbres. Les choses sont en train de changer et c’est ensemble qu’ils vont tenter d’en comprendre le sens et la portée …

Je l’ai déjà dit dans mes deux précédentes chroniques, mais je ne peux faire autrement que de me répéter : il m’est extrêmement difficile de rédiger quelque chose de cohérent à propos de ce tome qui, de plus, est indéniablement celui que je préfère jusqu’à présent. Et ce pour plusieurs raisons, trop nombreuses pour être toutes citées. Permettez-moi donc de n’en évoquer que quelques-unes, telles qu’elles me viennent, celles qui me sont présentes à l’esprit au moment où je vous écris cet article. Vous vous en doutez forcément, le premier aspect que je vais évoquer est l’écriture, car comment parler de ce roman sans évoquer la fantastique habileté de Pauline à manier les mots et à combiner les phrases pour faire de chaque paragraphe une poésie et de chaque chapitre une merveille ? Par cette narration toujours aussi fluide, aussi légère, aussi douce, elle a une fois de plus réussi l’exploit de me faire oublier tout ce qui pouvait me peser : douleurs, doutes, angoisses. Quand on lit Les Eveilleurs, on s’embarque pour un merveilleux voyage, pour une fantastique épopée, pour un aller simple vers la beauté. 

Pour Claris, ce tome est celui de la découverte et de l’ouverture au monde dans sa réalité sensible : bercée par les récits d’aventure et aveuglée par la quiétude qui régnait dans sa vallée natale, elle va se retrouver confrontée à un monde dur et cruel auquel elle n’était pas préparée. Au fil des expériences et des rencontres – plus ou moins heureuses –, elle va en apprendre plus sur cette réalité qu’elle ne soupçonnait pas. Mais au cours de son voyage vers le Nomadstère, Claris va également faire une découverte plus importante encore : elle va apprendre à se connaitre, à s’accepter telle qu’elle est, et peut-être même à s’aimer ; elle va apprendre à renouer avec son passé, à s’ouvrir à la joie qui n’attendait que ce déclic pour s’insuffler en elle, et peut-être même à prendre conscience de capacités qu’elle ignorait posséder. Vous l’aurez compris, Claris est un personnage en pleine évolution, et ceux qui commencent à me connaitre savent que j’adore ces voyages un brin initiatique qui permettent aux protagonistes de mieux se connaitre … et aux lecteurs de procéder à quelques petites introspections !

Afin de ne pas surcharger cette chronique, je ne vais m’attarder que sur deux autres aspects qui ont fait de cette lecture quelque chose de bien plus profond qu’un simple coup de cœur. Tout d’abord, le personnage de Merlin. Depuis le début, j’ai été captivée par ce petit bonhomme qui ne fait rien comme les autres, qui ne parle pas le langage humain mais communique avec les animaux, et qui répand la joie tout autour de lui. Ce tome nous apporte quelques précisions sur sa façon de penser et de voir le monde, et je n’ai qu’une seule chose à dire : merci Pauline pour ce personnage si petit mais si unique. Deuxième point très positif qui plaira sans aucun doute à beaucoup de lecteurs : l’action se fait bien plus présente dans ce troisième opus, bien que la réflexion reste à l’ordre du jour. L’intrigue n’est plus uniquement centrée sur Salicande et sa tranquillité, mais prend également racine dans le vaste monde qui est bien plus sauvage et plus cruel. De nouveaux personnages font leur apparition, en particulier une femme très mystérieuse qui va être l’objet d’une révélation totalement inattendue qui remet bien des choses en question … Bref, beaucoup de rebondissements dans ce tome !

