vendredi 22 juillet 2016

Partials, tome 3 : Ruines - Dan Wells



Partials3, Dan Wells
Ruines

Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Nombre de pages : 441
Résumé : (Spoiler du tome 2) Les Partials qui ont pris le contrôle de l’île harcèleront les humains nuit et jour tant qu’on ne leur aura pas remis Kira. Cette dernière, en fuite, se bat pour sauver les deux espèces. Une hypothèse pleine d’audace a germé dans son esprit : un usage du virus RM que n’importe quel scientifique condamnerait mais qui permettrait peut-être aux peuples de cohabiter. Pour cela, il lui faut trouver des alliés, même si beaucoup sont prêts à la dénoncer … quand une mystérieuse figure apparue dans le brouillard affole tout le monde. Ni Partial ni humaine, elle écume la région, promettant l’apocalypse aux survivants …

- Un petit extrait -

« - Si ma vie n'avait de sens, il n'y avait aucune raison de ne pas y mettre fin.
Kira agrippa sa main dans la sienne, le cœur brisé.
- Alors tu y as mis fin ?
- Alors je lui ai donné un sens. »

- Mon avis sur le livre -

Je pense que vous l’aurez compris, je suis du genre à enchainer les tomes d’une saga, surtout quand celle-ci me plait. Mais alors là, je n’ai pas seulement enchainé, je me suis littéralement jetée sur ce troisième opus à peine la dernière page du précèdent tournée ! Après une fin pareille, je ne pouvais raisonnablement pas attendre plus de trente secondes avant de poursuivre ma lecture de cette merveilleuse trilogie ! Ce troisième tome est bien plus court que ses prédécesseurs, avec une centaine de pages de moins, mais cela ne le rend pas moins bien pour autant : bien au contraire !

Suite aux événements du tome précédent, tous nos protagonistes sont séparés les uns des autres, chacun se retrouvant livré à lui-même ou presque.  Afin de permettre au lecteur d’avoir une vision d’ensemble des événements, le récit est raconté par le biais de plusieurs points de vue : celui de Kira, évidemment, de Samm, de Marcus, mais également d’Ariel et Heron, et parfois celui d’autres personnages secondaires lorsque le besoin s’en fait sentir. Contrairement à certains qui déplorait ce soudain éloignement avec Kira, j’ai apprécié cette diversité de points de vue. Non seulement cela m’a permis d’avoir une compréhension plus vaste des événements de l’intrigue, mais également de mieux connaitre certains personnages. Pour moi, c’est donc un très bon point pour ce livre !

Je vais tâcher de ne pas vous spoiler trop l’histoire, qui mérite d’être découverte sans avoir été influencé par un résumé. Tout ce qu’il faut savoir, c’est que les tensions entre Partials et humains sont à leur apogée, que les conflits se font de plus en plus meurtriers, que la colère monte des deux côtés et que les solutions envisagées pour mettre définitivement fin à la menace de l’autre camp sont de plus en extrêmes et dévastatrices. Ici, l’auteur met en évidence le véritable cercle vicieux des guerres, cet engrenage sans fin qui conduit les deux factions à commettre de plus en plus d’atrocités : il y a au départ un litige, qui conduit à quelques morts d’un côté de la balance. Ce camp décide de se venger et attaque à son tour, faisant des morts chez l’adversaire. Ce dernier ne peut supporter de garder cette agression impunie et réplique également … et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’un des clans décide d’utiliser une solution définitive : anéantir définitivement l’ennemi, et ce par n’importe quel moyen. 

