lundi 25 juillet 2016

La Danse de la Licorne - Sophie Audouin-Mamikonian et Thomas Mariani



Les AutresMondes de Tara Duncan1, Sophie Audouin-Mamikonian et Thomas Mariani
La Danse de la Licorne

Editeur : Michel Lafon
Nombre de pages : 492
Résumé : Autremonde, Omois. Un dragon fou menace de tuer la princesse de l’empire, sauvée in extremis par Xoholt, son garde du corps. Au lieu d’être couvert d’honneurs, ce dernier se retrouve propulsé sur Terre avec une mission bien particulière : infiltrer une académie de danse qui risque, sans le savoir, de donner en représentation le plus mortifère de tous les sortilèges : la Danse de la Licorne. Car l’attaque du dragon et l’apparition de nombreux humains insensibles à la magie sur Terre ne semblent pas être qu’une coïncidence …

- Un petit extrait -

« La Rose Noire vous salue bien ! Ha, ha ! … Je vais vous faire danser, tous ! Le chardon va revenir … flammes et argent … Ha, ha ! Et le chardon réveillera la guerre … Dansez ! Dansez ! … et brulez ! […] La vengeance de la Rose Noire a frappé ! Paris 1897 ! Ils n’ont pas oublié ! … Les Purs sont à l’œuvre ! Méfiez-vous ! Méfiez-vous … de La Danse de la Licorne ! »
- Mon avis sur le livre -

Pour ceux qui me connaissent un minimum, ce n’est une surprise pour personne : je suis totalement et complétement amoureuse de l’univers créé par Sophie Audouin-Mamikonian, cette planète fantasque et riche en surprises, ce monde complexe et délirant. Et aussi particulièrement inspirant, comme peut en attester Thomas Mariani qui, encouragé par Sophie, a inauguré la collection Les AutresMondes de Tara Duncan, créée par et pour les fans, avec son roman La Danse de la Licorne. Ce récit se déroule des dizaines d’années avant la naissance de Tara et se passe principalement sur Terre, à Paris. Malgré cela, je pense qu’il est préférable de commencer sa lecture par Tara Duncan, pour mieux comprendre les petites allusions glissées ci et là !

Nina, quinze ans, se remet progressivement de l’épreuve liée à son renvoi de l’école de danse des petits rats de l’Opéra de Paris. Grâce à sa thérapeute et aux cours à l’école du cirque, elle est persuadée d’avoir enfin réussi à tourner la page sur le passé et à surmonter cet échec. Cependant, quand possibilité lui est donnée de danser pour la compagnie éphémère d’un des plus grands chorégraphes du monde, elle n’hésite pas une seconde. Elle flotte sur un petit nuage, jusqu’à ce que sa tendinite au talon ne se rappelle à son bon souvenir … Enfermée au cœur de l’Opéra de Paris après s’être endormie pendant la visite, Nina va fait une étrange rencontre qui va l’entrainer dans une course folle au cœur des catacombes de Paris. Elle va découvrir que la magie existe, mais que ce ne sont pas toujours ceux qui l’utilisent qui sont les plus dangereux …

J’aurai pu commencer cette chronique en racontant les mésaventures de Xoholt, jeune garde impérial qui espérait obtenir une récompense pour son courage héroïque face à un dragon fou mais qui se retrouve à chaperonner l’insupportable princesse d’Omois sur Terre pour mettre la main sur un antique manuscrit avant ses concurrents, ce qui vous aurait mis directement dans l’ambiance d’AutreMonde, mais je suis d’avis que partir d’une terrienne lambda, c’est bien plus intéressant et bien moins commun. D’autant plus qu’à mes yeux, Nina est la véritable héroïne de ce récit, bien plus que Xoholt qui se laisse légèrement submerger par les événements. Je ne compte pas vous en dévoiler plus sur l’histoire en elle-même, mais sachez que vous aurez de la magie et de la bagarre, de l’alchimie et des trahisons, des mystères et des courses poursuites. Bref, tout ce qu’il faut pour avoir un bon livre de fantastique bien palpitant !