Il est désormais temps de conclure, étape ô combien difficile tellement j’ai peur de me répéter ! Lire ce livre a été bien plus qu’un moment de plaisir, ça a été une véritable aventure aux côtés de personnages aussi captivants qu’attachants, un véritable périple au cœur d’un monde aussi fictif que familier. C’est bercée par l’écriture très fluide d’une auteur à l’imagination fertile que j’ai passé des heures de ravissement et d’émerveillement face à des bouleversements incroyables et fabuleux, face à des réflexions profondes et inspirantes, face à des mystères captivants et intrigants. Ce livre fait partie de ceux qu’on a envie de lire et relire indéfiniment, de ceux qui ont cette petite touche de magie en eux qui fait que chaque relecture est une authentique redécouverte, de ceux qui nous font rêver sans cesse et qui nous happe de la première à la dernière phrase. A dévorer sans modération !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2016
(plus d’explications sur cet article)

vendredi 16 septembre 2016

Les Eveilleurs, tome 2 : Ailleurs - Pauline Alphen



Les Eveilleurs2, Pauline Alphen
Ailleurs

Editeur : Hachette
Nombre de pages : 335

Résumé : Je n’ai pas remercié mon père, je n’ai pas souhaité bon anniversaire à mon frère. Je n’ai pas remercié je n’ai pas souhaité mon père mon frère mon père mon frère frère … Trois jours qu’elle errait dans le dédale qui reliait le château de Salicande aux grottes dissimulées dans la montagne. Trois jours qu’elle essayait de retrouver son chemin, tailladée par l’angoisse et l’urgence, passant de grotte en grotte, de couloir en couloir, tournant en rond, se récitant cette phrase tant de fois qu’elle perdit le sens des mots. Trois jours que Claris avait disparu.



- Un petit extrait -

« Les jours et les nuits passèrent. De nombreux jours et de nombreuses nuits. Aram ne les comptait pas. Les îliens ne dénombraient rien, ils se laissaient glisser sur le temps comme le yakou sur les ailes du vent. Elle avait la sensation de se trouver dans une sphère immense où ciel et mer se reflétaient, formant une bulle qui la protégeait. Elle réapprenait la gaieté et le bonheur, les petits, ceux de tous les jours : les soleils qui se lèvent, le goût sucré du sluiluil-tak, le jus carmin et acide des baies, le poisson qui mord à l'hameçon. Des dizaines de raisons d'être heureux chaque jour. »

- Mon avis sur le livre -

Certains livres ont le pouvoir de chambouler toutes nos certitudes, toutes nos habitudes. Ce second tome fait indéniablement partie de cette catégorie : l’auteur s’écarte des chemins battus pour nous offrir un roman atypique mais merveilleux. Véritable tourbillon d’émotions, authentique tornade de sensations, ce récit happe le lecteur et l’entraine dans un formidable voyage au pays des mots bien choisis. La grande force de ce récit, c’est d’être une poésie déguisée en roman : c’est beau, tout simplement. On retrouve cette plume fluide et épurée qui faisait du premier tome une histoire tout en douceur et en légèreté, on retrouve également ce petit détail indéfinissable qui a été à l’origine de ce coup de foudre littéraire pour le premier tome …

Nous retrouvons les personnages exactement là où nous les avons laissés : quelques jours à peine ont passés depuis les terribles événements qui emplissaient les dernières pages du premier tome. Une continuité qui fait plaisir : les ruptures sont parfois traumatisantes pour les lecteurs, qui peinent à comprendre comment les choses se sont déroulées pendant ces douloureuses ellipses. Rien que pour cela, merci Pauline ! C’est donc avec plaisir que l’on rejoint Claris, Jad, Ugh et les autres dans cette aventure nouvelle, dans ce nouveau chapitre de leur existence. Un chapitre dominé par le doute et la douleur, l’errance et la solitude … Claris, que la rupture du lien télépathique avec son jumeau a rendu totalement amnésique, va réapprendre à vivre au contact d’une communauté simple et accueillante qui vit au rythme des caprices de la mer. Jad et Ugh, catapultés dans une étrange dimension, vont devoir composer avec leurs divergences d’aspirations tout en tentant de comprendre les causes et effets de ces étranges événements. Enfin, Blaise, Maya et Blanc-Faucon, tous trois rongés par la perte d’êtres chers, vont tâcher de trouver les réponses à leurs nombreuses questions, persuadés que quelque chose d’important se prépare …