Et le plus terrible dans cette affaire, c’est que chaque camp, en décrétant d’éliminer définitivement l’ennemi, se condamne lui-même. En effet, Kira en est maintenant persuadée : ceux qui ont mis en place cette vaste machination ne voulaient pas que les deux espèces s’autodétruisent, mais au contraire qu’elles cohabitent et s’acceptent mutuellement. Et pour cela, l’équation est simple : si les Partials sont indispensables aux humains pour vaincre le meurtrier virus RM, les humains sont en retour le seul espoir des Partials pour supprimer la date d’expiration qui les menace d’extinction. Une fois encore, au lieu d’accueillir cette nouvelle comme l’argument irréfutable en faveur d’une paix entre les deux peuples, chaque dirigeant préfère réfléchir à un plan permettant à leur camp de survivre sans se préoccuper de l’autre en tant que groupement d’individus conscients et sensibles. 

Je pense que ce tome est celui qui montre le plus la bêtise humaine (désolée pour la rudesse de mes propos, mais la morale de ce récit n’est pas tendre pour nous), cette bêtise composée d’ambition, d’égoïsme et d’obstination passionnelle. Force est d’ailleurs de constater que les concepteurs des Partials ont bien fait leur travail : les réactions de ces derniers sont en somme identiques à celui de leurs créateurs. Comme je l’ai déjà brièvement évoqué dans la conclusion de ma dernière chronique, cette trilogie soulève un certain nombre de questionnements éthiques et philosophiques, aspect que je trouve particulièrement admirable de la part d’un auteur pour adolescents. Ce livre est bien plus profond qu’il en a l’air, si tant est qu’on prenne la peine d’aller plus loin que l’histoire en elle-même et qu’on se pose les bonnes questions. 

Pour rester dans ce thème de la réflexion mais en y voyant une touche un peu moins pessimiste, ce livre propose également une véritable méditation sur le sens d’une vie, par le biais de deux personnages : Kira et Heron. Comme pour l’histoire, je ne peux pas en dire beaucoup plus sans risquer de vous gâcher toute la surprise, mais sachez que le cheminement intérieur que ces deux jeunes femmes vont effectuer est juste admirable et très profond. J’ai été profondément touchée par les questionnements internes de ces deux personnages, et certains passages m’ont véritablement bouleversée. Au départ, je n’appréciais pas vraiment Heron, mais je pense qu’elle est désormais mon personnage préféré de toute la saga. 

Comme il s’agit d’un dernier tome, je me permets une petite remarque sur le final : il est parfait. Au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture, que les derniers chapitres approchaient dangereusement vite sans que la moindre trace d’amélioration ne se fasse sentir, je craignais que l’auteur ne nous laisse avec une fin qui n’en était pas une. Tant de difficultés et de complications se rajoutaient sur le chemin de nos protagonistes que je ne voyais absolument pas comment tout cela allait pouvoir se résoudre en si peu de temps. Mais si, tout fini par se solutionner, mais sans que cela ne fasse artificiel ou surréaliste : c’est juste très bien mené. La fin en elle-même est le contrepied de toute la noirceur du reste du roman : nous avons ici une véritable touche d’espoir et de bonheur, d’amour et d’optimisme. J’adore. Certes, nous quittons les personnages, moment que je redoute à chaque fin de saga, mais nous les quittons à l’aube d’une vie nouvelle, une vie où tout est encore possible. J’adore.

Il est donc maintenant temps de quitter pour de bon Kira et Samm, Marcus et Haru ainsi que tous ces personnages qui ont fait un bout de chemin avec eux … et avec nous. Cette trilogie m’a permis de passer d’excellents moments de lecture, mais m’a également donné l’occasion de réfléchir assez intensément sur certaines questions que je juge très importantes. Combiner le plaisir à la réflexion, je trouve ça plutôt cool ! Avec ces livres, j’ai aussi ressenti énormément d’émotions, je passais du rire aux larmes, de l’inquiétude au soulagement. J’ai découvert des personnages super intéressants et très bien construits, et j’ai suivi leur quête avec d’autant plus d’attention que leurs découvertes étaient complexes et inattendues ! Bref, une trilogie que je conseille vivement !

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge de l’été 2016
(plus d’explications sur cet article)

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