Nina est une héroïne particulièrement attachante car elle est courageuse et déterminée mais aussi fragile et hantée par son passé. Nina enchaine les crises d’angoisse et ne peut littéralement pas se voir dans les miroirs : cela fait des années qu’elle ne peut voir son reflet, même en photo. Mais Nina retrouve progressivement confiance en soi, et les aventures qu’elle va vivre vont peut-être l’aider à surmonter définitivement ce traumatisme. Xoholt, quant à lui, est un jeune homme pas très malin mais sympathique quand même, qui est désigné volontaire par ses supérieurs alors qu’il n’aspirait qu’à vivre une existence tranquille. Au départ, cette mission ne l’enchante pas, mais progressivement, au gré des rencontres, il va prendre cette affaire à cœur et va s’y investir bien plus qu’il ne le devrait. Les autres personnages sont tout aussi intéressants, certains sont drôles et avenants, d’autres antipathiques et manipulateurs, et d’autres enfin sont naïfs et attachants. Bref, ils sont tous uniques et ont tous leur rôle à jouer dans le récit !

Thomas Mariani manie les mots avec talent et justesse : les descriptions sont agréables à lire, parlantes sans être barbantes, les dialogues sont très bien menés, vivants et réalistes, les pensées des personnages sont bien retranscrites, bref, que du bonheur à lire !  Son humour est tout aussi drôle que celui de Sophie, un peu plus subtile, jouant sur le comique de situation, des répétitions, des notes de bas de pages bourrées d’ironie … Ce récit est très vivant et très léger, il donne le sourire malgré toutes les péripéties pas très drôles auxquelles les personnages doivent faire face, parce que certains d’entre eux ne se prennent pas au sérieux ou ne se rendent pas totalement compte de la gravité de la situation. Bien sûr, parfois, on ne rigole pas du tout, au contraire, on tremble pour nos personnages, on a le cœur qui dansa la java quand ils sont dans une situation délicate, mais rapidement, une nouvelle petite pointe d’humour nous redonne une crise de fou rire !

Ce qui est merveilleux avec ce roman, c’est qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde ! Au fur et à mesure que l’intrigue semble se dénouer, de nouveaux adversaires apparaissent, de nouvelles complications éclatent au grand jour. On a beau deviner que le principal antagoniste a un esprit tortueux à souhait, que ses complots sont à plusieurs niveaux et impliquent tout un tas d’éléments, on ne s’attend pas du tout à ce qui arrive réellement. Il y a des tas de coups de théâtre dans ce récit, des retournements de situations improbables, des trahisons tragiques, des regrets enfouis et dévoilés. Si vous aimez être surpris, si vous aimez les complots compliqués et les double-jeux inavouables, n’hésitez pas une seconde : ce livre est fait pour vous !

Ma conclusion est simple : La Danse de la Licorne a été une excellente lecture, captivante à souhait (j’ai lu ce joli pavé de presque cinq-cents pages en une journée à peine), qui mêle intrigue complexe aux multiples complots, personnages passionnants et attachants, magie, humour et bonnes bagarres, émotions et amitiés, surprises et légèreté. Le seule petit « défaut » de ce roman est d’être assez difficile à suivre si on n’est pas un habitué de l’univers d’AutreMonde : bien qu’il se passe avant la série Tara Duncan du point de vue chronologique, je pense qu’il est préférable de le lire après cette dernière, ou tout du moins après avoir lu les premiers tomes pour s’imprégner de l’ambiance et des règles de la magie des sortceliers. Mais que ce détail ne vous rebute pas : il s’agit d’une excellente série ! En ce qui concerne les AutresMondes, j’espère que le second tome verra le jour car il me tarde de savoir ce qu’il va advenir de Nina après cette fin !

Ce livre a été lu dans le cadre de mon Tarathon
(plus d’explications sur cet article)

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