Qu’on se le dise tout de suite : si vous aspirez à de l’action endiablée dans toute sa splendeur, vous risquez d’être fort déçus. En effet, bien que classée dans le vaste genre de la fantasy par les sites spécialisés, cette saga est bien loin de nous présenter des ribambelles interminables de combats héroïques, de courses effrénées et de quêtes énergiques. Non. Ici, l’auteur a mis l’accent sur le calme, l’intériorité et la réflexion, sur l’harmonie, la psychologie et l’attention. Tous nos personnages doivent faire face à une douleur intérieure : Claris est à la recherche de son identité perdue, Maya se retrouve confrontée à l’effroyable souffrance du deuil, Ugh est terrifié par une réalité trop spirituelle pour lui et Blaise est submergé par une vague de questions sans réponses. Donc oui, les choses sont assez « lentes », mais à mes yeux ce n’est pas du tout un défaut mais une belle qualité : enfin un livre qui nous présente autre chose qu’un combat contre un ennemi qui incarne le mal absolu ! enfin un livre qui nous offre une véritable communion spirituelle avec des personnages profonds et confrontés à des épreuves plus psychiques que physiques ! enfin un livre qui ose sortir des schémas traditionnels pour prouver qu’une histoire n’a pas besoin d’être « palpitante » dans le sens « dynamique » pour être captivante !

Une fois encore, il m’est très difficile d’ordonner mes idées, de discipliner mon esprit dominé par cette exclamation de ravissement : « la suite ! ». Ce roman se lit d’une seule traite, le souffle sans cesse coupé par des passages de toute beauté et par des réflexions d’une justesse incomparable. Ce roman se lit d’une seule traite, le cœur sans cesse serré par les douleurs intérieures de personnages attachants et par les petits bonheurs que l’histoire nous invite à remarquer comme tels. Ce roman se lit d’une seule traite, les yeux sans cesse écarquillés par tant de poésie et tant de douceur, l’esprit enivré par tant de mystères et tant de suspense. Contrairement à beaucoup d’autres lecteurs, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde au cours de ma lecture, bien au contraire ! J’étais littéralement plongée dans cet univers fantastique et atypique, incapable de lâcher le livre, qui m’a paru bien court tellement il était agréable à lire !

Que dire de plus sans risquer de trop vous en dévoiler ? Je suis parfaitement d’accord avec les quelques lignes de Maxime Chattam sur la quatrième de couverture : « Les Eveilleurs n’est pas vraiment un roman ». Les Eveilleurs est bien plus qu’un simple roman : bien qu’il en possède de nombreuses caractéristiques essentielles (une intrigue romanesque bien menée, des personnages principaux et secondaires, une narration en prose …), il ne se limite pas à un simple récit de fiction semblables aux autres. Il emprunte également des qualités propres à la poésie, au conte, aux livres de développement personnel, à la fable … et à bien d’autres genres encore ! « C’est un voyage formidable dans un pays lointain ». Une fois de plus, je ne peux qu’approuver : ce livre fait voyager, littéralement, nous fait rêver d’un monde à la fois plus beau et plus sauvage, d’un futur bien différent de ce qu’on imagine couramment … A mes yeux, ce livre nous invite au plus beau des voyages : celui que nous pouvons faire sans bouger de chez nous, celui que nous pouvons faire en ouvrant notre cœur à ce formidable moyen de transport qu’est l’imagination. « C’est un enchantement de poésie », enfin, et je pense qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter à cela. Une fluidité dans les phrases, une beauté dans les mots, qui envoute et émerveille …

J’aurai aimé trouver une autre expression que « coup de cœur intersidéral » pour conclure cette chronique, mais les mots ne sont pas toujours suffisamment précis pour exprimer ce que l’on ressent. Les mots et l’écriture occupent une place centrale dans ce roman, autant dans le fond que dans la forme, et la lecture est également valorisée par de nombreuses allusions à d’autres romans que j’ai désormais envie de lire ou relire selon les cas. Mais ma priorité est de lire la suite, sans attendre une seule seconde, pour savoir ce qui va désormais arriver à Claris, Jad et les autres, que j’apprécie énormément, et pour en apprendre plus sur les mystères qui se cachent derrière tous ces étranges événements … Une excellente lecture qui apaise et captive.

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2016
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